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Politique - Présidentielle Au Liban

Enthousiasme unanime à l'international après l’élection de Joseph Aoun

Les déclarations ont loué « l’espoir » qui accompagne cette élection après plus de deux ans de vacance présidentielle au Liban, appelant à une concrétisation des réformes et une formation rapide du gouvernement.

Enthousiasme unanime à l'international après l’élection de Joseph Aoun

Le nouveau président de la République libanaise Joseph Aoun arrive au Parlement, dans le centre-ville de Beyrouth, le 9 janvier 2025. Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour

L’élection de Joseph Aoun à la tête de l’État libanais n’a pas seulement suscité un engouement national, mais des réactions internationales en chaîne. Il faut dire que l’ancien commandant en chef de l’armée était le favori de plusieurs forces étrangères, notamment les pays du Quintette (France, États-Unis, Qatar, Arabie saoudite et Égypte). La présence diplomatique à la séance de vote était d'ailleurs remarquable.

Après plus de deux ans de vacance présidentielle (depuis octobre 2022), l’élection d’un président dans un pays ravagé par la crise et la guerre a été saluée partout, et le discours d’investiture du président élu a été bien accueilli.

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L’émissaire américain Amos Hochstein, dont la visite cette semaine à Beyrouth a été considérée comme un signe de soutien à la candidature du commandant en chef de l’armée, a déclaré à la chaîne al-Arabiya que l’élection de Joseph Aoun à la présidence constituait « un pas vers la paix et la stabilité au Liban », selon des propos repris par l’Agence nationale d’information (Ani, officielle). Pour sa part, l'ambassade des États-Unis au Liban s'est engagée à travailler en « étroite collaboration » avec le nouveau président, selon des propos repris par l'AFP. Le général Joseph Aoun est « le bon dirigeant pour cette période », estimé dans un communiqué le président américain sortant Joe Biden. « J'ai confiance dans le président Aoun. Je crois fermement qu'il est le bon dirigeant pour cette période », a-t-il déclaré.

Paris veut « un gouvernement fort »

La France a, quant à elle, adressé ses « chaleureuses félicitations » à Joseph Aoun, à un « moment historique et crucial pour l'avenir du Liban », selon le ministère des Affaires étrangères. « Cette élection doit maintenant être suivie de la nomination d'un gouvernement fort, en appui au président de la République, capable de rassembler les Libanais, de répondre à leurs aspirations et à leurs besoins », a affirmé le Quai d'Orsay dans une déclaration. Par la même occasion, Paris appelle « urgemment l'ensemble des responsables politiques libanais et les autorités libanaises à s'engager pour le redressement durable du pays ».

« Félicitations au président Joseph Aoun pour cette élection cruciale. Elle ouvre la voie aux réformes, à la restauration de la souveraineté et à la prospérité du Liban », a écrit le président français Emmanuel Macron sur X. «La France est à vos côtés», a-t-il ajouté.

L’ambassade de France à Beyrouth a aussi adressé ses « félicitations » au nouveau président libanais sur son compte X. « La France restera aux côtés du Liban dans la prochaine étape : la désignation d’un Premier ministre et d’un gouvernement réformateurs pour engager le pays sur la voie de la stabilité politique, économique et sécuritaire «, toujours selon le message de la chancellerie.

De son côté, l’ambassadeur britannique Hamish Cowell a salué l’élection de Joseph Aoun, estimant qu'elle constitue « un signal d’espoir » pour le Liban après tant de défis. Il a, lui aussi, appelé à la formation rapide d’un gouvernement qui s’engage à faire avancer les réformes indispensables. « La Grande-Bretagne est prête à le soutenir », a-t-il publié sur X. Le ministre des Affaires étrangères britannique David Lammy a dit se réjouir de travailler avec Joseph Aoun « pour la stabilité » du Liban.

Le Qatar a également félicité le nouveau président, espérant que son élection après plus de deux ans de vacance renforcera la « sécurité » et la « stabilité » du Liban, a indiqué son ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le roi Salmane d'Arabie saoudite a exprimé ses « plus sincères félicitations et meilleurs vœux de succès et de prospérité au président libanais Joseph Aoun, ainsi qu’au peuple libanais », a annoncé l'agence de presse officielle saoudienne SPA. Elle rapporte également que le prince héritier et homme fort du royaume, Mohammad ben Salmane (MBS), a également exprimé ses « plus sincères félicitations » à Joseph Aoun et au peuple libanais.

La cheffe de la diplomatie allemande en a fait de même. « Après des années de crise et de surplace, c'est maintenant l'occasion (de faire, ndlr) des réformes et des transformations », a écrit sur X Annalena Baerbock, ajoutant que «l'Allemagne se tenait aux côtés des Libanais sur le chemin de l'avenir».

