Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre polonais à Lviv, le 17 décembre 2024.,YURIY DYACHYSHYN / AFP
Le chef de l'OTAN réunit mercredi soir à Bruxelles le président ukrainien Volodymyr Zelensky et les dirigeants des principales puissances européennes pour évoquer la guerre en Ukraine, à quelques semaines du retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
Cette rencontre, qui aura lieu à la résidence du secrétaire général de l'OTAN, vise à réunir les alliés européens « les plus résolus » dans leur soutien à Kiev afin de consolider la réflexion sur deux sujets : comment aborder la nouvelle administration Trump et que peut-on faire de plus pour l'Ukraine ?, résume un diplomate à Bruxelles.
« L'Europe a besoin d'une position forte et unie pour permettre une paix durable », a lancé sur X le chef de l'Etat ukrainien à son arrivée à Bruxelles.
Les Européens s'inquiètent de la possibilité d'une suspension de l'aide militaire américaine à l'Ukraine et des promesses de Donald Trump de mettre fin à la guerre « en 24 heures ». Dans ce contexte, l'Ukraine évoque désormais l'hypothèse de négociations de paix, qu'elle a longtemps rejetée, à condition que sa sécurité soit garantie.
Les dirigeants de l'Allemagne, de la Pologne, de l'Italie, du Danemark, des Pays-Bas et des principales institutions de l'Union européenne sont attendus. Ni le Premier ministre britannique Keir Starmer, ni le président français Emmanuel Macron, qui va se rendre à Mayotte, un archipel français de l'océan Indien dévasté par le cyclone Chido, ne seront présents. Ils seront représentés par leurs ministres des Affaires étrangères.
« Renforcer l'Ukraine maintenant est non seulement un impératif moral, mais aussi stratégique », a martelé mercredi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
La priorité est de s'assurer que l'Ukraine « ne soit pas forcée à accepter une paix qui lui serait dictée », a souligné en écho le chancelier allemand Olaf Scholz à son arrivée à Bruxelles.
« Paix durable »
Mardi, M. Zelensky a appelé à « une paix durable » que le président russe Vladimir Poutine « ne puisse plus briser ». Et le seul moyen pour lui de la garantir est que l'Ukraine entre dans l'OTAN pour bénéficier de sa protection.
Cette perspective « irréversible », selon l'OTAN, n'est cependant pas d'actualité et l'idée s'impose d'offrir d'autres garanties de sécurité. La France et la Pologne ont discuté la semaine dernière à Varsovie de l'envoi de troupes en Ukraine pour garantir le respect d'un éventuel cessez-le-feu.
La discussion progresse mais elle est encore difficile compte tenu de l'incertitude qui entoure les propositions à venir de Donald Trump, souligne un diplomate européen.
M. Rutte a refusé de l'aborder mercredi estimant qu'en parler en public rendrait les choses trop « faciles » pour les Russes.
Pour le président ukrainien, l'urgence c'est surtout d'obtenir plus d'armes afin de pouvoir changer la donne sur le champ de bataille.
Selon M. Rutte, l'Ukraine a fait savoir qu'elle avait besoin de 19 systèmes supplémentaires de défense antiaérienne pour se protéger des frappes constantes des forces russes contre ses villes et ses infrastructures énergétiques.
L'armée russe a revendiqué mardi la conquête de 189 localités ukrainiennes en 2024 et progresse chaque jour un peu plus.

