Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, lors de son interview à la chaîne MTV, le 14 octobre 2024. Photo tirée de son compte X
Deux jours après la réunion de Meerab, Samir Geagea a changé de ton. Après avoir lancé, au cours de cette réunion, une nouvelle phase de sa bataille politique contre le Hezbollah en appelant à l'application de la résolution 1559 (2004) du Conseil de sécurité (qui exige le désarmement des milices), un texte dont le parti ne veut pas entendre parler, le chef des Forces libanaises a fait un clin d'oeil à son adversaire dans une interview accordée lundi à la chaîne locale MTV : il a assuré ne pas souhaiter voir le Hezbollah vaincu ou isolé à la fin de la guerre. Mais en même temps, celui qui veut s’ériger en leader de l’opposition est prêt à tout pour contrer ce qu’il appelle « l’hégémonie du Hezbollah sur le pays ». Au point de remettre sur le tapis sa propre candidature à la présidence de la République. Mais Samir Geagea est pragmatique. Il est conscient qu’une telle démarche ne portera pas ses fruits.
« Je ne veux pas voir le Hezbollah sortir vaincu de la guerre en cours. Et nous ne voulons pas que la communauté chiite soit brisée », a déclaré d’emblée le chef des FL, avant d’expliquer : « Nous voulons qu’elle réintègre le cadre libanais, son intérêt étant lié à celui du pays. » « Je n’ai jamais parié sur Israël », a ajouté le leader chrétien, dans une réponse aux accusations lancées contre lui de miser sur le conflit en cours pour voir le Hezbollah affaibli. « Je n’ai jamais appréhendé (la question du) Hezbollah sous l’angle de son arsenal (…). Ce qui a mené le pays là où il est aujourd’hui, c’est que personne ne lui a tenu tête au niveau politique », a déclaré Samir Geagea. Une façon pour lui de critiquer, pour la énième fois, la décision unilatérale du « parti de Dieu » d’entraîner le Liban dans la guerre en soutien au Hamas.
« Des approches divergentes »
Le chef des FL dit n'avoir qu’une priorité : parvenir à un cessez-le-feu à travers la feuille de route annoncée à l’issue de la rencontre de Meerab, qui s’est tenue samedi dernier, en l'absence des chefs de file de l'opposition, qui avaient toutefois dépêché des représentants. Dans ses grandes lignes, ce document appelle à la mise en application de la résolution 1701 (2006) et surtout, de la 1559. Outre les grosses pointures de l’opposition, le Parti socialiste progressiste s’est absenté de l’événement. Une décision que Samir Geagea a expliquée lundi par « des approches divergentes » de la crise actuelle entre Meerab et Moukhtara. « Nous avons envoyé (au leader druze) Walid Joumblatt un projet de communiqué. Mais il a dit que la tonalité est trop élevée pour lui », a révélé le chef des FL. Des informations que Marwan Hamadé, député joumblattiste, confirme à L’Orient-Le Jour. Une façon pour Moukhtara de montrer son approbation du texte dans le fond, sans pour autant en avaliser la forme. « Ce qui nous importe, c’est de garder les chiites (à travers le président de la Chambre, Nabih Berry) au cœur du processus qui devrait mener à un cessez-le-feu et à l’application de la 1701 et l’élection présidentielle, comme le prévoit le communiqué de Aïn el-Tiné », explique M. Hamadé en référence au texte publié à l’issue de la réunion tripartite tenue le 2 octobre entre le chef du législatif, le Premier ministre sortant, Nagib Mikati, et l’ex-leader du Parti socialiste progressiste. « Il est vrai que le communiqué de Aïn el-Tiné évoque subtilement la 1559. Mais nous ne voulons pas la mettre en exergue en ce moment », ajoute le député joumblattiste.
S’attardant par ailleurs sur le dossier de la présidentielle, le chef des FL a évoqué pour la première fois la possibilité de se lancer dans la course pour Baabda. « Si un groupe de députés, notamment du Rassemblement démocratique (joumblattiste) et de la Modération nationale (majoritairement sunnites ex-haririens) appuyaient ma candidature, je serais prêt », a-t-il lancé. Mais une telle éventualité semble lointaine, l’heure étant, pour les joumblattistes notamment, à l’élection d’une figure consensuelle à la tête de l’État. Samir Geagea a réitéré dans ce cadre l’appel à l’élection d’un président qui s’engagerait à appliquer la 1701 et la 1559, affirmant « n’avoir aucun problème si tous les protagonistes s’entendent autour d’un tel candidat ». L'option d'un candidat de troisième voie est associée depuis plusieurs mois au commandant en chef de l’armée, Joseph Aoun, un nom que le leader des FL était un des premiers à proposer en tant que figure consensuelle. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il est disposé à avaliser aveuglement cette option. « Nous avons proposé le nom de Joseph Aoun au vu de son bilan à la tête de l’armée, a-t-il dit. Mais s’il veut se porter candidat, nous devons nous réunir avec lui et nous faire une idée de son programme politique avant de voter pour lui », a ajouté le chef des FL, dans une volonté claire de sonder les intentions politiques du chef de l'armée .



Et qui lui demande son avis? Ca commence les betises! Est-ce pour tenter de se faire elire a la presidence? Il a perdu une occasion de se taire!
12 h 34, le 16 octobre 2024