Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, lors d'une conférence de presse à Damas, le 15 janvier 2025. Louai BESHARA / afp
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a affirmé mercredi que la justice transitionnelle était « cruciale » en Syrie après la chute de Bachar al-Assad, lors d'une visite dans le pays.
« La justice transitionnelle est cruciale à mesure que la Syrie avance », a déclaré M. Türk lors d'une conférence de presse à Damas, ajoutant que « la vengeance et le règlement de comptes ne sont jamais la solution ».
« Les disparitions forcées, la torture, l'utilisation d'armes chimiques, parmi d'autres crimes atroces, doivent faire l'objet d'une enquête complète », a-t-il ajouté. « Et ensuite, la justice doit être rendue, de manière équitable et impartiale ».
Le sort de dizaines de milliers de prisonniers et disparus constitue l'un des aspects les plus douloureux du drame syrien, dans un pays déchiré par plus de 13 ans d'une guerre civile qui a fait plus d'un demi-million de morts.
Des milliers de détenus ont été libérés après la chute d'Assad mais de nombreuses personnes auraient été enterrées dans des fosses communes après avoir été torturées dans les prisons.
Mardi, M. Türk a visité la prison de Saydnaya, symbole de la répression de masse de l'ancien pouvoir et a rencontré un ancien détenu.
Lors de la conférence de presse, il a dit qu'il y avait rencontré un ancien détenu, « un ancien soldat suspecté d'être un déserteur ».
« Il m'a raconté le traitement cruel qu'il a subi. Je ne supporte même pas de partager les tortures qu'il m'a racontées », a-t-il dit.
Des familles de disparus ont appelé les nouvelles autorités syriennes à protéger les preuves des crimes commis sous Assad, après la découverte que des inscriptions sur les murs d'une ancienne prison avaient été recouvertes de peinture.
Une pétition lancée mardi appelle les nouvelles autorités à mieux protéger les preuves et à accorder « la plus haute priorité » aux enquêtes sur le sort des disparus.
Assouplir les sanctions
M. Türk a en outre déclaré avoir discuté avec le nouveau dirigeant du pays, Ahmad al-Chareh, des « opportunités et des défis qui attendent cette nouvelle Syrie ».
« Il a reconnu et m'a assuré de l'importance du respect des droits de l'homme pour tous les Syriens et pour toutes les différentes composantes de la société syrienne », a ajouté M. Türk.
Depuis la prise de Damas par une coalition menée par des islamistes en décembre, les nouvelles autorités ont cherché à rassurer les Syriens et la communauté internationale sur leur volonté de respecter les droits des minorités.
M. Chareh a également soutenu « la recherche de la guérison, l'instauration de la confiance et de la cohésion sociale ainsi que la réforme des institutions », a-t-il précisé.
M. Türk a aussi appelé à un assouplissement des sanctions imposées à la Syrie sous Assad.
« Alors que la communauté internationale examine la question des sanctions, il est essentiel de garder à l'esprit l'impact que celles-ci ont sur la vie du peuple syrien », a déclaré M. Türk, qui a demandé « une réévaluation urgente des sanctions sectorielles en vue de les lever ».
Selon lui, elles ont eu « un impact négatif sur l'exercice des droits » du peuple syrien.


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin