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Politique - Guerre Israël - Liban

Journée violente au Sud : trois soldats libanais tués, deux Casques bleus blessés

Le Hezbollah revendique une attaque de drones sur une base militaire israélienne à Haïfa.

Journée violente au Sud : trois soldats libanais tués, deux Casques bleus blessés

Des frappes israéliennes sur des villages surplombant la ville de Tyr, au Liban-Sud, le 11 octobre 2024. Photo de KAWNAT HAJU/AFP

La journée de vendredi a été particulièrement violente au Liban-Sud, où des soldats libanais ont été tués dans des frappes israéliennes et des Casques bleus de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban) blessés. 

« L'ennemi israélien a tiré sur un poste de l'armée dans la ville de Kafra (caza de Bint Jbeil), au Liban-Sud, faisant deux tués et trois blessés », a écrit l'armée libanaise sur son compte X. Beaucoup plus tard, une frappe sur Baïssariyé, dans le caza de Saïda, a tué un soldat libanais et ses deux enfants, selon notre correspondant Mountasser Abdallah. 

En soirée, le Premier ministre libanais sortant Nagib Mikati a « condamné l'agression israélienne à Kafra » dans un communiqué de son bureau de presse. « Ces crimes israéliens perpétuels n'épargnent pas nos braves soldats qui accomplissent leur devoir national, protègent nos terres et notre peuple. Et la communauté internationale reste silencieuse. Il faut une prise de conscience mondiale qui mette un terme à cette agression », souligne le texte.

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Commentant les attaques d’Israël contre les civils, la Finul et l’armée libanaise, le président du Parlement Nabih Berry a quant à lui estimé qu’il s'agissait « d'une tentative d'assassinat claire et nette de la résolution 1701 de l'ONU ». « Nous mettons la communauté internationale face à ses responsabilités, elle doit agir pour mettre fin à la guerre d'anéantissement qu'Israël mène contre le Liban et contre tout ce qui est lié aux règles de la morale, de l'humanité et de la légitimité internationale », a-t-il affirmé dans un communiqué.

Finul : Israël se justifie par « une menace »

La Finul a annoncé vendredi que son quartier général à Naqoura « a été touché par des explosions pour la deuxième fois en 48 heures ». Le communiqué précise que « deux Casques bleus ont été blessés après que deux explosions se sont produites près d'une tour d'observation ». L’un des blessés a été transféré à l’hôpital de Tyr, tandis que l'autre est soigné à Naqoura.

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Après avoir d'abord affirmé que ces soldats avaient été blessés « accidentellement », l'armée israélienne a indiqué que « des soldats opérant au Liban-Sud ont identifié une menace immédiate à leur encontre et ont réagi par des tirs en direction de la menace ». Un « examen initial » a précisé que durant l'incident « un tir a touché un poste de la Finul situé à environ 50 mètres de la source de la menace, ce qui a entraîné la blessure de deux membres du personnel de la Finul », poursuit le texte.

Plus tard dans la journée, le Hezbollah a revendiqué une attaque contre un rassemblement de soldats israéliens à Ras Naqoura, dans le caza de Tyr. La veille, le parti chiite avait affirmé avoir attaqué des soldats israéliens avançant vers Ras Naqoura, détruisant un char et empêchant les militaires de récupérer les victimes de cette attaque.

Tragédie de Meis el-Jabal

Dans le caza de Bint Jbeil, des frappes à Yater ont tué trois personnes et touché un centre de la Défense civile du Comité sanitaire islamique, affilié au Hezbollah. Dans le même caza, à Bourj Qalaway, trois personnes ont été tuées dans des frappes aériennes, selon une source des services de secours. Un autre bombardement qui a atteint Jibchit, dans le caza de Nabatiyé, a fait au moins un mort, selon notre correspondant dans le Sud. Une frappe israélienne sur Majdel Zoun aurait également fait des victimes. 

Autre tragédie vendredi : le village de Meis el-Jabal a annoncé que plusieurs de ses habitants déplacés à Beyrouth ont péri dans la frappe israélienne qui a touché un immeuble à Basta, jeudi soir. Parmi les victimes se trouvent Ali Youssef Ammar et ses deux petites-filles, Joud Ammar (3 ans) et Tala Choucair (7 ans), ainsi que Ali Kabalan et ses deux filles, Tia (9 ans) et Léa (6 ans). Ali Ammar avait déjà perdu sa fille et sa famille lors d'une attaque israélienne en mai.

