Le gouverneur par intérim de la BDL, Wassim Manssouri, lors d'une conférence de presse le 25 août 2023. Photo Mohammad Yassine
Wassim Manssouri, gouverneur par intérim de la Banque du Liban (BDL), s'est montré optimiste dimanche quant à « la prochaine phase pour le Liban » sur le plan économique, en annonçant de « bonnes nouvelles » de la part du Fonds monétaire international (FMI), une institution « guidée à la fois par des considérations techniques et politiques ».
Ses propos ont été relayés par plusieurs médias locaux à l'issue d'une rencontre avec Aouni el-Kaaki, président de l’Ordre de la presse.
Selon les explications du gouverneur p.i., ces « bonnes nouvelles » avancées incluent le financement d’un État et la mise sur le pied d’un nouveau gouvernement, des éléments qui devraient « encourager l'apport de soutiens financiers » de la communauté internationale au pays. Avec l’arrivée de l’ancien commandant de l’armée libanaise, le général Joseph Aoun, en tant que chef de l’État, mettant ainsi fin à plus de deux ans de vacance présidentielle, suivie de la désignation de Nawaf Salam, au poste de Premier ministre, nombreux sont ceux qui estiment que le pays a tourné une page pour en ouvrir une nouvelle.
Lors de ses rares prises de parole, la précédente remontant à sa rencontre avec Joseph Aoun au palais de Baabda la semaine dernière, M. Manssouri avait également affiché son optimisme concernant le plan économique du pays.
Mi-janvier, Moody’s disait s’attendre à « un redressement de l’activité économique au Liban en 2025, sous réserve d’une cessation permanente des hostilités » et les cours des eurobonds gravitent entre 16 et 17 cents pour un dollar depuis près de deux semaines, poussés par l'optimisme de certains investisseurs et l'opportunisme des spéculateurs. L’adhésion du pays à un nouveau programme du FMI restent des conditions incontournables pour que le pays puisse dépasser le stade des projections.
« Taux de change fixe »
Dans un article publié la semaine dernière sur le site d’information al-Modon, l’analyse de M. Manssouri sur « la répartition de 1 260 000 comptes dans le secteur bancaire libanais, au sein d’un total excédant les 86 milliards de dollars », a suscité des interrogations. Le média libanais a accusé l’auteur de l’étude d’avoir recouru à des « chiffres trompeurs », mettant en lumière plusieurs divergences et lacunes par rapport aux « réalités financières actuelles et aux données disponibles ». Des accusations auxquelles Wassim Manssouri n’a pas répondu, puisque le sujet ne semble pas avoir été abordé lors de sa réunion de dimanche.
Parmi les autres sujets abordés, le successeur de Riad Salamé - l'ex-gouverneur tenu pour responsable de l'effondrement financier par nombre de politiques et une partie de la population - a relevé que « la stabilité du taux de change n’a rien coûté à la (BDL) depuis août 2024 jusqu’à présent », et a au contraire généré plus de « deux milliards de dollars de profits supplémentaires ».
Il a rejeté l’idée d’une « révision » du taux de change, que la BDL maintient essentiellement en contrôlant la masse monétaire en livres libanaises dans le pays et en limitant son financement de l'État autant que possible - estimant qu’elle ne serait dans l’intérêt de personne. Il s’est toutefois dit « prêt à envisager de modifier le taux de change si les circonstances obligent », sans en dire plus. Le pays vit depuis plus d'un an avec un taux de change stable à 89 500 LL pour un dollar, qui a suivi un forte période de volatilité dans le sillage de la crise qui a éclaté en 2019, et qui a vu la livre perdre plus de 90 % de sa valeur.
Le numéro un de la BDL a entre autres assuré que l'inscription du Liban fin octobre 2024 sur la liste grise du Groupe d’action financière (Gafi), l’organisation qui fixe les standards internationaux en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, n'aura pas d'impact sur la recevabilité des paiements via des cartes émises par des banques libanaises à l'étranger.
