Des Palestiniens se tiennent dans les ruines d'un immeuble détruit par une frappe israélienne à Khan Younès, le 23 juin 2024. Eyad Baba/AFP
Un haut responsable de l’équipe de négociateurs israéliens a admis que la mort du chef du Hamas, Yahya Sinouar, n’avait pas changé les positions des deux parties dans les négociations pour un cessez-le-feu, a rapporté lundi 21 octobre le quotidien israélien Haaretz. Après l’élimination du dirigeant palestinien dans le sud de Gaza lors d’une opération habituelle de l’armée israélienne contre des combattants du mouvement islamiste, les alliés occidentaux de l’État hébreu avaient pourtant appelé Tel-Aviv à saisir l’opportunité pour faire avancer un accord de libération des otages et de cessation des hostilités dans la bande de terre. Avec ses positions maximalistes, Yahya Sinouar était vu comme l'un des principaux obstacles à un cessez-le-feu, réclamant le retrait total des forces israéliennes de l’enclave palestinienne, la libération de certains prisonniers condamnés à perpétuité et l’assurance d’une fin de la guerre. Selon le Wall Street Journal, des médiateurs avaient proposé au chef du Hamas de quitter Gaza et de laisser la main aux Égyptiens en échange pour mener les discussions en vue d’un cessez-le-feu, ce qu’il avait refusé.
De l’autre côté, le gouvernement de Benjamin Netanyahu et de ses alliés d’extrême-droite ultranationalistes constitue un autre obstacle aux pourparlers, refusant de faire la moindre concession. Malgré une déclaration officielle du Premier ministre sur le « début de la fin de la guerre » et le déplacement dimanche de Ronen Bar, chef des services de sécurité intérieure (Shin Bet) en Égypte, la mort de Yahya Sinouar n’a pas réellement influé sur les positions de l’État hébreu, a déclaré aux familles des otages le négociateur israélien cité par le Haaretz. « Il n’y a pas eu d’appel à faire un geste ou une concession s’écartant des positions fondamentales (d’Israël) », a-t-il dit, alors que les objectifs de la guerre n’ont pas changé, le gouvernement israélien ayant juré d’éliminer le Hamas et de ne plus jamais permettre à un 7 octobre d’arriver. L’intensification des raids menés dans le nord de Gaza, ainsi qu’au Liban depuis plusieurs semaines, et la préparation d’une attaque importante sur l’Iran en réponse au tir de 180 missiles balistiques iraniens sur l’État hébreu démontrent que l’État hébreu compte encore sur le militaire pour répondre à ses ambitions.
Pas plus de flexibilité des deux côtés
Concernant un cessez-le-feu à Gaza, qui viendrait avec une libération d’otages réclamée par une partie de la population israélienne et de l’establishment militaire, la source du Haaretz a souligné qu’« il devait y avoir de la flexibilité dans les positions israéliennes pour s’embarquer dans les négociations - par exemple, un retrait du corridor de Philadelphie », en référence à la bande de terre longeant la frontière de Gaza avec l’Égypte, que les forces israéliennes entendent contrôler militairement, alors que Le Caire s’y oppose fermement. « Sans une telle flexibilité, il n’y aura pas de progrès dans les négociations. Je ne vois pas le Hamas être plus flexible en ce moment », a conclu le négociateur, précisant que le groupe, qui continue de fonctionner bien que sous pression, pourrait même durcir ses positions après avoir choisi un ou des successeurs à son chef politique et militaire.
Malgré les déclarations encourageant la reprise des pourparlers, des responsables de l’administration de Joe Biden restent pessimistes quant à la possibilité de conclure un deal de cessez-le-feu et de libération des otages, rapporte par ailleurs le Haaretz. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken entame néanmoins cette semaine une nouvelle tournée régionale pour discuter d’un accord et des options pour une gouvernance post-Hamas de la bande de Gaza, devant se rendre en Égypte, en Arabie saoudite, en Israël et au Qatar. « Il n’y a pas de discussions sérieuses autour d’un cessez-le-feu à l’heure actuelle et Blinken en est tout à fait conscient », a déclaré un haut responsable israélien au Haaretz, décrivant son déplacement comme une « tentative diplomatique désespérée » avant la riposte attendue de l’État hébreu contre la République islamique, alors que Tel-Aviv a pu revoir ses plans suite à des fuites de documents classés « top secret » qui révélaient certains préparatifs israéliens. Certains rapports de médias non confirmés ont même évoqué la possibilité qu’Israël s’en prenne à la résidence du guide suprême Ali Khamenei directement après qu’un drone attribué par l’Iran au Hezbollah a détruit une partie du domicile privé de Benjamin Netanyahu dans la ville côtière de Césarée.




Un cessez-le-feu, quelle mascarade !!! C'est un effacement pur et simple d une population, d un peuple qu Israël veut.
23 h 55, le 21 octobre 2024