Un tag a été effectué sur la façade d'une agence bancaire à Bourj Hammoud lors d'une manifestation de déposants le 29 août dernier. Photo P.H.B.
Le ministre libanais sortant des Déplacés, Issam Charafeddine, a organisé une réunion avec des représentants de plusieurs associations de défense des droits des déposants libanais, à Beyrouth, afin d'appuyer leurs revendications et de mettre en avant ses solutions pour la restitution des dépôts. À partir de fin 2019, une majorité des clients des banques libanaises se sont vu illégalement refuser l'accès à leurs fonds en dollars en raison de la crise de solvabilité des banques combinée à l'inaction de l'État.
Le ministre espère convaincre le Conseil des ministres d'inscrire ce dossier à l'ordre du jour, comme en témoigne une demande écrite qu'il a soumise, datée du 8 novembre dernier.
Lors de son point de presse après la réunion, Issam Charafeddine a souligné que son ministère avait « présenté un plan dès mai 2022 » pour compenser les pertes financières du pays sans affecter les dépôts, mais que « malheureusement, ce plan n'avait pas été mis en œuvre et n'a pas été pris au sérieux par les personnes influentes au sein du gouvernement ». Il a aussi appelé la Banque du Liban à rendre permanente l'augmentation des plafonds de retraits autorisés via ses circulaires n° 158 et n° 166, qui aménagent les restrictions imposées par les banques sur les dépôts effectués avant le début de la crise, entre autres demandes.
Les associations « Cri des déposants », « Fédération des déposants » et le « Groupe des militaires pour la récupération des dépôts » faisaient partie des organisations présentes. En revanche, l'Union des déposants, cofondée par l'avocat Fouad Debs, n'a pas participé à la réunion.
Urgence sociale
Le ministre a brandi l'urgence sociale, dans un contexte libanais marqué par cinq ans de crise et plus d'un an de guerre entre le Hezbollah et Israël – jusqu'au cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre dernier – pour justifier la nécessité d'agir rapidement. « L'or est empilé par tonnes à la BDL [Banque du Liban] tandis que les déposants ont faim. Avec l'intensification de la crise de la pauvreté, du dénuement, de la faim et du froid pour la majorité des déposants et du peuple libanais, nous nous réunissons aujourd'hui pour présenter des solutions radicales et répondre aux demandes urgentes des déposants », a-t-il déclaré.
Fouad Debs a quant à lui exprimé ses réserves. « Le ministère prépare un plan depuis plus d'un an qui préconise d'utiliser les actifs de l'État pour financer le remboursement des dépôts confisqués par les banques au début de la crise bancaire qui a éclaté fin 2019. Nous ne sommes pas favorables à cette approche qui consiste à utiliser des biens publics pour rembourser des dettes privées », a-t-il expliqué. Cette méthode, selon lui, correspond à celle privilégiée par les banques et les grands déposants ces dernières années, une position qui a contribué à bloquer toute tentative de restructuration du secteur bancaire et d'épuration des 70 milliards de dollars de pertes accumulées par le pays.
Le Fonds monétaire international (FMI) a, pour sa part, rejeté toute solution ne respectant pas la « hiérarchie des responsabilités » face aux pertes financières des banques libanaises. Cela signifie que, pour l'organisation internationale, ce sont d'abord les fonds propres des banques qui doivent absorber les pertes, suivis par les fonds des créanciers secondaires ou de second rang (tels que les détenteurs de titres de dette subordonnée), puis, en dernier recours, les créanciers de premier rang (comme les déposants).
Le Liban possède les deuxièmes plus importantes réserves d'or de la région après l'Arabie saoudite, avec 286 tonnes, soit l'équivalent de 9,22 millions d'onces troy (une once équivaut à 31,1 grammes), ainsi que des réserves de change estimées à environ 10 milliards de dollars. Cependant, l'utilisation de ces réserves d'or est strictement encadrée par la loi, compte tenu de leur importance stratégique pour le pays. Certaines voix, bien qu'isolées, considèrent néanmoins la vente d'or comme inévitable, compte tenu du gouffre financier que le Liban devra combler pour assainir son passif, même si une partie des fonds détournés par des responsables politiques et banquiers au cours des dernières décennies était récupérée.



L'argent du aux deposants doit etre rembourse par ceux-la meme qui se le sont approprie. En l'occurence : les ministres et hauts fonctionnaires vereux qui ont touche d'enormes dessous de table, certains entrepreneurs et fournisseurs de l'etat (fuel, barrages, etc...) qui ont eu recours a des surfacturations ehontees ou meme a des factures de prestations fictives, les banquiers qui ont fait fuir l'argent qui restait dans les banques sur leurs comptes personnels ou ceux de leurs familles ou encore de societes leur appartenant a l'etranger. En outre, tout ce beau monde devrait aller en prison.
00 h 25, le 31 décembre 2024