Le ministre sortant de l'Environnement (troisième à partir de la gauche) lors de sa tournée au centre de la Quarantaine ce matin. Photo ANI
Le ministre sortant de l’Environnement Nasser Yassine a effectué lundi une tournée dans le centre de tri des déchets ménagers de la Quarantaine (Beyrouth) qui est en cours de réhabilitation après sa destruction lors de la double explosion de Beyrouth en 2020, afin de vérifier l’avancée des travaux. Il était accompagné du mohafez de Beyrouth Marwan Abboud, de représentants de plusieurs donateurs dans le cadre de la « Lebanon Financing Facility » (née après l'explosion au port), notamment de la Banque mondiale (BM) et de l'Union européenne, ainsi que du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), qui participe à l'exécution du projet.
Au cours de sa tournée, M. Yassine a précisé que le centre de tri sera à nouveau opérationnel fin juin, et qu’il reprendra du service grâce à la coopération entre le ministère de l’Environnement et le gouvernorat de Beyrouth. « Ces travaux de réhabilitation comprennent des travaux de construction et d’installation divers, visant à remettre en marche cette usine avec une capacité de tri de 1250 tonnes par jour, desservant la capitale et le Metn », a-t-il souligné. Depuis la crise économique et financière et la baisse de la consommation, ces régions produisaient environ 1200 tonnes par jour, selon des chiffres récoltés auprès de Ramco, la principale entreprise de collecte de cette zone.
Selon lui, « l’activité dans ce centre permettra de réduire le tonnage qui parvient à la décharge de Jdeidé, améliorant, par le fait même, la gestion des déchets ».
Le centre de tri de la Quarantaine, situé dans l’enceinte du port de Beyrouth, avait été gravement endommagé lors de la double explosion au port en août 2020. Il desservait jusque-là la décharge publique de Bourj Hammoud-Jdeidé, et prenait principalement les déchets de Beyrouth et du Mont-Liban nord. La mise hors service de ce centre a par conséquent augmenté le volume de déchets qui parviennent à la décharge de Jdeidé, même s’il était, avant sa destruction, connu pour sa vétusté et son peu d’efficacité.
La gestion des déchets au Liban constitue un véritable casse-tête. Les deux décharges officielles pour Beyrouth et le Mont-Liban, à Jdeidé et Costa Brava, sont régulièrement saturées et agrandies, notamment parce que la capacité de tri, compostage et recyclage, est limitée. Si le centre de la Quarantaine a été détruit par l’explosion, celui de Amroussieh, qui dessert Costa Brava (au sud de Beyrouth), a été abandonné il y a quelques années en raison de sa vétusté. D’où le fait que la quasi-totalité des ordures finit dans les décharges depuis plus de cinq ans.


