Laurent Selinder/L’Orient-Le Jour
Quelques mois après la conclusion d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, quelques semaines après la chute du régime de Bachar el-Assad et quelques jours après l’élection de Joseph Aoun a la tête de l’État libanais, Emmanuel Macron a accordé un entretien exclusif à L’Orient-Le Jour depuis l’Élysée.
« Le sursaut auquel on assiste au Liban est un espoir incroyable », affirme le président français. Emmanuel Macron, qui effectue vendredi une visite au Liban. Il estime qu’après l’élection de Joseph Aoun à la présidence de la République et la nomination de Nawaf Salam au poste de Premier ministre, il n’y a « aucune ambiguïté sur le fait que la finalité du cessez-le-feu est que l’État retrouve le monopole de la violence légitime », dans une allusion claire au fait que l’accord prévoit le désarmement du Hezbollah y compris au nord du Litani. Au sujet du parti chiite, M. Macron, parfois critiqué pour avoir soutenu la candidature de Sleiman Frangié à la présidence libanaise, déclare à notre corédacteur en chef Anthony Samrani : « Je crois pouvoir dire que jamais la France n’a fait le jeu du Hezbollah. »
Après être longuement revenu sur ses choix en ce qui concerne sa politique libanaise, Emmanuel Macron appelle à la formation d’un gouvernement inclusif et considère que la crise politique est en train « d’être réglée ». Dans ce contexte, le Liban pourrait bénéficier d’une aide internationale pour la reconstruction, qui ne soit pas conditionnée à la mise en œuvre des réformes, « si la situation est stabilisée d’un point de vue sécuritaire et que cela se fait dans un cadre de bonne gouvernance », estime-t-il.
Par ailleurs, revenant sur la réimplication de Riyad dans le dossier libanais, M. Macron souligne le travail de la diplomatie française et estime que « l’élection de Joseph Aoun et la désignation de Nawaf Salam sont aussi le fruit de ce travail de diplomatie régionale ».
Lors de cet entretien, M. Macron évoque enfin le dossier syrien et indique que la France va observer de près plusieurs points dans le cadre d’une éventuelle réflexion sur la levée des sanctions : la question de l’inclusivité politique, celle des « intérêts sécuritaires dans le Nord » et du « respect des Kurdes », l’accueil des réfugiés et enfin celle des armes chimiques et du captagon.




Pourquoi n’y a t il pas la totalité de l’interview sur YouTube ?
08 h 23, le 17 janvier 2025