C'est la fin de ce live Q&A avec notre co-rédacteur en chef Anthony Samrani !
Nous vous remercions d'avoir été si nombreux à participer à cette session de questions-réponses. Nous ne pouvons malheureusement pas répondre à toutes vos demandes, mais nous organiserons une nouvelle session prochainement.
En attendant, vous pouvez suivre tout l'actualité autour du cessez-le-feu au Liban, ici.
À bientôt !
Nous poursuivons avec la question de Saad Habbal :
Quand pensez-vous que l'impasse politique sera résolue, à commencer par l'élection présidentielle et la nomination du Premier ministre ? Le Hezbollah acceptera-t-il la perspective d’un gouvernement qui ne soit pas aligné sur l’alliance Hezbollah/8 Mars ?
Bonjour Saad Habbal, merci pour votre question.
Il est difficile d’y répondre pour le moment, la situation n’étant pas tout à fait claire. Est-ce que le Hezbollah va accepter de se mettre en retrait ou ne serait-ce que de composer davantage en interne ? Est-ce que les autres acteurs sont capables de s’entendre sur un candidat ?
Il y a à mon avis deux éléments qu’il ne faut pas sous-estimer. Un : le Hezbollah se sent affaibli et va vouloir sécuriser ses acquis, ce qui ne va pas faciliter les négociations. Deux : même si le parti chiite joue le jeu, les autres parties sont loins d’être des sociaux-démocrates suédois. Est-ce qu’ils seront prêts à mettre leurs différends de côté ? Est-ce qu’ils accepteront de s’engager sur la voie de la réforme s’ils ne peuvent plus brandir l’"excuse géopolitique” ? J’en doute sérieusement.
Ahmed Jamal nous pose la question suivante :
Il existe une similitude entre ce cessez-le-feu avec l'accord de 2006. Qu’'est-ce qui change aujourd’hui, concrètement ? Obtiendra-t-on des changements dans la politique du Liban ?
Bonjour Ahmed Jamal, merci pour votre question.
De nombreuses similitudes en effet, ce qui montre toute l’absurdité de ce conflit. Ce qui change aujourd’hui, c’est l’accord israélo-américain qui vient surplomber tout le reste. Et qui permet à Israël d’intervenir au Liban si le Hezbollah ne respecte pas les termes de l’accord.
Adel Attie nous demande :
A-t-on la position officielle du Hezbollah par rapport à l'accord de cessez-le-feu et du déploiement de l'armée libanaise comme seule force légale au Sud?
Bonjour Adel Attie, merci d’être là.
Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a adoubé l’accord lors de son dernier discours. Le Hezbollah va sans doute laisser l’armée libanaise se déployer mais va-t-il continuer à jouer avec le feu dans le sud ? Tentera-t-il de tester la vigilance du comité de surveillance et d’Israël ? Si c’est le cas, on peut s’attendre à des frappes régulières contre ses positions.
La prochaine question nous vient de Dominique Simpore :
Selon vous, existe-t-il un moyen pour l’administration Trump (qui a fait de la paix au Moyen-Orient une des priorités de son nouveau mandat) de parvenir à une paix véritable entre le Liban et Israël, sans passer par une guerre ouverte avec l’Iran ?
Bonjour Dominique Simpore, merci pour votre question.
Je ne vois pas actuellement de possibilité d’aboutir à un accord de paix entre le Liban et Israël. Je ne pense pas, par ailleurs, que cela serait une bonne chose dans les circonstances actuelles et sans la création d’un État palestinien. Il existe un accord d’armistice entre les deux pays qui date de 1949 et qui peut être remis au goût du jour. Le Liban pourrait aussi jouer un rôle moteur dans la relance de la solution à deux États, sachant que le plan Abdallah, la “paix contre la terre” avait été annoncé depuis Beyrouth.
Voici la question de Roy Bou Hamdane :
Certaines personnes affirment que le cessez-le-feu durera 60 jours dans un premier temps. Ce délai n’est mentionné que pour le retrait des troupes israéliennes dans l’accord ? Qu’en est-il ?
Bonjour Roy Bou Hamdane,
Les 60 jours sont la période durant laquelle toutes les modalités du cessez-le-feu doivent être mises en œuvre. Si c’est le cas, le cessez-le-feu sera prolongé au-delà de cette période.
Nous continuons avec la question de Bady Abou Jaoude :
Quelles sont les conséquences politiques et sociales de la délocalisation des armes du Hezbollah au nord du Litani ?
Bonjour Bady Abou Jaoude, excellente question !
