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L'Iran exécute un dissident irano-allemand, colère de Berlin


Le dissident iranien naturalisé allemand Jamshid Sharmahd sur une photo tenue par un manifestant à Berlin, le 31 juillet 2023. Photo d'archive AFP/INA FASSBENDER

Les autorités iraniennes ont exécuté lundi le dissident iranien naturalisé allemand Jamshid Sharmahd, arrêté puis emprisonné en 2020, suscitant la réprobation de Berlin contre le "régime inhumain" de Téhéran.

Jamshid Sharmahd, âgé de 69 ans, avait été condamné à mort en février 2023 par un tribunal de Téhéran pour "corruption sur terre", pour son implication présumée dans un attentat contre une mosquée à Chiraz, dans le sud de l'Iran, qui avait fait 14 morts et quelque 300 blessés en avril 2008.

"Après le processus judiciaire et l'approbation finale de la décision par la Cour suprême, Jamshid Sharmahd a été exécuté ce matin", a indiqué Mizan, l'organe de presse du pouvoir judiciaire iranien. L'Iran avait annoncé en août 2020 l'arrestation du dissident qui résidait alors aux Etats-Unis, lors d'une "opération complexe", sans préciser ni où ni comment ni quand il a été arrêté. Selon sa famille, il a été enlevé par les services de sécurité iraniens alors qu'il était en transit à Dubaï (Emirats arabes unis) et ramené de force en Iran.

"Le meurtre de Jamshid Sharmahd montre une fois de plus quel type de régime inhumain règne à Téhéran: un régime qui utilise la mort contre sa jeunesse, sa propre population et les ressortissants étrangers", a déclaré la ministre allemande des Affaires étrangères, ajoutant que Berlin avait fait savoir à plusieurs reprises "que l'exécution d'un ressortissant allemand aurait de graves conséquences". "Cela souligne le fait que personne n'est en sécurité sous le nouveau gouvernement", a aussi avancé Annalena Baerbock en référence à l'administration du président Masoud Pezeshkian, qui a pris ses fonctions en juillet.

Lors de l'annonce de la sentence, l'Allemagne qui avait jugé cette peine "absolument inacceptable" et expulsé en représailles deux diplomates iraniens en poste à Berlin. L'Iran avait pris une mesure similaire à l'encontre de deux diplomates allemands en poste à Téhéran.

Mme Baerbock a aussi exprimé lundi sa "profonde sympathie" pour la famille de Jamshid Sharmahd, "avec laquelle nous avons toujours été en contact étroit".  Elle a déclaré que le gouvernement allemand avait fait des démarches énergiques dans le cas de Sharmahd, l'ambassade d'Allemagne à Téhéran travaillant "sans relâche" en sa faveur et des équipes de haut niveau ayant été envoyées de Berlin à plusieurs reprises.

Mariam Claren, la fille d'un autre Irano-Allemand détenu par Téhéran, a toutefois déclaré sur X que "ce meurtre d'État aurait pu être évité si le gouvernement allemand l'avait vraiment voulu".

Exécution de binationaux

"L'exécution de Jamshid Sharmahd est le meurtre extrajudiciaire d'un otage", a déclaré de son côté Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de l'ONG de défense des droits humains Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège.

Une autre ONG, le Centre européen pour les droits humains et constitutionnels, a qualifié cette exécution de "choquante". "C'est une nouvelle illustration de la faiblesse de ce gouvernement, qui n'autorise pas la justice puisque Jamshid Sharmahd n'a pas eu un procès juste et une défense indépendante", a déclaré Wolfgang Kaleck, secrétaire général de l'ONG.

Né à Téhéran, Jamshid Sharmahd a émigré en Allemagne dans les années 1980 et a vécu à partir de 2003 aux Etats-Unis. Il s'était notamment illustré par des déclarations hostiles à la République islamique sur des chaînes satellitaires en persan. Jamshid Sharmahd était également accusé de diriger le groupe Tondar, qualifié d'organisation "terroriste" par l'Iran. Tondar ("Tonnerre", en persan), également connu sous le nom d'Association monarchiste d'Iran, affirme vouloir renverser la République islamique.

La justice iranienne reprochait également à Jamshid Sharmahd d'avoir établi des contacts avec des "officiers du FBI et de la CIA" et d'avoir "tenté de contacter des agents du Mossad israélien".

Ces dernières années, l'Iran, qui ne reconnaît pas la double nationalité pour ses ressortissants, a exécuté plusieurs binationaux, comme en mai 2023 le dissident irano-suédois Habib Chaab, condamné à mort pour "terrorisme" et reconnu coupable d'avoir dirigé un groupe séparatiste arabe. L'an dernier encore, Téhéran avait provoqué une vague d'indignation internationale en exécutant un ancien responsable de la Défense, l'Irano-Britannique Alireza Akbari, reconnu coupable d'espionnage.

Plusieurs autres Européens sont toujours détenus en Iran, notamment au moins trois Français. Selon IHR, au moins 627 personnes ont été exécutées depuis le début de l'année en Iran.


Les autorités iraniennes ont exécuté lundi le dissident iranien naturalisé allemand Jamshid Sharmahd, arrêté puis emprisonné en 2020, suscitant la réprobation de Berlin contre le "régime inhumain" de Téhéran.

Jamshid Sharmahd, âgé de 69 ans, avait été condamné à mort en février 2023 par un tribunal de Téhéran pour "corruption sur terre", pour son implication présumée dans un attentat contre une mosquée à Chiraz, dans le sud de l'Iran, qui avait fait 14 morts et quelque 300 blessés en avril 2008.

"Après le processus judiciaire et l'approbation finale de la décision par la Cour suprême, Jamshid Sharmahd a été exécuté ce matin", a indiqué Mizan, l'organe de presse du pouvoir judiciaire iranien. L'Iran avait annoncé en août 2020...