Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, le 14 octobre 2024. Photo tirée de son compte X
Le chef des Forces libanaises semble convaincu que le conflit entre le Hezbollah et Israël se terminera d’une « manière claire », avec un vainqueur et un vaincu, selon des propos accordés lundi au site web de la chaîne locale MTV. Cette position a valu au leader chrétien une nouvelle vague d’accusations sur les réseaux sociaux, selon lesquelles il miserait sur une défaite du Hezbollah afin de voir son influence politique se réduire sur la scène interne. Ce que les FL démentent, affirmant que l’important est dans la poursuite du forcing pour l’application de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité, qui avait mis fin à la guerre entre le parti chiite et l’État hébreu, et surtout d’élire un nouveau président de la République dans les plus brefs délais, même avant que les canons ne se taisent.
Dans son interview, le leader des FL s’est exprimé au sujet de l’issue du conflit. « Je suis optimiste. Ce conflit devrait se terminer d’une manière claire », a-t-il déclaré. Expliquant son constat, Samir Geagea a souligné que les récentes prises de position sur le triple plan arabe, européen et américain « donnent le sentiment que cette guerre ne se terminera pas d’une manière floue ». Le leader chrétien a évité de donner plus de détails sur sa vision quant à la fin de la guerre. Mais ses déclarations interviennent une semaine après une précédente interview accordée à la même chaîne (connue pour son opposition au Hezbollah), lors de laquelle il avait juré « ne pas vouloir voir le Hezbollah vaincu », ni « la communauté chiite brisée ». Y a-t-il donc un petit pas en arrière de la part de Meerab ? « Pas du tout », tranche pour L’Orient-Le Jour le porte-parole des FL, Charles Jabbour. « Nous parions sur l’État libanais et son autorité. Notre souci aujourd’hui, c’est de ne pas revenir à la période d’avant le 7 octobre (2023) une fois les combats terminés », explique-t-il, prenant le soin d’assurer que cela ne signifie pas pour autant que son parti parie sur Israël pour atteindre un objectif quelconque.
Toujours dans le cadre de la guerre, le chef des FL a souligné que « certains responsables qui plaident désormais pour l’application de la 1701 (qui exige notamment le retrait du Hezbollah des zones au sud du Litani) se sont joints à nous et nos demandes, quoique de manière timorée pour garder tous les canaux ouverts ». Une allusion au président de la Chambre, Nabih Berry, et au Premier ministre sortant, Nagib Mikati, qui mènent des contacts diplomatiques en vue d’un cessez-le-feu principalement axé sur la mise en application de cette résolution. « C’est de la version initiale de la 1701 que nous parlons, c’est-à-dire celle incluant la 1559 (adoptée en 2004 et qui exige le « désarmement des milices ») que nous voulons appliquer », précise Charles Jabbour. Si le Liban officiel affirme (au nom du Hezbollah) son attachement à la 1701, il ne veut pas entendre parler de la 1559, bête noire du parti chiite.
Dans son interview de lundi, le chef des FL a également réagi à la polémique suscitée par les récents propos du président du Parlement iranien, Mohammad Ghalibaf, selon lesquels l’Iran serait prêt à négocier avec Paris l’application de la 1701 et selon lesquels le guide suprême, Ali Khamenei, serait un « pilier pour les Libanais ». M. Geagea a salué la position de Nagib Mikati, qui a critiqué les propos de ce responsable iranien, l’accusant d’ingérence. « Elle nous donne espoir quant à la capacité des responsables libanais de prendre des positions justes et fermes », a-t-il dit.
Bassil « m’a fait rire »
Évoquant par ailleurs la présidentielle, le chef des FL a commencé par critiquer le président de la Chambre, élément incontournable dans ce dossier. « Je félicite M. Berry pour avoir convoqué le Parlement à une séance mardi (pour l’élection des présidents et des rapporteurs des commissions parlementaires à l’ouverture de la nouvelle session de la Chambre). Mais il devrait être tout aussi soucieux de convoquer une séance pour élire un chef de l’État, la présidence de la République étant une institution plus importante que les autres », a-t-il dit, soulignant que la situation actuelle exige la convocation d’une séance ouverte avec des tours de vote successifs. Une démarche que Samir Geagea voudrait voir accomplie avant la fin des hostilités. « D’autant plus que c’est justement parce que le pays est en guerre qu’il devrait se doter d’institutions disposant des pleins pouvoirs », a-t-il dit.
Commentant la dernière initiative de son rival chrétien, le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil, pour un déblocage du scrutin, Samir Geagea s’est contenté de dire que la démarche l’a fait « beaucoup rire », dans une allusion à la liste de présidentiables établie par le député de Batroun et qui inclut tous les présidentiables évoqués sur la scène politique, y compris ceux auxquels s’oppose le CPL, notamment M. Geagea et le chef de l’armée Joseph Aoun.



Comme si c’était une insulte que de vouloir se débarrasser de cette milice qui s’est substituée à notre démocratie et nos institutions. Tous les libanais patriotes veulent sa défaite. Alors pourquoi avoir peur de le dire. Qu’à fait cette milice à son pays à part le ruiner, provoquer les guerres et les destructions à répétition sans aucune raison? Nous ne Somme’s pas masochistes alors pourquoi vouloir que le HB s’en sorte vainqueur? Pour continuer a nous mener en enfer à chaque fois que ce pays essaie de sortir la tête hors de l’eau en inventant des excuses pour le noyer.
15 h 33, le 22 octobre 2024