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Attentat contre un enseignant en 2023 : un an après, l'enquête a avancé

Des personnes rendent hommage devant le lycée Gambetta au professeur de français Dominique Bernard, décédé dans une attaque au couteau le 13 octobre, à Arras, dans le nord de la France, le 16 octobre 2023. Photo AFP / DENIS CHARLET

Un an après l'assassinat de l'enseignant Dominique Bernard en France, les juges antiterroristes semblent avoir mis au jour les responsabilités dans cet attentat où, fait rare, l'assaillant est encore en vie. Le 13 octobre 2023, Mohammed Mogouchkov, un Russe de 21 ans originaire d'Ingouchie, s'est rendu dans son ancien lycée à Arras (nord) et y a poignardé son ancien professeur de français, Dominique Bernard, 57 ans. 

L'assassinat avait constitué un nouveau choc pour le pays, trois ans après celui d'un autre enseignant en région parisienne. Samuel Paty, 47 ans avait été poignardé puis décapité par un réfugié russe d'origine tchétchène. Le musulman radicalisé de 18 ans avait revendiqué son geste avant d'être tué par la police. L'enquête sur l'attentat d'Arras a elle permis d'inculper Mohammed Mogouchkov, son cousin. 

 "Allah m'a commandité"

Mohammed Mogouchkov a été mis en examen le 17 octobre 2023 pour assassinat et tentatives d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste. Il a assuré avoir volontairement ciblé le professeur de français Dominique Bernard, car il enseignait "l'une des matières où on transmet la passion, l'amour, l'attachement du système en général de la République, de la démocratie, des droits de l'Homme".

"La particularité de cet attentat est que l'assaillant est encore en vie et revendique une contestation violente des valeurs républicaines. On assiste à une focalisation assez nouvelle, de la part de la mouvance islamiste, sur l'école de la République", a estimé l'avocat Richard Malka, qui représente l'épouse de Dominique Bernard.

Lors de l'enquête, Mohammed Mogouchkov a répété avoir agi seul, en élaborant un plan "une à trois semaines" avant l'attentat. "C'est Allah, c Lui Seul, qui m'a commandité. (...) Le Coran, si chaleureux, c lui qui m'a chauffé, ses pages, ses versets (sic)", écrit-il notamment dans l'un des poèmes fleuves qu'il rédige en prison et que l'AFP a pu consulter.

Le jeune frère et le cousin

Son frère, aujourd'hui âgé de 17 ans, est poursuivi pour complicité. Il est écroué. Principal élément à charge: il possédait un couteau et a confié aux enquêteurs avoir répondu aux questions de Mohammed sur son maniement "quelques semaines avant l'attentat". Il a aussi expliqué "parler de tout" avec Mohammed, même de décapitation.

La veille de l'attentat, il a raconté avoir contacté son cousin, pensant que Mohammed Mogouchkov préparait une "action violente" ou un "départ pour le jihad" mais pas un attentat.  En mai, il nuance devant le juge: "le stress" a "grossi mes propos". Leur cousin, aujourd'hui âgé de 16 ans et placé sous contrôle judiciaire, est poursuivi pour abstention volontaire d'empêcher un crime, accusé d'avoir été informé du projet et de ne rien avoir fait pour l'empêcher. Lui conteste: quand le frère lui a confié, le matin-même, qu'il craignait que son aîné "Mohammed fasse de la merde", il a seulement pensé à un départ de Mohammed en Ingouchie.

Connexions téléphoniques

Les investigations techniques se poursuivent notamment pour "maîtriser l'ensemble des connexions distantes que (Mohammed Mogouchkov) a pu (...) avoir par téléphone avec des personnes plus ou moins proches, dans le réseau relationnel mais aussi sur le plan géographique", a expliqué le procureur antiterroriste Olivier Christen.

Les frères Mogouchkov étaient notamment en contact téléphonique avec leur père, fiché par les autorités françaises pour radicalisation islamiste et expulsé de France en 2018. Après l'attentat, celui-ci a condamné l'acte de son fils auprès de l'AFP, tout en expliquant en vouloir à la France qui "déteste l'islam".

Par ailleurs, l'enregistrement où Mohammed Mogouchkov a prêté allégeance au groupe Etat islamique avant l'attentat a été envoyé "vers deux comptes Telegram administrés par l'EI", selon les enquêteurs. La justice française a enregistré 25 parties civiles. Parmi elles, l'épouse du professeur. Fin décembre, elle a indiqué aux juges que son mari n'avait pas reçu de menace avant d'être tué.

Un an après l'assassinat de l'enseignant Dominique Bernard en France, les juges antiterroristes semblent avoir mis au jour les responsabilités dans cet attentat où, fait rare, l'assaillant est encore en vie. Le 13 octobre 2023, Mohammed Mogouchkov, un Russe de 21 ans originaire d'Ingouchie, s'est rendu dans son ancien lycée à Arras (nord) et y a poignardé son ancien professeur de français, Dominique Bernard, 57 ans. 

L'assassinat avait constitué un nouveau choc pour le pays, trois ans après celui d'un autre enseignant en région parisienne. Samuel Paty, 47 ans avait été poignardé puis décapité par un réfugié russe d'origine tchétchène. Le musulman radicalisé de 18 ans avait revendiqué son geste avant d'être tué par la police. L'enquête sur l'attentat d'Arras a elle...