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Politique - Guerre Au Liban

En visite dans un Liban « au bord de l'effondrement », Borrell appelle à un cessez-le-feu

Beyrouth « compte sur le soutien de l'Europe pour l'aider politiquement et économiquement et pour renforcer le rôle de l'armée », affirme Nagib Mikati. 

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borell (g.), reçu par le Premier ministre libanais sortant, Nagib Mikati, à Beyrouth, le 24 novembre 2024. Photo Bureau de presse de Nagib Mikati

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borell, en visite à Beyrouth, a appelé dimanche à un « cessez-le-feu immédiat » entre Israël et le Hezbollah au Liban, pays « au bord de l'effondrement ».

« Depuis deux mois, comme aujourd'hui, nous ne voyons qu'une seule voie possible : un cessez-le-feu immédiat et l'application intégrale de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies », a déclaré M. Borell à l'issue d'une rencontre avec le président du Parlement libanais, Nabih Berry. Il a également « salué les efforts déployés par les États-Unis et la France » pour faire avancer les discussions.

Répondant à une question d'un journaliste, il a qualifié « d'occasion manquée » la phase de discussions pour un cessez-le-feu qui a failli aboutir à la fin septembre dernier, avant d'être finalement refusée par Israël, qui a ensuite assassiné l'ancien secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, dans une frappe aussi massive que meurtrière le 27 septembre dernier. Or, le Hezbollah avait informé les autorités libanaises de son accord pour un cessez-le-feu avec Israël le jour même.

La résolution 1701, qui a mis fin en 2006 à la précédente guerre entre Israël et le Hezbollah, stipule que seuls l'armée libanaise et les Casques bleus de l'ONU soient déployés à la frontière sud du Liban. Ce qui implique un retrait du Hezbollah, mais aussi celui des soldats israéliens qui y mènent une offensive terrestre depuis le 30 septembre.

À ce propos, Josep Borrell a aussi « salué le travail accompli par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), qui joue un rôle clé dans un environnement de plus en plus difficile ». Il a rappelé que, parmi « plus de 10 000 hommes et femmes déployés », une trentaine ont été blessés, dont « quatre Italiens, blessés il y a quelques jours seulement ». « Les attaques contre la Finul sont totalement inacceptables. (Elle) bénéficie du ferme soutien de l'UE », a insisté le chef de la diplomatie européenne.

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« Faire pression » sur Israël

« Nous devons faire pression sur le gouvernement israélien et maintenir la pression sur le Hezbollah pour qu'ils acceptent la proposition américaine de cessez-le-feu », a dit M. Borrell. Cette proposition en 13 points prévoyant une trêve de 60 jours et le déploiement de l'armée dans le sud du Liban, a été discutée par l'émissaire américain Amos Hochstein qui a fait la navette plus tôt cette semaine entre le Liban et Israël. Mais aucun résultat n'a été annoncé et la cadence des frappes israéliennes principalement contre la banlieue sud de Beyrouth, le Liban-Sud et la Békaa s'est accélérée après sa mission.

« En septembre, je suis venu et j'espérais encore que nous pourrions empêcher une guerre ouverte d'Israël contre le Liban. Deux mois plus tard, le Liban est au bord de l'effondrement », a-t-il déclaré aux journalistes à Aïn el-Tiné.

M. Borrell s'était auparavant entretenu avec le Premier ministre libanais sortant, Nagib Mikati, au domicile de ce dernier. M. Mikati a insisté, lors de l'entretien, sur la nécessité que l'UE fasse pression « pour mettre fin à l'agression israélienne contre le Liban et parvenir à un cessez-le-feu ». Il a également affirmé que Beyrouth « compte sur le soutien de l'Europe pour l'aider politiquement et économiquement et pour renforcer le rôle de l'armée ».

Unrwa et mandats de la CPI

Lors de la conférence de presse qui a suivi sa réunion avec Nabih Berry, Josep Borrell a également réitéré le soutien de l'UE à l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) « qui joue un rôle irremplaçable à Gaza, mais aussi au Liban », alors qu’Israël a voté de manière précoce une loi bannissant l'Unrwa et interdisant toute entreprise en Israël de traiter avec elle.

Le responsable européen a poursuivi : « Les services que l'Unrwa assure à un demi-million de réfugiés palestiniens ne peuvent être fournis par personne d'autre. Nous condamnons la loi adoptée par la Knesset et continuons d'exhorter le gouvernement israélien à ne pas appliquer cette décision ».

M. Borrell a ensuite abordé la situation dans l'enclave palestinienne : « J'ai appelé la communauté internationale à agir pour mettre fin à cette guerre et au massacre à Gaza. Hier, j'en ai parlé avec le secrétaire général des Nations unies (Antonio Guterres, interdit de voyager en Israël), et je réitère aujourd'hui l'appel que je lui ai lancé pour faire cesser le massacre à Gaza ».

Josep Borrell a par ailleurs défendu la décision de la Cour pénale internationale, qui a lancé des mandats d’arrêts contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, et le chef de la branche armée du Hamas Mohammed Daïf accusés de crimes de guerre. « Les décisions de la Cour pénale internationale ne sont pas politiques. Elles sont prises conformément au droit international. Elles doivent s'appliquer à tout le monde. Et nous soutenons fermement la Cour", a-t-il dit, alors que la décision a provoqué de véhémentes réactions dans les milieux proches du gouvernement Netanyahu et ses alliés à l’étranger. Le sénateur américain Tom Cotton a notamment menacé la CPI d'une action militaire après l'émission des mandats d'arrêt.

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borell, en visite à Beyrouth, a appelé dimanche à un « cessez-le-feu immédiat » entre Israël et le Hezbollah au Liban, pays « au bord de l'effondrement ».« Depuis deux mois, comme aujourd'hui, nous ne voyons qu'une seule voie possible : un cessez-le-feu immédiat et l'application intégrale de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies », a déclaré M. Borell à l'issue d'une rencontre avec le président du Parlement libanais, Nabih Berry. Il a également « salué les efforts déployés par les États-Unis et la France » pour faire avancer les discussions.Répondant à une question d'un journaliste, il a qualifié « d'occasion manquée » la phase de discussions pour un cessez-le-feu qui a failli aboutir à la fin septembre...
commentaires (5)

Le devoir d’ingérence humanitaire doit s’appliquer au pauvre Liban

Sam

09 h 49, le 25 novembre 2024

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Commentaires (5)

  • Le devoir d’ingérence humanitaire doit s’appliquer au pauvre Liban

    Sam

    09 h 49, le 25 novembre 2024

  • Vu comme les barbus disposent du Liban et des Libanais au nom de l'Iran , d'une soit disant unité du front qu'ils vendent comme nouveau concept tout en voulant nous faire gober qu'ils sont une résistance, le Liban s'est effondré depuis belle lurette.

    Zeidan

    20 h 11, le 24 novembre 2024

  • Le Liban s'est deja effondré M.Borrel

    Moi

    16 h 24, le 24 novembre 2024

  • Tel le Bolchoï de Moscou les ballets diplomatiques remplissent un espace mais ne produisent pas grand chose.

    AntoineK

    14 h 22, le 24 novembre 2024

  • Je vous en prie pas de cessez le feu avant un accord complet incluant l’arrêt des frappes et le retrait d’Israël en contrepartie du retrait Iranien c’est à dire de la remise des armes de la milice et de l’élection d’un chef de l’état volontaire et indépendantiste.

    Liban Libre

    13 h 51, le 24 novembre 2024

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