Le cessez-le-feu ne risque pas de s’effondrer, malgré la poursuite des actions militaires de l’armée israélienne et la tension après l’opération du Hezbollah contre les fermes de Chebaa. C’est ce qu’affirme un responsable sécuritaire qui suit de près les développements sur le terrain. Même si le processus de surveillance du cessez-le-feu tarde à se mettre en place, les dérapages ne sont donc pas le prélude d’un retour à la guerre, parce que les deux belligérants ne sont plus en mesure de la poursuivre.
Les attaques sont donc des tentatives de la part des belligérants d’imposer de nouvelles règles pour la période à venir. Mais il est clair, estime le même responsable, qu’aucun des deux camps ne peut se déclarer victorieux car ce sont les États-Unis qui sont plus que jamais les maîtres du jeu.
La hantise des Israéliens c’est que le Hezbollah revienne dans la région au sud du Litani sous couvert de retour des déplacés dans ce secteur, et le Hezbollah, de son côté, a reçu un coup très dur avec la décapitation de son commandement, surtout son chef charismatique Hassan Nasrallah. C’est pourquoi, aujourd’hui, le Hezbollah doit revenir à des dimensions libanaises, dans le cadre d’un plan global destiné à remodeler les rapports de forces dans la région pour la prochaine décennie.
C’est ainsi qu’il faut suivre attentivement ce qui se passe en Syrie. Toujours selon la personnalité sécuritaire, il n’est peut-être pas question d’aller jusqu’à renverser le régime syrien, déjà bien affaibli, mais plutôt de le pousser à prendre ses distances avec l’Iran et de fermer les routes d’approvisionnement en armes. Sans aller jusqu’à dire que les forces de l’opposition syrienne sont manipulées par les Américains, le timing de la nouvelle offensive contre le régime de Damas, selon ce responsable, ne peut pas être dissocié de la guerre à Gaza et du cessez-le-feu au Liban. Les forces de l’opposition avancent rapidement au nord et elles sont désormais à Hama et à 25 kilomètres de Homs, mais elles ne contrôlent pas encore tout le pays. D’ailleurs, de nombreuses parties arabes et internationales ne sont pas ouvertement favorables à ce qu’elles prennent le pouvoir.
Certaines parties au Liban s’inquiètent de l’impact des développements en Syrie sur la situation interne. Déjà, le mouvement de retour des déplacés syriens entamé avec le début de l’élargissement de l’offensive israélienne au Liban s’est ralenti et, aujourd’hui, il y aurait même un mouvement inverse avec l’arrivée de nouveaux réfugiés syriens, fuyant la recrudescence des combats. Selon la personnalité sécuritaire précitée, il n’y a pas de véritable craintes au sujet de frictions éventuelles entre les différentes parties syriennes au Liban, ou par exemple entre Bab Tebbané (sunnite) et Jabal Mohsen (alaouite) à Tripoli, ni même entre les parties islamistes dans la mouvance de l’opposition syrienne et le Hezbollah. D’abord, parce que les différentes forces sécuritaires et militaires libanaises sont mobilisées pour éviter de telles frictions et ensuite, parce que les parties étrangères, occidentales et arabes, qui ont joué un rôle dans la conclusion de l’accord avec les Israéliens, ne veulent pas d’une déstabilisation à large échelle du Liban, qui mélangerait toutes les cartes dans la région à un moment où les États-Unis et leurs alliés cherchent à trouver des solutions. Le Liban vit en effet sur une poudrière avec des bombes à retardement qui pourraient éclater à n’importe quel moment, pour peu que le climat international et régional soit propice. Parmi ces bombes, il y a les camps palestiniens où les différentes parties sont armées et pourraient décider soit de lancer des attaques contre les Israéliens, soit de se battre entre elles. Il y a aussi les camps de déplacés syriens qui pourraient devenir le théâtre d’affrontements soit entre pro et anti régime syriens, soit entre factions syriennes et parties libanaises. Il y a encore les incidents internes entre différentes parties libanaises, les unes cherchant à profiter de ce qu’elles considèrent être l’affaiblissement du Hezbollah pour obtenir des acquis politiques et d’autres souhaitant au contraire montrer qu’elles ne sont justement pas affaiblies...Toutes ces bombes à retardement, si elles éclataient, pourraient entraîner l’armée libanaise dans un bourbier qui l’affaiblirait, au moment où toute la responsabilité de l’application de l’accord du cessez-le-feu repose sur ses épaules.
Pour toutes ces raisons, la personnalité sécuritaire précitée ne croit pas à l’éclatement de troubles internes au Liban. Au contraire, elle est convaincue que le pays est à la veille d’une période de stabilité. Mais pour cela, il faudrait aussi que les différentes parties libanaises soient à la hauteur du moment et se rassemblent autour d’un président qui ne constitue un défi pour aucune d’elles. En définitive, dans tous les grands moments traversés par le Liban, il y a toujours, dans le fond, une partie qui gagne et une autre qui perd, mais l’essentiel reste de sauver la face du perdant et de ne pas donner au gagnant une victoire trop éclatante. Car, au final, les équilibres régionaux sont fluctuants et le camp fort aujourd’hui peut s’affaiblir demain et vice-versa. C’est pourquoi il est indispensable de consolider l’unité interne et les institutions de l’État, pour que le Liban puisse faire face aux éventuels changements régionaux et internationaux.


Avec le hezballah il n'y a pas de stabilité. Aujourd'hui encore et sans demander l'avis des autres libanais ils ont envoyé des équipes en appui au régime syrien (voire les articles de l'olj) d'une part oubliant les souffrances que ce régime a fait subir à au moins une majorité de chrétiens, de sunnites et de druzes, et d'autre part en risquant de faire subir les conséquences à tout le pays. Qui est le traitre dans ce cas ????
20 h 36, le 06 décembre 2024