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L'extrême droite française embarrassée à l'idée de soutenir ouvertement Trump

Le refus de Trump d'admettre sa défaite en 2020, l'attaque du Capitole en janvier 2021, ses outrances sexistes, racistes ou complotistes rendent aujourd'hui l'exercice plus délicat pour le RN, qui cherche à lisser son image en France.

L'extrême droite française embarrassée à l'idée de soutenir ouvertement Trump

La présidente du groupe parlementaire du Rassemblement National, Marine Le Pen, lors de la présentation d'un texte du RN visant à abroger la réforme des retraites, le 31 octobre 2024. Photo : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Le principal parti français d'extrême droite, le Rassemblement national, se montre beaucoup plus prudent que par le passé pour soutenir ouvertement Donald Trump, même si plusieurs personnalités ne cachent pas leur enthousiasme pour le très clivant candidat à la présidentielle américaine. Eric Ciotti, l'ex-patron des Républicains (droite traditionnelle), désormais rallié au Rassemblement national (RN), a ainsi estimé mardi qu'une élection de l'ancien président Donald Trump « serait plus profitable pour les équilibres économiques et politiques » du monde.

Critiquant « la dérive vers la gauche et l'ultra-gauche » des démocrates américains, selon lui partisans d'une « immigration irrégulière de masse » et d'un « wokisme terrifiant », M. Ciotti se dit « cohérent » avec son positionnement national. Une façon pour lui de lancer une pique au dirigeant du RN Jordan Bardella.

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En 2016, la figure de proue du parti, Marine Le Pen, avait ouvertement milité pour Donald Trump dont le discours antisystème, anti-immigration et protectionniste, faisait écho à celui du Front national, devenu Rassemblement national deux ans plus tard. « Si j'étais Américaine, je voterais tout sauf Hillary Clinton », avait-elle notamment déclaré.

Des outrances sexistes et racistes qui ne servent pas les intérêts du RN

Rebelote en 2020. « Si Joe Biden était élu, ce serait une véritable catastrophe », avait-elle affirmé, envoyant une délégation de son parti au dernier meeting de Donald Trump. Mais rien d'aussi manifeste pour l'élection de 2024. « Je suis Français, je ne me prononce jamais sur les élections étrangères », a répété mardi le député RN Jean-Philippe Tanguy.

Le soutien du Rassemblement national est devenu beaucoup plus allusif. « Donald Trump défend l'intérêt des Américains et défend une forme de fierté américaine. Et j'aime ce patriotisme », a ainsi déclaré la semaine dernière Jordan Bardella. Et Jean-Philippe Tanguy d'épingler « les médias » qui tenteraient « de faire peur aux Français en présentant Trump comme une espèce de nouveau fasciste, en présentant Kamala Harris comme le messie ».

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Mais le refus de Trump d'admettre sa défaite en 2020, l'attaque du Capitole en janvier 2021, ses outrances sexistes, racistes ou complotistes rendent aujourd'hui l'exercice plus délicat pour un parti qui cherche à lisser son image en France en vue d'accéder au pouvoir. « Je respecterai le vote des électeurs américains », a ainsi affirmé Jordan Bardella, sous-entendant que son parti n'irait pas dans la contestation des résultats déjà annoncée en cas de défaite du candidat républicain.

Une majorité d'électeurs RN pour Harris

Pour Mathieu Gallard, directeur d'études chez Ipsos, « les dirigeants du RN n'ont pas intérêt à trop s'approcher ou à trop s’éloigner de Trump, parce que peut-être qu'une partie de leur électorat le plus radicalisé est pro-Trump, mais clairement pas tous leurs électeurs ».

De fait, selon un sondage Elabe publié le 30 octobre, seuls 13% des Français souhaitent une victoire de Donald Trump contre 64% de Kamala Harris. Et, même parmi les électeurs RN, ils ne sont que 30% a être favorables au candidat républicain contre 46% pour la vice-présidente. « Une partie de leurs nouveaux éléments jugent que Trump va trop loin. Dans ce contexte, c'est difficile pour le RN de prendre position », juge-t-il. 

Le soutien au milliardaire américain, est en revanche beaucoup plus décomplexé chez le petit parti Reconquête! Le président de cette formation d'extrême droite Eric Zemmour, écrivain à succès et ex-journaliste, s'était targué d'un échange téléphonique avec Trump lors de la campagne pour la présidentielle française de 2022 où il a remporté 7% des suffrages au premier tour. Sarah Knafo, eurodéputée de ce parti, prend Donald Trump comme modèle pour la droite conservatrice française et a assisté à l'un des derniers meetings du candidat républicain, en Pennsylvanie. Elle soutient sur X le « candidat de l'identité nationale et de la paix », celui qui « défend la liberté d'expression aux côtés d'Elon Musk contre tous les censeurs ».

Le principal parti français d'extrême droite, le Rassemblement national, se montre beaucoup plus prudent que par le passé pour soutenir ouvertement Donald Trump, même si plusieurs personnalités ne cachent pas leur enthousiasme pour le très clivant candidat à la présidentielle américaine. Eric Ciotti, l'ex-patron des Républicains (droite traditionnelle), désormais rallié au Rassemblement national (RN), a ainsi estimé mardi qu'une élection de l'ancien président Donald Trump « serait plus profitable pour les équilibres économiques et politiques » du monde.

Critiquant « la dérive vers la gauche et l'ultra-gauche » des démocrates américains, selon lui partisans d'une « immigration irrégulière de masse » et d'un « wokisme...
commentaires (1)

Lorsqu’un politicien souverainiste défend son pays, la france le critique. Les français sont complexés sur ce point. Cela fait des décennies qu’on leur biberonne ( via les medias fr) depuis la naissance la détestation de ces mots comme « souverainiste » « croyance chrétienne » « patriotisme » et que c’est honteux, ringard, réac( terme utilisé souvent). En revanche, on les abreuve de « laisser aller » « wokisme », écologie », « LGBT »… A tel point que ce genre de complexe a atteint d’autres pays et personnes en contact avec les médias français.Merci de publier SVP

LE FRANCOPHONE

10 h 05, le 06 novembre 2024

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Commentaires (1)

  • Lorsqu’un politicien souverainiste défend son pays, la france le critique. Les français sont complexés sur ce point. Cela fait des décennies qu’on leur biberonne ( via les medias fr) depuis la naissance la détestation de ces mots comme « souverainiste » « croyance chrétienne » « patriotisme » et que c’est honteux, ringard, réac( terme utilisé souvent). En revanche, on les abreuve de « laisser aller » « wokisme », écologie », « LGBT »… A tel point que ce genre de complexe a atteint d’autres pays et personnes en contact avec les médias français.Merci de publier SVP

    LE FRANCOPHONE

    10 h 05, le 06 novembre 2024

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