Le président iranien Masoud Pezeshkian lors d'une cérémonie à Téhéran le 2 janvier 2025, commémorant le 5e anniversaire du meurtre du commandant du Corps des Gardiens de la révolution Kasem Soleimani dans une frappe de drone en Irak. Photo AFP
Le président iranien Massoud Pezeshkian a appelé mercredi Israël à se retirer des territoires syriens frontaliers où il a déployé des troupes après la chute du président Bachar el-Assad, allié de longue date de Téhéran. M. Pezeshkian a tenu ces propos pendant une visite à Téhéran du Premier ministre irakien Mohamed Chia el-Soudani, consacrée notamment aux récents événements en Syrie où des rebelles islamistes ont chassé du pouvoir Bachar al-Assad il y a un mois.
« La nécessité que le régime sioniste se retire des territoires qu'il a occupés et l'importance de respecter les sentiments religieux (en Syrie), en particulier dans les lieux saints chiites, ont figuré parmi les sujets de préoccupation », a déclaré le président iranien pendant un point de presse avec M. Soudani. M. Pezeshkian a également mis en garde contre « la réactivation de cellules terroristes » en Syrie. Le guide suprême de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, a également reçu le Premier ministre irakien, et a mis en garde contre le « rôle des gouvernements étrangers » en Syrie, selon l'agence de presse officielle, Irna.
La capitale Damas est tombée le 8 décembre, après une offensive éclair, aux mains de rebelles menés par le groupe islamiste sunnite radical Hay'at Tahrir el-Cham (HTC), l'ancienne branche syrienne d'el-Qaëda. Depuis, Israël a mené des centaines de frappes aériennes sur des installations militaires syriennes, affirmant vouloir éviter que l'arsenal du pouvoir déchu ne tombe entre les mains des nouvelles autorités.
L'armée israélienne s'est également déployée dans la zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie, à la lisière de la partie de ce plateau occupé par Israël depuis 1967 et annexé en 1981. L'Iran a condamné ce déploiement et appelle depuis Israël à retirer ses troupes.
Pendant sa visite, M. Soudani a exprimé le respect par l'Irak de « la volonté du peuple syrien » et le soutien à « tout système politique ou constitutionnel qu'il aurait choisi sans ingérence extérieure ». Il a souligné que l'Irak était « prêt à coopérer avec toutes les parties (...) afin de parvenir à une transition en douceur et pacifique vers un système reflétant la volonté du peuple syrien ».
Lors de sa rencontre avec M. Soudani, le guide suprême iranien a également déclaré que la présence de troupes américaines en Irak, déployées dans le cadre d'une coalition internationale antijihadiste, « doit être affrontée avec détermination ».


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