Un homme à motocycle regardant un immeuble détruit la veille par un raid israélien sur le village de Zeita au Liban-Sud, le 14 octobre 2024. Mahmoud Zayyat/AFP
Après le grand coup marqué dimanche soir par le Hezbollah, qui a tué quatre soldats israéliens et en a blessé des dizaines d’autres dans une frappe de drone piégé sur une caserne du sud de Haïfa, le parti chiite a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi qu’il passait à une « nouvelle phase d’escalade » face à Israël. « Les développements » de cette nouvelle escalade seront annoncés « dans les prochains jours », a ajouté le parti dans un communiqué depuis sa « chambre d’opérations sur le terrain », qui a commencé à publier des annonces et menaces depuis peu, après le début de l’offensive terrestre israélienne au Liban-Sud le 30 septembre.
Le 11 octobre, dans un communiqué aux accents guerriers similaires, le même organe de communication du Hezbollah avait mis en garde les Israéliens, leur enjoignant de « s’éloigner des sites militaires » situés dans des zones résidentielles du nord du pays, notamment de grandes villes comme Haïfa, Tibériade et Acre, où selon lui l’armée israélienne a établi des bases militaires. Un avertissement très similaire à ceux lancés par l’armée israélienne elle-même, depuis le 23 septembre, aux habitants de la Békaa, du Liban-Sud et de la banlieue sud de Beyrouth. Commentant ces menaces, Imad Salamé, professeur de sciences politiques à l’Université américano-libanaise (LAU), avait estimé que le parti chiite se « prépare à déployer de nouvelles armes ou des tactiques plus avancées pouvant atteindre plus profondément le territoire israélien ». Cela pourrait inclure « des missiles à plus longue portée, des armes à guidage de précision ou des drones capables de frapper à des distances plus grandes que celles observées auparavant ». Ce qui semble donc se concrétiser avec le dernier communiqué de la nuit dernière.
Ciblage « d’infrastructures stratégiques »
Contacté par L’Orient-Le Jour, Kassem Kassir, un analyste proche du Hezbollah, a estimé que la nouvelle phase mentionnée allait se manifester par « l’utilisation de nouveaux missiles, roquettes et drones » et par la façon dont le parti chiite mène ses affrontements le long de la frontière. « Au lieu d’attendre que les soldats israéliens entrent » en territoire libanais, le Hezbollah pourrait « cibler les forces israéliennes qui tentent d’entrer » avant même qu’elles ne franchissent la ligne bleue. De plus, le Hezbollah pourrait commencer à attaquer « des infrastructures stratégiques au lieu de se concentrer sur les bases militaires ». Si le parti cible ses attaques sur des positions militaires depuis le 8 octobre 2023, il a toutefois annoncé à plusieurs reprises avoir frappé des localités en tant que cibles civiles, notamment en riposte à des frappes ayant tué ou blessé des civils au Liban, ainsi que des attaques contre des infrastructures militaro-industrielles, comme une usine d’explosifs au sud de Tel-Aviv.
Interrogé sur la décision du timing choisi par le Hezbollah pour lancer cette nouvelle phase d’escalade, M. Kassir estime qu’elle pourrait être liée « à l’escalade continue d’Israël » et à la possibilité d’une « opération terrestre israélienne élargie », alors que l’armée de l’État hébreu vient d’annoncer la mobilisation d’une nouvelle brigade de réserve le long du front libanais. Enfin, l’analyste a dit s’attendre à une « escalade importante des deux côtés de la frontière dans les jours à venir ».
« Missiles de qualité »
Concernant l’annonce faite par le parti de l’utilisation de missiles « à guidage de précision », celle-ci intervient alors que le Hezbollah a fait état depuis dimanche dernier de l’utilisation, à au moins sept reprises, de « missiles de qualité », après avoir annoncé dans la semaine deux nouveaux types de missiles « entrés en service le 14 octobre ». Ces missiles, jamais évoqués auparavant par le parti, ont touché aussi bien des positions proches de la frontière, comme Shtoula et Kfar Giladi le 17 octobre, que d’autres plus éloignées, comme la base d’entraînement de la brigade Golani, qui mène des opérations au Liban-Sud, située à Benyamina au sud de Haïfa, le dimanche 13 octobre. Pour l’attaque meurtrière sur ce site militaire situé à plus de 65 kilomètres de la frontière, le Hezbollah avait affirmé avoir lancé des roquettes avant de la cibler avec des drones piégés, ce qui aurait permis d’éviter le déclenchement des sirènes d’alerte.
Nicholas Blanford, un analyste à l’Atlantic Council, a rappelé dans ce contexte que ces dernières semaines, le Hezbollah a utilisé trois types différents de missiles balistiques : Qader-1, Qader-2 et Nasr-1. Les missiles balistiques sont d’abord propulsés par une ou plusieurs fusées qui peuvent être tirées de manière séquentielle, lançant le projectile dans les premières étapes de son vol. Cette phase est suivie d’une phase de trajectoire non propulsée qui culmine à l’apogée du missile avant de redescendre pour atteindre sa cible. Les missiles balistiques peuvent transporter des ogives nucléaires ou conventionnelles.
Ajout d’un système de guidage GPS
Ce sont ces missiles qui pourraient, selon M. Blanford, avoir été « améliorés » par le parti pour y intégrer un système de guidage GPS, permettant de les transformer en missiles guidés de précision. « Par exemple, le Qader-2 pourrait avoir été précédemment une roquette non guidée, mais ils l’ont modifiée en y mettant un système de guidage GPS pour la transformer en missile guidé de précision. » L’analyste soulève cependant qu’il est difficile d’identifier pour sûr les types d’armements utilisés par le parti, étant donné que « très souvent, différents noms sont utilisés pour le même missile ».
Le Hezbollah avait diffusé mercredi deux vidéos présentant deux de ces nouvelles armes, affirmant qu’il s’agissait en effet de missiles sol-sol de précision » : le Qader-2 et le missile Nasr-1, « développés par ses ingénieurs » et ayant tous deux une « précision pouvant atteindre cinq mètres ». Le Nasr-1 se distingue par sa capacité à « tromper les systèmes de défense aérienne », ainsi que par « la robustesse de son système contre le brouillage ». Le Qader-2 est utilisé « pour frapper des cibles vitales » et se distingue par « sa forte capacité de destruction ».




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Ils ont reçu l’ordre de l’envoyé de la mort il y a quelques jours et on sait que les désirs de leurs maîtres sont des ordres auxquelles ils doivent obéir sans broncher. Que peut craindre le HB, ce vendu, la destruction de son pays ou la mort de toute une population qu’il a pris le soin d’affamer en amont pour mieux lui venir en aide et la matter pour qu’elle pense que cette milice ne veut que son bien pendant qu’elle assassine son pays et sacrifie ses enfants pour servir les mollahs, tantôt en Syrie tantôt au Yémen et maintenant au Liban.
11 h 24, le 19 octobre 2024