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Bayrou lance la concertation sur la réforme des retraites

Le Premier ministre français François Bayrou prononce une déclaration de politique générale devant les députés à l'Assemblée nationale à Paris, le 14 janvier 2025. Thomas SAMSON / AFP

Le nouveau Premier ministre François Bayrou a lancé vendredi la concertation promise sur la réforme des retraites en France, dont les modalités sont déjà disputées, et qui ne démarrera qu'à l'issue d'une mission de chiffrage délicat sur leur financement. Les partenaires sociaux et le gouvernement se sont réunis plus de deux heures au ministère du Travail, pour lancer cette difficile « remise en chantier » de la réforme des retraites, qui avait déclenché de larges manifestations en 2023.

François Bayrou a dit « faire confiance » au dialogue social et à cette démarche « constructive » et « nouvelle »: « je pense qu'on peut progresser ensemble, trouver des réponses peut-être même qu'on n'avait jamais imaginées », a assuré le dirigeant centriste. Mais pour la patronne du syndicat CGT Sophie Binet, la réunion a « été l'occasion de constater l'ampleur des désaccords ».

Les syndicats de salariés, malgré des divergences sur les sources de financement, ont redit la nécessité d'abroger le report de l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans. La retraite est un sujet éminemment sensible en France, la population restant attachée à un des systèmes les plus avantageux au monde. A titre d'exemple, l'âge de départ est fixé à 66 ans en Belgique et 67 ans en Allemagne.

« Pénibilité » 

A ce stade des discussions, « on a posé le cadre » et « moi je suis optimiste », a déclaré de son côté la secrétaire générale de la CFDT Marilyse Léon, en estimant qu'il faut bouger « sur l'âge légal », « progresser sur la question de la pénibilité » et des « inégalités entre les hommes et les femmes ». Face aux organisations syndicales, « le patronat a rappelé son attachement à la réforme » et « martelé son refus d'augmenter le financement de nos régimes de retraite », a déploré Mme Binet.

« Une éventuelle révision de la réforme des retraites ne saurait (...) conduire à un alourdissement du coût du travail, alors que la conjoncture est tendue et que l'intensité de la compétition internationale va s'exacerber », a expliqué le président de l'organisation patronale Medef, Patrick Martin, dans une déclaration envoyée à l'AFP.

Le Medef défend la mise en place d'un régime par capitalisation, une idée qui ulcère les syndicats. Le chiffrage sur le financement du système est confié à la Cour des comptes, qui rendra son rapport le 19 février, a annoncé le Premier ministre, en fixant à « fin mai » l'objectif d'un accord entre les partenaires sociaux.

La révision de la réforme devra tenir compte d'une exigence: ne pas « dégrader l'équilibre financier » du système, selon le chef du gouvernement. Mais pour lui, il est essentiel de négocier et d'avancer, déplorant l'état de « blocage général » dans lequel se trouve la France.

« Opportunité inédite »

« On est un pays qui n'a pas de budget, on est un pays qui n'a pas de majorité, on est un pays dans lequel les uns ne cessent de s'affronter aux autres (...) et on peut pas en rester là parce que pendant ce temps, le monde nous assiège », a-t-il commenté. C'est la première fois que les partenaires sociaux français ont la main sur cette réforme, adoptée au forceps en mars 2023, en dépit de 14 journées de mobilisations qui ont rassemblé de 1,28 à 3 millions de manifestants, selon les sources.

C'est une « opportunité inédite » qu'il faut « saisir », a salué la patronne de la CFDT dans le journal Libération, convaincue que « c'est la reconnaissance que cette réforme est injuste socialement ».

Cette concertation phare sur les retraites a permis au nouveau Premier ministre français d'échapper jeudi à la censure des socialistes. M. Bayrou a aussi annoncé l'abandon de 4.000 suppressions de postes dans l'Education nationale, du projet d'allongement du délai de carence - de un à trois jours - pour les agents de la Fonction publique en cas d'arrêt maladie et le « maintien » du projet de taxe sur les hauts revenus. Le parti socialiste n'exclut pas pour autant de voter la prochaine censure lors du budget et va rappeler ses « exigences » en la matière dans le cadre de ses négociations avec le gouvernement.

M. Bayrou, 73 ans, navigue sur une scène politique éclatée issue des législatives anticipées, organisées après la dissolution surprise de l'Assemblée par le président Emmanuel Macron en juin. L'hémicycle se trouve désormais fracturé en trois blocs : alliance de gauche, macronistes et centristes, extrême droite. Mais aucun ne dispose de la majorité absolue.

Le nouveau Premier ministre François Bayrou a lancé vendredi la concertation promise sur la réforme des retraites en France, dont les modalités sont déjà disputées, et qui ne démarrera qu'à l'issue d'une mission de chiffrage délicat sur leur financement. Les partenaires sociaux et le gouvernement se sont réunis plus de deux heures au ministère du Travail, pour lancer cette difficile « remise en chantier » de la réforme des retraites, qui avait déclenché de larges manifestations en 2023.François Bayrou a dit « faire confiance » au dialogue social et à cette démarche « constructive » et « nouvelle »: « je pense qu'on peut progresser ensemble, trouver des réponses peut-être même qu'on n'avait jamais imaginées », a assuré le dirigeant centriste. Mais pour la patronne du syndicat CGT Sophie...