Éclairage

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L'aviation israélienne a bombardé tout au long de la journée plusieurs villages du Sud : Blat, Batoulié, Bazouriyé, Arnoun, Kfar Remmane, Kfar Tebnit, Mahmoudiyé, Kfar Hammam, Majdel Selm, Wadi Berghoz, Jbaa, Kherbet Selm, Beit Lif, Meis el-Jabal et Houla. Des frappes ont également pris pour cible une zone entre Kfar Hammam et Halta, la périphérie de Zaoutar el-Gharbiyé dans le caza de Nabatiyé, ainsi que les abords de Zrariyé, près de Saïda. La Békaa n’a pas été épargnée non plus. Un raid aérien a frappé les environs d'el-Aïn au nord de Baalbeck, tandis qu’une attaque à Bouday a causé au moins cinq morts. Deux bâtiments à Karak, déjà touchés la veille, ont été complètement détruits par de nouveaux raids. Une autre frappe a également touché une zone située entre Yohmor et Sohmor, dans la Békaa-Ouest.

Attaques de drones sur Haïfa

De son côté, le Hezbollah a revendiqué une attaque aux « drones piégés » sur le « siège de la défense aérienne à Kiryat Eliyezer », un quartier proche du port de Haïfa. Cette frappe a eu lieu à 8h30, simultanément à une attaque de roquettes qui a visé Zvulun, au nord de la ville, selon des communiqués distincts du parti chiite.

Au même moment, des sirènes d'alerte ont retenti à Acre et Haïfa après l’intrusion d’un « engin volant hostile », selon le quotidien Haaretz. L’armée israélienne a déclaré que 25 roquettes avaient été tirées depuis le Liban, dont certaines ont été interceptées, tandis que d'autres sont tombées dans des zones « ouvertes » sans faire de victimes. À 10h50, le Hezbollah a également frappé à coups de roquettes « le village de Kfar Szold », situé à une dizaine de kilomètres au sud-est de la Ligne bleue, près du Golan syrien occupé. 

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Dans la matinée, le Hezbollah avait déjà revendiqué plusieurs frappes contre des positions israéliennes près de la frontière libanaise. Un tir de missile anti-char depuis le Liban a tué un ouvrier thaïlandais à Yiron, à la frontière. Le parti chiite a également affirmé avoir lancé « un barrage massif de roquettes » sur un déploiement de soldats israéliens « dans la caserne de Yiftah et ses environs », en face du village libanais de Blida (Bint Jbeil). Une autre frappe a visé du « matériel technique » sur le site d'al-Abad, en face de Houla (Marjeyoun), avec un « missile guidé », selon le Hezbollah. Le parti a aussi tiré des roquettes sur un déploiement de soldats israéliens à Ya'ara, un village proche de la frontière, en face de Alma el-Chaab (Tyr), ainsi que sur un autre rassemblement dans la région de Shomera, dans le nord d'Israël, en face de Marwahine (Tyr), et dans la région de Tell Chaar, en face du village libanais de Rmeich (Bint Jbeil).

« Nous ne nous arrêterons pas »

« Nous ne nous arrêterons pas tant que nous n'aurons pas ramené les résidents sains et saufs », a déclaré le chef d'état-major israélien, le général Herzi Halevi, au milieu d'une maison présentée comme étant située dans un village du Liban-Sud, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux par l'armée israélienne.

Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l'armée israélienne, a quant à lui publié sur le réseau X des images d’une pièce remplie d'armes qu'il prétend appartenir au Hezbollah et saisies par les forces israéliennes dans des villages du Liban-Sud. Il a qualifié ces armes de « sophistiquées, certaines de fabrication iranienne », précisant que son armée « ne permettra pas au Hezbollah de continuer à stocker ces munitions dangereuses à nos frontières ». Plus tôt dans la journée, il avait annoncé que des avions de chasse israéliens « ont attaqué et éliminé un commandant de l'unité anti-char de la force al-Radouane du Hezbollah dans la région de Mays el-Jabal (caza de Marjeyoun), connu sous le nom de Gharib el-Choujaa ». Ce responsable du Hezbollah aurait été impliqué dans plusieurs tirs de missiles anti-char vers la région de Ramot Naftali, dans le nord d'Israël.

La journée de vendredi a été particulièrement violente au Liban-Sud, où des soldats libanais ont été tués dans des frappes israéliennes et des Casques bleus de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban) blessés. « L'ennemi israélien a tiré sur un poste de l'armée dans la ville de Kafra (caza de Bint Jbeil), au Liban-Sud, faisant deux tués et trois blessés », a écrit l'armée libanaise sur son compte X. Beaucoup plus tard, une frappe sur Baïssariyé, dans le caza de Saïda, a tué un soldat libanais et ses deux enfants, selon notre correspondant Mountasser Abdallah. En soirée, le Premier ministre libanais sortant Nagib Mikati a « condamné l'agression israélienne à Kafra » dans un communiqué de son bureau de presse. « Ces crimes israéliens perpétuels n'épargnent pas nos braves...
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