Des policiers palestiniens dans une rue de Jénine, en Cisjordanie occupée, le 5 décembre 2024. Photo REUTERS/Raneen Sawafta
Des échanges de tirs à l'arme automatique opposaient jeudi soir des activistes armés et des membres des forces de sécurité palestiniennes à Jénine dans le nord de la Cisjordanie après un vol de véhicules officiels de l'Autorité palestinienne, selon un journaliste de l'AFP sur place.
Ces échanges de tirs nourris, intenses vers 21h30 (19h30 GMT), ont lieu après que les membres des forces de sécurité ont pris position autour du camp de réfugiés, bastion d'activistes palestiniens engagés dans la lutte armée contre Israël, indique ce journaliste. Selon des témoins, les forces de sécurité palestiniennes ont installé des barrages aux abords du camp.
Depuis le matin, la ville de Jénine, attenante au camp de réfugiés, est fébrile après qu'un groupe d'hommes armés s'est emparé de deux véhicules appartenant à l'Autorité palestinienne avant de parader avec, en armes dans les rues du camp, en brandissant des drapeaux du Jihad islamique, selon des témoins.
Dans un communiqué, le général Anouar Rajab, porte-parole des forces de sécurité préventives palestiniennes a accusé « un groupe de hors-la-loi » d'avoir « ouvert le feu sur le siège des services de sécurité » et « réussi à voler deux véhicules ». Le communiqué ajoute que « les services de sécurité récupéreront les véhicules et feront rendre des comptes à tous ceux qui ont commis cet acte ».
Les violences entre groupes armés palestiniens et armée israélienne étaient récurrentes dans le nord de la Cisjordanie (territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967) avant la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque du mouvement islamiste palestinien contre Israël. Elles ont explosé depuis. Et le camp de Jénine, comme plusieurs autres de la région, ont été visés par une offensive militaire israélienne d'envergure ayant fait des dizaines de morts à la fin de l'été au cours de violents combats.
L'arrestation ces jours-ci par la sécurité préventive de plusieurs activistes, confirmée par le général Rajab, semble avoir mis le feu aux poudres.
Dans une conférence de presse à l'intérieur du camp de Jénine, Mahmoud Abou Talal, porte-parole d'un collectif de groupes armés locaux, a accusé l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas d'avoir « abandonné son peuple au moment où les circonstances sont les plus difficiles ». Rejetant l'appellation de hors-la-loi, il a accusé l'Autorité palestinienne de « mener des opérations pour affaiblir ceux qui protègent le peuple [palestinien] dans l'adversité ».


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