Mazloum Abdi, chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes et appuyées par les États-Unis, a proposé mardi la création d'une « zone démilitarisée » à Kobané, une ville du nord de la Syrie, sur fond de combats avec des groupes soutenus par Ankara.
Cette déclaration intervient dix jours après la prise de pouvoir en Syrie de groupes rebelles dominés par le groupe sunnite radical Hay'at Tahrir el-Cham (HTC), accueillie favorablement par la Turquie. « Réaffirmant notre engagement ferme à parvenir à un cessez-le-feu complet dans l'ensemble de la Syrie, nous annonçons notre disponibilité à proposer l'établissement d'une zone démilitarisée dans la ville de Kobané, avec le redéploiement des forces de sécurité sous la supervision et la présence américaine », a écrit M. Abdi sur X.
Après la chute du président Bachar el-Assad, des combats meurtriers ont éclaté dans le nord du pays entre les FDS, qui contrôlent de vastes régions du Nord-Est syrien, et les groupes proturcs, auxquels une trêve a mis fin sous une médiation américaine.
Les États-Unis ont annoncé mardi la prolongation « jusqu'à la fin de la semaine » de cette trêve, à Manbij, zone à majorité arabe. Cette prolongation survient alors que les groupes soutenus par Ankara se préparaient à lancer l'assaut sur Kobané, une ville tenue par les forces dirigées par les Kurdes à une soixantaine de km de Manbij, à la frontière turque, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
Dans un geste d'ouverture envers HTC, l'administration autonome kurde a annoncé qu'elle adoptait le drapeau syrien de l'indépendance, qui flotte désormais à Damas. Mais cette communauté longtemps opprimée sous Bachar el-Assad craint de perdre l'autonomie limitée acquise de haute lutte dans le nord-est de la Syrie.
Le chef militaire de HTC, Mourhaf Abou Qasra, connu sous son nom de guerre d'Abou Hassan al-Hamwi, a affirmé mardi que le nouveau pouvoir voulait étendre son autorité sur ces zones kurdes. Il a ajouté que la région que contrôlent actuellement les FDS serait « intégrée à la nouvelle administration du pays ».
La Turquie estime que les forces kurdes implantées dans le nord-est émanent de son ennemi juré, le Parti des travailleurs du Kurdistan, PKK, séparatiste.
Les Kurdes syriens ont été victimes de discrimination pendant des décennies, notamment sous le règne du clan Assad, empêchés par exemple d'apprendre leur langue dans les écoles.


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