Le Liban peut-il cohabiter avec les armes du Hezbollah au nord du Litani ? Je ne le crois pas. Et en même temps que faire pour éviter les tensions, voire, dans le pire scénario et à plus long terme, une nouvelle guerre civile ? Cette question doit faire l’objet d’un débat politique au plus vite afin d’éviter le scénario du pire. Il est déjà en train de s’installer au Liban une petite musique qui repose sur le “nous” (les partisans du Hezbollah) et le “eux”. Il faut absolument éviter que ce discours ne prenne de l’ampleur et tenter de réconcilier au plus vite les mémoires et douleurs libanaises.
Cette question nous est posée par JK :
Pourquoi l’armée libanaise est-elle si faible ? Seront-ils capables de mener à bien quoi que ce soit sans l’accord du Hezbollah ?
Bonjour JK, merci d’être là.
On a tendance à sous-estimer les capacités de l’armée libanaise. Sa supposée faiblesse étant toujours mise en exergue pour justifier le maintien de l’armement du Hezbollah. Elle est évidemment sous équipée et ne peut pas faire le poids face à Israël (le Hezbollah non plus) mais dans le contexte actuel, ce qui compte le plus, c’est la volonté politique et non la force de l’armée. Pourra-t-elle agir, sans être en confrontation directe avec le Hezbollah ? Sera-t-elle respectée par l’ensemble des Libanais ? C’est une mission périlleuse.
Nous poursuivons avec Ahmad Benni :
Je suis étudiant, et je souhaiterais savoir si nous avions une visibilité sur la date de reprise des cours en présentiel.
Bonjour Ahmad Benni, merci d’être là et bon courage pour vos études.
Nous allons nous renseigner et essayer d’obtenir une réponse au plus vite.
Laurent Hawath nous demande :
La résolution 1701 prévoit que “le Gouvernement libanais étende son autorité à l’ensemble du territoire libanais, conformément aux dispositions des résolutions 1559 (2004) et 1680 (2006), et aux dispositions pertinentes des Accords de Taëf, afin d’y exercer intégralement sa souveraineté, de sorte qu’aucune arme ne s’y trouve sans le consentement du Gouvernement libanais et qu’aucune autorité ne s’y exerce autre que celle du Gouvernement libanais”
Le Président du Parlement inclut-il cette clause lorsqu'il annonce qu'il y aura une application totale de la résolution 1701, ou considère-t-il qu’elle n’est pas applicable du fait que celle-ci fait référence à la résolution 1559 ?
Bonjour Laurent Hawath, merci pour votre question,
Comme en 2006, chacun lit la résolution 1701 selon ses intérêts. Quand il y fait référence, Nabih Berry n’inclut évidemment pas la 1559. Pendant des années le tandem chiite a joué sur les ambiguïtés, partant du principe que “tout ce que l’on ne voit pas n’existe pas”. Cela n’est plus possible aujourd’hui. L’ont-ils compris ? Je n’en suis pas certain.
Vous êtes très nombreux, et je ne pourrai malheureusement pas répondre à toutes les questions. Merci d’être avec nous, nous poursuivons.
La question suivante nous vient de Hoda Sabbagh :
Pourquoi Netanyahu n'est pas allé jusqu'au bout de son objectif avec le Hezbollah ?
Bonjour Hoda Sabbagh, merci d’être avec nous.
Vous voulez dire, éradiquer le mouvement ? Il n’a pas réussi à annihiler le Hamas après plus d’un an de guerre dans la petite enclave de Gaza, complètement détruite, et je ne pense pas qu’il aurait pu le faire au Liban. L’armée israélienne semble fatiguée et une grande partie des objectifs ont été atteints. Qui parmi les experts, les diplomates, les journalistes, auraient cru il y a quelques mois qu’Israël pouvait infliger une telle gifle au Hezbollah en un laps de temps limité et sans le payer au prix fort ? La guerre n’est toutefois peut-être pas finie. Le cessez-le-feu peut vite se transformer en trêve, une escalade contre l’Iran peut impliquer le Hezbollah, et la stratégie d’asphyxie va prendre des années.
Nous poursuivons avec cette question de Carl Yazbeck :
Le Hezbollah semble s’attribuer une victoire, est-il conscient qu'il doit à présent déposer toutes ses armes ?
Bonjour Carl Yazbeck, merci pour votre question.
Le Liban est en ruines en raison d’une guerre absurde dans laquelle il n’avait rien à gagner et les partisans du Hezbollah célèbrent aujourd’hui la “victoire” du parti. Cela semble surtout être un moyen pour le parti de prouver qu’il est encore là. Je ne pense pas qu’il ait l’intention de déposer ses armes, rien ne l’indique, ce qui risque de provoquer de grandes tensions en interne.
Melinda Kerbaje nous demande :
Qu’adviendra-t-il du Liban et de la rivalité entre Israël et le tandem Hezbollah/Iran avec cet accord ?
