Rechercher
Rechercher

Politique - Diplomatie

Le ministre égyptien des AE appelle à découpler élection présidentielle au Liban et cessez-le-feu

« Nous condamnons l'agression (israélienne) et poursuivons nos contacts pour y mettre fin », a assuré le chef de la diplomatie égyptienne, de passage à Beyrouth.

Le ministre égyptien des AE appelle à découpler élection présidentielle au Liban et cessez-le-feu

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdel Aati , s'exprime lors d'une conférence de presse après avoir rencontré le président du Parlement libanais, Nabih Berri, à Beyrouth, le 13 novembre 2024. Photo Mohamed Azakir/Reuters

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdel Aati, arrivé mercredi à Beyrouth pour une visite « dont le seul but est de stopper l'agression israélienne honteuse au Liban le plus vite possible », a rejeté toute pression extérieure qui conditionnerait l’élection d’un président de la République par l’instauration d’un cessez-le-feu au Liban, tout en appelant les Libanais à ne pas attendre la fin de la guerre pour remplir ce poste vacant depuis octobre 2022. « Il est très important pour le Liban d’avoir un président dans ces circonstances difficiles. Nous rejetons en revanche toute pression extérieure dans ce dossier et réitérons aussi notre refus que le cessez-le-feu soit une condition préalable » au déblocage de cette échéance, a-t-il martelé, en allusion au blocage par le tandem chiite Hezbollah-Amal du scrutin. « Il s'agit là de positions claires de l'Égypte et nous soulignons une fois de plus que ce dossier appartient aux Libanais », a-t-il insisté dans ce qui semble être une critique des pressions menées par l'Occident dans ce sens.


Arrivé dans un avion apportant au Liban des aides humanitaires, le chef de la diplomatie égyptienne a affirmé que « l'Égypte se tient pleinement aux côtés du Liban et lui apporte tout le soutien possible ». « Nous sommes en contact avec toutes les parties internationales et régionales, et de manière quotidienne avec les États-Unis, la France, l'Union européenne et nos partenaires arabes pour stopper cette agression. »

Le Liban traverse une période de vacance présidentielle depuis le 31 octobre 2022. Son gouvernement expédie les affaires courantes et son Parlement, profondément divisé sur les questions de l’arsenal du Hezbollah et de la stratégie de défense notamment, ne parvient pas à se réunir.

Lire aussi

Entre Berry et les FL, un peu plus que le service minimum

Réunion chez Joseph Aoun

Reçu par le patron de la troupe, Joseph Aoun, le responsable égyptien a fait part de « l’engagement de l’Egypte à soutenir l’armée libanaise ». Il a ensuite été reçu par le président du Parlement, Nabih Berry, à Aïn el Tiné. Une visite à l’issue de laquelle il a insisté sur la nécessité « d’élire un président consensuel » et de « mettre en oeuvre la résolution onusienne 1701 ». « J'ai assuré au président Berry que la priorité des initiatives égyptiennes est la question du cessez-le-feu sans aucune condition », a observé M. Abdel Aati. « Nous condamnons l'agression et poursuivons nos contacts pour y mettre fin. Nous apprécions la sagesse du président Berry en tant que vétéran de la politique libanaise, et soulignons la nécessité de normaliser le travail des institutions de l'État, en particulier la présidence en mettant fin à la vacance », a-t-il ajouté, insistant encore une fois sur le fait que « l'issue à la crise ne devrait pas être conditionnée par le cessez-le-feu ».

Des prises de position que M. Abdel Aati a réitérées auprès du Premier ministre sortant Nagib Mikati, insistant sur « le refus ferme de tout diktat extérieur » sur le Liban. Selon un communiqué du Sérail, le chef de la diplomatie égyptienne a affirmé qu'« aucune nation ou entité extérieure n’a le droit d’imposer au peuple libanais son prochain président ». Il a appelé à l'élection d'un « président consensuel, bénéficiant du soutien de toutes les communautés libanaises. La présidence libanaise ne devrait pas être une condition pour l'arrêt des hostilités », a-t-il martelé. Il a aussi assuré que l'Égypte poursuivait ses « échanges avec les États-Unis, les Européens, (ses) frères arabes, et toutes les parties internationales, y compris la Chine et la Russie, afin d’obtenir un cessez-le-feu immédiat ».