Avant l'officialisation de cette décision par le Gafi, il avait assuré à plusieurs reprises que les relations avec les banques correspondantes étrangères qui traitent encore avec le Liban ne seraient pas affectées. Lors de son entretien, il a annoncé que des banques américaines ont proposé des offres de collaboration « très encourageantes » avec la BDL, tout en affirmant que cette dernière assure « la réglementation et la supervision » des moyens de paiement électroniques.
Sur le dossier de la restructuration bancaire, le gouverneur p.i. a évoqué un processus « presque prêt », incluant la fusion des banques, qui devrait se produire dans un avenir proche. Il a rappelé que le principal défi réside dans la répartition des pertes des fonds des déposants retenus illégalement dans les banques depuis le début de la crise. Regrettant la situation injuste à l’égard des déposants, il a mentionné l’application d’un principe de haircut de manière réfléchie, dans l’espoir d’une répartition équitable des fonds. « Ce dont nous avons besoin au Liban, c’est la réconciliation entre les banques et les déposants. Ces derniers doivent accepter leurs pertes »-a-t-il ajouté. Des propos qui ont suscité lundi une vague de mécontentement et d'indignation sur les réseaux sociaux. Face à ces réactions, Wassim Manssouri a nié avoir tenu de tels propos, les qualifiant de « fausses informations qui ne reflètent en aucun cas » sa position, dans un communiqué qu'il a partagé.
Pour rappel, plusieurs plans sur la résolution de la crise du secteur bancaire libanais et la restitution des dépôts illégalement bloqués par les banques ont été présentés ces dernières années. Le dernier en date, le 7 janvier, avait été rejeté par le gouvernement réuni au Grand Sérail, un sort subi par toutes les anciennes moutures arrivées à ce stade depuis 2020.
Le gouverneur p.i. a en outre plaidé pour que l'État garde le contrôle de ses actifs. Une position qui contredit celles soutenues par l'Association des banques du Liban et certains grands déposants, qui estiment que ces actifs devraient au moins être gérés par une entité privée, sinon privatisés, et que les profits générés par cette gestion censée être plus performante - ou la vente des actifs - soient utilisés pour rembourser les dépôts.
Sur la question de la gestion par l’État de ses propriétés et de ses institutions publiques, M. Manssouri a souligné « la nécessité de les préserver sous son contrôle », en raison de leur rôle pour « les générations futures ».
« Il faut faire la distinction entre les biens de l’État, qui doivent rester sous le contrôle de l’État car ils appartiennent aux générations futures, et les revenus générés des biens de l’État et de ses institutions publiques », a-t-il annoncé.
Le gouverneur p.i. s’est cependant attardé sur le fait que les revenus générés par ces biens ne sont pas toujours bien « exploités ». Une gestion « appropriée » de ces ressources pourrait « contribuer à restaurer une partie des fonds des déposants », a-t-il proposé, tout en estimant qu’une gestion rigoureuse pourrait ouvrir la voie à des solutions efficaces. « De bonnes idées existent au Liban, mais elles doivent être concrétisées », a-t-il souligné, appelant le nouveau gouvernement à « définir dès le départ un plan d’action clair et à long terme, tracé autour des droits et obligations de chaque partie, et à en assurer l’application » dans les prochaines années.
M. Manssouri a souligné « la nécessité de les préserver sous son contrôle », en raison de leur rôle pour « les générations futures ». Il a cependant reconnu que ces actifs venaient être mieux gérés.
Billets d’un million et de cinq cent mille
Au sujet de l'impression de billets d'un million et de cinq cent mille, une décision devrait être prise par le Parlement, une étape jugée par M. Manssouri désormais « non pertinente ». Il a évoqué la possibilité de modifier la monnaie, avec l'espoir d'aboutir à une « formule pour une nouvelle monnaie » permettant à la livre libanaise de retrouver sa grandeur d'antan.





Que tous ces malfrats économisent leur salive. Ils sont inaudibles et inexistants pour tous les libanais qui les ont vu à l’œuvre. Tous aussi pourris les uns que les autres. Qu’ils dégagent il n’y a plus de place pour eux dans le nouveau Liban qui essaie de sortir de la mouise dans laquelle ils l’ont enfoncé.
18 h 18, le 22 janvier 2025