La Russie s'est félicitée, à son tour, de l'élection du nouveau président libanais. « Cela ouvre des perspectives de renforcement de la stabilité politique interne au Liban et de redressement de la situation socio-économique difficile du pays », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

L’Iran et les « intérêts communs »

L’élection de Joseph Aoun à la présidence a également été saluée par l’Iran, principal allié du Hezbollah qui a hésité avant de donner ses voix au commandant en chef de l’armée. Dans une réaction de l’ambassade d’Iran au Liban sur X, publiée très peu de temps après le scrutin, ce pays a dit espérer que les deux nations vont coopérer pour servir leurs « intérêts communs ».

« Nous félicitons le Liban frère pour l'élection du général Joseph Aoun à la présidence de la République (et) nous avons hâte (...) de coopérer dans différents domaines d'une manière qui serve les intérêts communs de nos pays », a indiqué la mission iranienne à Beyrouth.

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Même Israël, dont une guerre de 13 mois avec le Hezbollah n’a pris fin qu’à la faveur d’un cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024, et dont les troupes sont toujours présentes sur plusieurs territoires libanais, a exprimé sa satisfaction suite au scrutin. « Je félicite le Liban pour l'élection d'un nouveau président après une longue crise politique. J'espère que ce choix contribuera à la stabilité, à un meilleur avenir pour le Liban et son peuple, et à de bonnes relations entre voisins », a écrit le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, sur X.

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s'est dit confiant dans la capacité du Liban à surmonter «les répercussions de l'agression israélienne» sous la direction de son nouveau président, Joseph Aoun. « Nous sommes convaincus que nos frères du Liban surmonteront les répercussions de l'agression israélienne à leur encontre, et trouveront succès et prospérité", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Des tâches « monumentales »

Même son de cloche du côté des organisations internationales. La coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, a félicité Joseph Aoun pour son élection, estimant qu'il s'agit d'une première étape attendue depuis longtemps pour surmonter le vide politique et institutionnel du Liban et fournir au peuple libanais les institutions étatiques fonctionnelles qu’il mérite.

« Un Premier ministre doit être désigné et un gouvernement doit être formé sans délai. Les tâches qui attendent l'État libanais sont trop monumentales pour perdre du temps », a souligné la coordinatrice spéciale dans un communiqué. « Le moment est venu pour chaque décideur de placer l’intérêt du Liban au-dessus de toute considération personnelle ou politique », a-t-elle ajouté.

Plus tard dans la journée, le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric, a indiqué lors d’un point de presse que cette élection marque « une étape cruciale pour surmonter l’impasse politique et institutionnelle du Liban après plus de deux ans de vide présidentiel. »

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué, de son côté, un « moment d'espoir » au Liban. « La voie est désormais ouverte à la stabilité et aux réformes », a-t-elle affirmé dans un message sur X. «L’Europe soutient cette voie», a-t-elle ajouté. Pour sa part, l’ambassadrice de l’Union européenne au Liban, Sandra De Waele, a qualifié de « très encourageantes » les déclarations du nouveau président Joseph Aoun.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmad Aboul Gheit, a lui aussi félicité le général Aoun pour son élection, soulignant qu'elle met fin à « un vide présidentiel qui a eu un impact négatif et a compliqué les crises du pays ». Il a salué son dévouement à la tête de l'armée libanaise, ainsi que sa « sagesse dans le maintien de la sécurité et de la stabilité du pays et de sa paix civile ».

« Le Liban a aujourd'hui une occasion précieuse d’ouvrir un nouveau chapitre qui redonnera au pays sa vitalité », a ajouté M. Aboul Gheit, réaffirmant « l'engagement de la Ligue arabe à poursuivre son rôle de soutien envers le Liban et son peuple ».

L’élection de Joseph Aoun à la tête de l’État libanais n’a pas seulement suscité un engouement national, mais des réactions internationales en chaîne. Il faut dire que l’ancien commandant en chef de l’armée était le favori de plusieurs forces étrangères, notamment les pays du Quintette (France, États-Unis, Qatar, Arabie saoudite et Égypte). La présence diplomatique à la séance de vote était d'ailleurs remarquable. Après plus de deux ans de vacance présidentielle (depuis octobre 2022), l’élection d’un président dans un pays ravagé par la crise et la guerre a été saluée partout, et le discours d’investiture du président élu a été bien accueilli. Lire aussi Joseph Aoun, nouveau président libanais : un sans faute militaire, une énigme politique L’émissaire américain Amos...
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