M. Mikati a pour sa part réaffirmé que « la priorité pour le Liban est de mettre fin à l'agression israélienne continue contre les régions libanaises et aux massacres commis par l'ennemi israélien ». Il a souligné « l'importance de privilégier une solution pacifique basée sur l'application de la résolution 1701 et d'obliger l'ennemi israélien à la mettre en œuvre dans son intégralité ». Il a ajouté que « le Liban refuse toute condition qui constituerait un dépassement de la 1701 », en insistant sur « l'engagement du gouvernement à renforcer la présence de l'armée dans le Sud en coopération avec les forces des Nations unies ».

Le diplomate égyptien s'est également entretenu avec l'ancien chef du Parti socialiste progressiste, le leader druze Walid Joumblatt, ainsi que le ministre sortant des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib et le mufti de la République, Abdellatif Deriane. Il s'est aussi entretenu au téléphone avec le patriarche maronite Béchara Raï.

Le Liban est sous le feu israélien depuis le 8 octobre 2023, au lendemain de l’attaque du Hamas contre Israël depuis Gaza. Le Hezbollah avait alors annoncé l’ouverture d’un front de soutien à Gaza, depuis le Liban-sud. L’agression israélienne au Liban est montée en intensité depuis la mi-septembre. Depuis le 8 octobre 2023, le conflit a déjà fait 3 287 tués et 14 222 blessés au Liban.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdel Aati, arrivé mercredi à Beyrouth pour une visite « dont le seul but est de stopper l'agression israélienne honteuse au Liban le plus vite possible », a rejeté toute pression extérieure qui conditionnerait l’élection d’un président de la République par l’instauration d’un cessez-le-feu au Liban, tout en appelant les Libanais à ne pas attendre la fin de la guerre pour remplir ce poste vacant depuis octobre 2022. « Il est très important pour le Liban d’avoir un président dans ces circonstances difficiles. Nous rejetons en revanche toute pression extérieure dans ce dossier et réitérons aussi notre refus que le cessez-le-feu soit une condition préalable » au déblocage de cette échéance, a-t-il martelé, en allusion au blocage par le tandem...
commentaires (3)

La position egyptienne de découpler l'élection présidentielle de la resolution de la guerre est essentielle et logique. Malheureusement l'essentiel et la logique ne sont pas dans le dictionnaire de certains huberlus au liban.

Wlek Sanferlou

14 h 16, le 14 novembre 2024

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • La position egyptienne de découpler l'élection présidentielle de la resolution de la guerre est essentielle et logique. Malheureusement l'essentiel et la logique ne sont pas dans le dictionnaire de certains huberlus au liban.

    Wlek Sanferlou

    14 h 16, le 14 novembre 2024

  • Bien entendu, il n’y a, en principe, aucun lien entre les deux Mais le Hezbollah veut garder cette carte en main en vue des futures négociations. Il serait donc très important de la lui retirer des mains. Comme je l’ai écrit ailleurs, selon la Constitution, 65 députés pourraient se réunir et élire un président, sans l’aval de Berry. Mais, 65 députés, à la fois courageux et patriotes, ça existe, au Liban?

    Yves Prevost

    08 h 06, le 14 novembre 2024

  • Les égyptiens feraient mieux de s’atteller à résoudre leurs propres problèmes ou de tenter de récupérer un bout de leurs territoires spoliés au lieu de nous donner des conseils à tout va .

    Hitti arlette

    16 h 26, le 13 novembre 2024

Retour en haut