L'explosion au port de Beyrouth, le 4 août 2020. Photo Carla Henoud / L'OLJ
L'association des familles des victimes de l'explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth ont annoncé lundi qu'elles avaient décidé d'annuler leur manifestation mensuelle en raison de la « situation sécuritaire », sur fond de guerre entre le Hezbollah et Israël.
Ce groupe avait déjà annoncé, en octobre, une décision similaire, près de deux semaines après le début de l'escalade de l'offensive israélienne sur le Liban, le 23 septembre.
La décision d'annuler la manifestation, traditionnellement organisée le 4 de chaque mois vers 18h devant le port, a été prise « en raison de la situation catastrophique que connait notre pays, et au milieu des tragédies continues qui affectent notre peuple », selon un communiqué publié par l'association. « Cette décision n'a pas été facile, mais elle résulte des circonstances actuelles qui nous empêchent d'exprimer efficacement nos demandes. Nous attendons avec impatience que les conditions se stabilisent et que les tribunaux rouvrent normalement afin que nous puissions poursuivre notre quête de justice », ont ajouté les familles. Elles ont souligné qu'elles « n'abandonneront pas leur cause » qui est « juste et légitime ».
L'explosion de grandes quantités de nitrate d'ammonium entreposées dans un hangar du port de Beyrouth a tué au moins 235 personnes et dévasté une grande partie de la capitale. L'enquête sur les causes de cette tragédie, menée par le juge d'instruction Tarek Bitar, a connu de nombreux obstacles, notamment depuis l'annonce de poursuites contre de hauts responsables politiques, judiciaires et sécuritaires, qui ont déposé des recours en série contre le magistrat.
S'exprimant sur la chaîne MTV, William Noun, dont le frère Joe Noun, un pompier, a été tué dans la double explosion, a appelé à ce que l'acte d'accusation soit publié « malgré les circonstances ». Il a accusé le Hezbollah de « bloquer l'enquête en interne », et Israël de « la bloquer à l'international ».
L'autre collectif de familles de victimes, mené par Ibrahim Hoteit et s'opposant au juge Tarek Bitar, a de son côté annoncé dans un communiqué la suspension de sa mobilisation mensuelle, « au vu des circonstances très difficiles que le Liban traverse, notamment dans le Sud, la Békaa et la banlieue » sud de Beyrouth, indique le texte relayé par l'Ani (Agence nationale d'information, officielle).



« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin