Des soldats israéliens près d’une position située à la frontière libano-israélienne, le 3 décembre 2024. Jalaa Marey/AFP
Malgré quelques incidents, la journée de mardi a été relativement calme au Liban-Sud, une semaine après l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. La veille, la trêve a failli voler en éclats, le Hezbollah ayant mené sa première opération contre Israël depuis la signature de cet accord, en réponse à plusieurs dizaines d’attaques israéliennes menées cette semaine et considérées comme des violations de la trêve. L’État hébreu a riposté en effectuant, lundi soir, de violents raids aériens. Depuis le 27 novembre, les attaques israéliennes ont fait au moins 14 morts, selon les chiffres du ministère de la Santé. Sur le terrain, un tir de drone dans un champ de Chebaa, mardi, dans le caza de Hasbaya, a tué un berger, selon les informations de sources locales de notre correspondant Mountasser Abdallah. Des soldats israéliens ont également tiré à la mitrailleuse en direction de Bint Jbeil, tandis que d’autres tirs de drone ont été signalés sur Deir Siriane, dans le caza de Marjeyoun, et Beit Lif (Bint Jbeil). À l’aube, des tirs de mitrailleuse et des détonations ont été entendus à Kfar Kila, dans le caza de Marjeyoun.
Un cadre tué à Damas
Les troupes israéliennes continuent en outre leurs mouvements sur le territoire libanais, notamment à Khiam (Marjeyoun). Dans cette localité, qui a connu d’importants combats entre l’armée israélienne et le Hezbollah avant le cessez-le-feu, des tanks et véhicules militaires se sont à nouveau positionnés dans le quartier est, dont ils s’étaient retirés lundi. Des sources locales contactées par notre correspondant font également état d’un déploiement de véhicules militaires israéliens à Aïtaroun (Bint Jbeil), ainsi que d’une avancée de véhicules en direction de Bourj el-Moulouk (Marjeyoun).En Syrie, l’aviation israélienne a mené une frappe dans la région de Damas, tuant l’émissaire du Hezbollah auprès de l’armée syrienne, Sleiman Nemr Jomaa. Selon le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, Jomaa était considéré comme « un vétéran du Hezbollah » et avait occupé différents postes au sein du parti. Il avait notamment été responsable des opérations au sein du bureau de Damas du Hezbollah, ajoute-t-il. « Jomaa entretenait également des relations étroites avec des hauts responsables de l’État syrien », affirme Adraee. Le porte-parole de l’armée israélienne affirme que le régime syrien permet au Hezbollah d’effectuer des transferts d’armes vers le Liban, « mettant en danger les citoyens syriens et libanais ».
Dès les premières heures
Cette journée relativement calme intervient après que, selon des sources citées par le média Axios, les Américains ont fait pression sur les Israéliens pour les inciter à respecter le cessez-le-feu et empêcher son effondrement. Mardi, le Premier ministre libanais sortant, Nagib Mikati, et le président de la Chambre, Nabih Berry, ont, eux, appelé les États-Unis et la France à « exercer des pressions sur Israël afin qu’il respecte l’accord de cessez-le-feu », selon l’agence Reuters. Du côté israélien toutefois, le ton est toujours aux menaces. Mardi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré lors de la réunion de son gouvernement que son pays est « en situation de cessez-le-feu et ce n’est pas une fin de la guerre. Nous ne tolérerons pas les violations ». Le ministre israélien de la Défense,
Israël Katz, est allé encore plus loin, déclarant aux troupes lors d’une visite le long de la frontière que « le gouvernement libanais doit (...) autoriser l’armée libanaise » à éloigner le Hezbollah au nord du Litani et menaçant de « ne plus faire de distinction » entre le parti chiite et l’État libanais si la guerre devait reprendre. Dans ce cadre, le Liban a donné un gage de bonne volonté mardi. En effet, l’armée libanaise s’est massivement déployée à Tyr, afin d’y « maintenir la sécurité », dans ce qui marque une première étape de la mobilisation de la troupe dans le Sud, un élément essentiel de l’accord de cessez-le-feu. Celui-ci prévoit notamment que le Hezbollah et ses groupes alliés ne pourront mener aucune action offensive contre Israël et évacuent la zone au sud du fleuve Litani. Dès l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, des convois de blindés de l’armée ont été observés sur de nombreuses routes du pays en direction du Sud. Selon l’Agence nationale d’Information (ANI, officielle), le déploiement « massif » de l’armée libanaise a été observé dans de nombreuses rues de la ville. Il marque « le début du redéploiement de l’armée dans le Sud, notamment dans les villages frontaliers ». Sur un autre plan, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a indiqué que plus de 580 000 déplacés au Liban ont pris le chemin du retour vers leurs villes et villages dans les 24 heures qui ont suivi le cessez-le-feu mis en application le 27 novembre. Au 30 novembre, les autorités libanaises ont signalé que près de 90 % des personnes déplacées dans des centres d’accueil collectifs ont quitté les lieux, bien que plus de 22 000 personnes restent dans environ 400 sites.


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