Majed Al-Ansari, porte-parole du ministre des Affaires étrangères du Qatar. Ministère des Affaires étrangères du Qatar
Les négociateurs du Hamas ne sont pas présents « actuellement » à Doha mais le bureau du mouvement islamiste palestinien n'est pas fermé « définitivement », a déclaré mardi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.
« Les dirigeants du Hamas qui font partie de l'équipe de négociation ne sont pas à Doha et ils se déplacent entre différentes capitales », a indiqué Majed Al-Ansari.
« Le bureau du Hamas a été ouvert pour le processus de médiation. Evidemment, lorsqu'il n'y a pas de processus de médiation, le bureau ne fonctionne pas », a-t-il ajouté avant d'affirmer qu'il n'était pas « définitivement fermé ».
« Toute décision de fermer définitivement le bureau vous sera communiquée directement d'ici », a encore déclaré le porte-parole.
Le Qatar, aux côtés des Etats-Unis et de l'Egypte, était engagé depuis des mois dans des négociations en vue d'une trêve dans la bande de Gaza.
Mais l'Etat du Golfe, qui accueille le bureau politique du Hamas depuis 2012 avec la bénédiction de Washington, a récemment annoncé qu'il suspendait sa médiation.
« Le processus de médiation est suspendu à moins que nous revenions sur cette décision, si nous constatons des positions (sérieuses) des deux parties » (Hamas et Israël), a affirmé M. Ansari.
Il a refusé de répondre à la question de savoir si Doha avait demandé au Hamas de quitter le Qatar.
Un haut responsable du Hamas a indiqué mardi à l'AFP qu'une délégation dirigée par le négociateur en chef du groupe, Khalil Al-Hayya, était « en mission à l'extérieur du Qatar » et n'était pas retournée dans ce pays.
En Turquie
S'exprimant sous le couvert de l'anonymat, ce responsable a réfuté les informations selon lesquelles le groupe palestinien avait été prié de partir, affirmant qu' « aucune partie n'avait demandé au Hamas de quitter un pays où des dirigeants du Hamas sont présents, y compris le Qatar ».
Une deuxième source proche du Hamas a déclaré que des représentants du mouvement, y compris Khalil Al-Hayya, se trouvaient en Turquie. Ils ont reçu une invitation « pour discuter de propositions et d'idées liées à l'arrêt de la guerre et à l'échange de prisonniers », des efforts « entravés » par Israël, a-t-il dit.
Plusieurs médias ont rapporté que les Etats-Unis avaient demandé au Qatar d'expulser le Hamas.
Et lundi, le département d'Etat a estimé qu'aucun pays ne devrait accueillir des cadres du Hamas.
« Nous venons de prendre connaissance ces derniers jours de ces informations selon lesquelles ils ont déménagé en Turquie. Nous dirons clairement au gouvernement turc, comme nous l'avons fait pour tous les pays du monde, qu'il n'est plus possible de faire comme si de rien n'était avec le Hamas », a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Matthew Miller.
Depuis le début de la guerre à Gaza, une seule et unique trêve a vu le jour en novembre 2023 et permis la libération de plus de 100 otages, emmenés à Gaza lors de l'attaque du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023, en échange de prisonniers palestiniens détenus par Israël.
Plus tôt en novembre, le Hamas a rejeté une proposition de trêve à court terme de l'Egypte et du Qatar, car elle n'offrait pas de cessez-le-feu durable.
Israël a promis à maintes reprises qu'il n'arrêterait pas les combats tant qu'il n'aurait pas atteint ses objectifs: anéantir le Hamas et ramener les otages chez eux.


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