Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Chute Du Régime Assad

L'ONU "déconseille" un retour massif des réfugiés pour l'instant en Syrie

La directrice générale de l'agence de l'ONU pour les migrations, Amy Pope, a "déconseillé" mardi un retour massif des réfugiés syriens dans leur pays tant que la situation n'y est pas stabilisée.

"Les gens ont le droit de rentrer chez eux (..) mais nous déconseillons des retours à grande échelle", les infrastructures "ne pourraient pas supporter un tel afflux", a déclaré à l'AFP Amy Pope, qui dirige l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), lors d'une visite au Liban.

L'ONU a estimé mardi qu'un million de réfugiés syriens pourraient retourner dans leur pays entre janvier et juin 2025, après l'offensive éclair lancée le 27 novembre par une coalition de groupes rebelles menés par les islamistes radicaux, et qui a évincé du pouvoir Bachar al-Assad le 8 décembre.

La moitié de la population syrienne a été déplacée dans le pays pendant près de 14 ans de guerre civile, et des millions de personnes ont trouvé refuge à l'étranger.

Mme Pope a ajouté que "sans investissements en Syrie (...), renvoyer des gens ne fera que déstabiliser davantage le pays et créera probablement des pressions incitant" à une nouvelle vague de migration. 

"Concentrons-nous sur la stabilisation de la situation sur le terrain en Syrie avant de commencer à encourager ou à renvoyer de force les personnes qui ont reçu l'asile ou qui ont vécu ailleurs", a-t-elle plaidé.

- Minorités religieuses -

D'ores et déjà, "nous avons vu environ 100.000 personnes revenir en Syrie" depuis l'étranger, dit-elle, et "environ 150.000 autres se sont déplacées à l'intérieur du pays".

Dans le même temps selon elle, "des dizaines de milliers" de personnes ont fui la Syrie depuis le 8 décembre.

Des membres de la communauté musulmane chiite auraient fui "non pas parce qu'ils sont réellement menacés, mais parce qu'ils s'inquiètent de potentielles menaces", dans un pays à majorité sunnite, dit-elle. 

Selon elle, des responsables religieux chrétiens de Damas "ont affirmé que leurs communautés (...) restaient très inquiètes, bien qu'elles ne soient pas encore parties". 

Après le renversement de Bachar al-Assad, qui se posait en protecteur des minorités, les nouvelles autorités se sont engagées à établir un Etat de droit et respecter toutes les minorités.

Mme Pope a rappelé que les insurgés étaient "arrivés au pouvoir grâce à une coalition de divers groupes armés", et le gouvernement intérimaire est dirigé par le groupe sunnite radical HTS, s'interrogeant sur la façon dont ils allaient gouverner.

Mme Pope a ajouté que la communauté internationale voulait "s'assurer que les voix les plus radicales au sein de cette coalition ne déstabilisent pas un gouvernement qui se veut plus ouvert, démocratique et inclusif".

- "Personnes extrêmement vulnérables" -

Par ailleurs, a-t-elle souligné, "les besoins humanitaires sont actuellement très importants: accès de base aux abris, à la nourriture, à l'hygiène, à l'eau, à l'assainissement, à la santé... et plus de 16 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire". 

Un appel de plus de 4 milliards de dollars (3,8 mds d'euros) n'a atteint que 28 % de l'objectif et est "extrêmement sous-financé" par rapport aux besoins de "personnes extrêmement vulnérables", a-t-elle déclaré.

La sécurité est une autre source d'inquiétude, dit la directrice générale de l'OIM, en écho à l'envoyé spécial de l'ONU en Syrie qui a averti mardi que le "conflit n'est pas encore terminé" malgré l'éviction du clan Assad et évoqué des affrontements dans le nord entre les forces prokurdes et les groupes proturcs. 

"Le moment viendra où les gens pourront revenir chez eux", assure Amy Pope. 

Selon l'ONU, la Syrie a besoin d'un "flux d'aide massive" alors que le pays est dans une "situation extrêmement dramatique". 

lg/al/vl

© Agence France-Presse

La directrice générale de l'agence de l'ONU pour les migrations, Amy Pope, a "déconseillé" mardi un retour massif des réfugiés syriens dans leur pays tant que la situation n'y est pas stabilisée.

"Les gens ont le droit de rentrer chez eux (..) mais nous déconseillons des retours à grande échelle", les infrastructures "ne pourraient pas supporter un tel afflux", a déclaré à l'AFP Amy Pope, qui dirige l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), lors d'une visite au Liban.

L'ONU a estimé mardi qu'un million de réfugiés syriens pourraient retourner dans leur pays entre janvier et juin 2025, après l'offensive éclair lancée le 27 novembre par une coalition de groupes rebelles menés par les islamistes radicaux, et qui a évincé du pouvoir Bachar...