Le président du Parlement libanais, Nabih Berry (d.), recevant l'émissaire américain Amos Hochstein et l'ambassadrice américaine au Liban, Lisa Johson, à Aïn el-Tiné, le 20 novembre 2024. Photo L'OLJ
L'émissaire américain Amos Hochstein, chargé de la médiation visant à mettre en place un cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël, a affirmé depuis Aïn el-Tiné, où il s'est entretenu avec le président du Parlement, Nabih Berry, qui mène les négociations du côté libanais, que les pourparlers avaient connu de nouvelles « avancées positives ». Il s’est ensuite rendu à Tel-Aviv, où il a atterri en milieu de soirée, selon les médias israéliens.
« Nous avons fait des progrès supplémentaires (...), je vais me rendre dans quelques heures en Israël pour tenter de conclure cela si possible », a déclaré Amos Hochstein après un entretien avec le président du Parlement, Nabih Berry, qui fait la liaison avec le Hezbollah.
M. Hochstein avait déjà été reçu mardi par le chef du Législatif. Il avait alors affirmé qu'une solution était « à portée de main » pour mettre un terme à la guerre. Selon le journaliste du site Axios Barak Ravid, qui citait les autorités israéliennes, M. Hochstein s'entretiendra jeudi avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Resté à Beyrouth après une première tournée auprès des responsables mardi, l'émissaire s'était entretenu dans la matinée avec l'ancien président libanais Michel Aoun, à son domicile de Rabieh, selon un message sur X de l'ex-chef d'Etat. Lors de la réunion, le diplomate américain « a tenu M. Aoun au courant de l'état des négociations pour un cessez-le-feu ». Les deux hommes ont échangé des « idées et suggestions » sur la façon dont peuvent être « renforcés les droits du Liban et le rôle de l'armée libanaise ».
Geagea insiste sur les résolutions 1559, 1680 et 1701
Mardi soir, après s'être entretenu notamment avec Nabih Berry, le Premier ministre sortant, Nagib Mikati et le commandant en chef de l'armée libanaise Joseph aoun, Amos Hochstein a été reçu à dîner à Meerab par le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. Ce dernier a martelé que « toute solution qui n’est pas basée sur l’application des résolutions internationales 1559, 1680, 1701 et des clauses pertinentes de l’accord de Taëf, ne sera d’aucune utilité pour le Liban ». Les résolutions 1680 et 1701 ont toutes deux été approuvées en 2006. La première porte sur le tracé de la frontière terrestre entre le Liban et la Syrie et la seconde, qui a mis fin à la guerre de Juillet 2006, prévoit notamment le retrait du parti chiite des zones au sud du Litani. La 1559, elle, date de 2004 et appelle au désarmement des « milices libanaises et non libanaises ». Amos Hochstein a quant à lui informé M. Geagea de l’avancée des négociations qu'il mène pour parvenir à un cessez-le-feu et des mécanismes de mise en œuvre de la résolution 1701. Il a précisé qu’il attendait des réponses de la partie libanaise à transmettre à Israël en cas d’éléments positifs sérieux sur lesquels s’appuyer.
La réunion a eu lieu en présence de l’ambassadrice des États-Unis, Lisa Johnson, de la députée Sethrida Geagea, épouse du chef des FL, et de l’ancien ministre Richard Kouyoumjian, responsable des relations extérieures au sein des FL, rapporte l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).
Un an après l’ouverture d’un front de soutien à Gaza par le Hezbollah au Liban-Sud, le 8 octobre 2023, au lendemain de l’attaque du mouvement palestinien Hamas sur le territoire israélien, et des échanges de tirs transfrontaliers par les deux belligérants, l’armée israélienne est passée à la vitesse supérieure, élevant l’intensité des bombardements sur le Liban-Sud, la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth. Des frappes récentes ont même touché des quartiers de Beyrouth épargnés jusque-là. Le conflit a déjà fait 3 544 morts et 15 036 blessés au Liban, selon les derniers chiffres du ministère libanais de la Santé publiés mardi.



Soyons optimiste, Satanyahou fera semblant d'accepter
17 h 49, le 20 novembre 2024