Bonjour Melinda Kerbaje, merci d’être avec nous.
Beaucoup de questions complexes en une. Je vais essayer de faire court. Les sceptiques, dont je fais partie, vous diront que le Liban va se syrianiser, c’est à dire que la guerre va s’arrêter sans jamais vraiment s’arrêter, qu’Israël va intervenir à sa guise, que les zones détruites ne vont pas être reconstruites et qu’il va progressivement perdre encore plus de son intérêt auprès de ses derniers amis. Les optimistes pourraient rétorquer que l’affaiblissement du Hezbollah et la nouvelle configuration géopolitique ouvrent le jeu et pourraient permettre de poser les jalons d’un État souverain.
Élie Fayad a analysé la situation pour essayer de comprendre quelle direction prendra le Liban avec cette trêve.
Voici la question de Paul-René Safa :
Les USA et la France ont-ils l'intention de contraindre le Hezbollah à déposer les armes, condition sine qua non pour rétablir une souveraineté réelle sur les 10452 km2 ?
Bonjour Paul-René Safa, merci d’être là.
Il est clair qu’Israël et les Etats-Unis comptent essayer d’asphyxier le Hezbollah en coupant la frontière avec la Syrie et en contrôlant le port et l’aéroport afin de s’assurer qu’il ne soit plus approvisionné en armes et en argent. Cela suffira-t-il pour autant à le contraindre à déposer ses armes ? Je ne le crois pas. Le risque est que le Liban se retrouve sous une forme de double tutelle avec le couple israélo-américain au sud et le tandem chiite au nord. La guerre n’est toutefois pas terminée et il sera beaucoup plus difficile pour le Hezbollah de s’imposer face aux autres parties que par le passé. Benjamin Netanyahu a justifié la conclusion d’un cessez-le-feu notamment par sa volonté de se “concentrer” sur l’Iran, ce qui pourrait avoir un fort impact sur le Liban. Par ailleurs, il n’est pas exclu que les formations libanaises tentent une négociation interne avec le Hezbollah pour essayer de régler la question de son armement, même si ce sera loin d’être aisé.
La prochaine question nous est posée par Jean-Marc Fahed :
Les compagnies aériennes vont-elles recommencer à circuler normalement, et si oui, dans combien de temps ?
Bonjour Jean-Marc, merci pour votre question
Nous ne le savons pas pour le moment. Mais nous pouvons supposer que si le cessez-le-feu est effectivement respecté pendant un certain laps de temps, elles ne vont pas tarder à circuler à nouveau, d’autant que les fêtes approchent à grand pas. Nous allons essayer d’en savoir plus au plus vite.
Nous commençons avec une question de J-M Z :
Que sait-on des termes de l'accord de cessez-le-feu ? Et surtout, est-ce que cela implique le départ de l'armée israélienne du Liban ?
Bonjour JMZ, merci d’être avec nous ce matin,
Les termes de l’accord n’ont pas été rendus publics. Cela dit, L’Orient-Le Jour en a révélé les principaux points hier. Les forces armées israéliennes doivent, si tout se passe bien, se retirer dans les soixante jours, tandis que l’armée libanaise doit se déployer au Liban-Sud. Plusieurs zones d’ombres persistent toutefois : à quel point l’annexe israélo-américaine, qui ne figure pas dans l’accord, donne-t-elle le droit à Israël d’intervenir à sa guise au Liban ? Benjamin Netanyahu a affirmé hier que l’État hébreu conservait toute sa liberté, ce que n’a pas dit pour sa part le président américain Joe Biden. Deuxième zone grise : quel sera exactement le rôle du comité de surveillance et cela implique-t-il un déploiement de troupes américaines, même en nombre limité, au Liban ? Troisième interrogation : comment contrôler tout ce qui va se passer durant ces soixante jours ? Qui va empêcher les habitants du sud de rentrer dans leurs villages, au moins pour constater les dégâts ? Qui va faire le tri entre les habitants et les combattants ? Qui va s’assurer du démantèlement des infrastructures du Hezbollah au Liban-Sud ? A priori, c’est à l’armée libanaise qu’incombe cette lourde et complexe tâche.
Bonjour,
Nous allons débuter cette nouvelle session de questions réponses avec notre co-rédacteur en chef, Anthony Samrani.
Pour rappel, vous pouvez envoyer vos questions à l’adresse suivante : livechatolj@lorientlejour.com
Bonjour,
Aujourd'hui à 11h, heure de Beyrouth, notre co-rédacteur en chef Anthony Samrani répondra ici à toutes vos questions sur l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah acté cette nuit, et sur son application au Liban.
Vous pouvez d’ores et déjà les envoyer à l’adresse suivante : livechatolj@lorientlejour.com
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