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Moyen Orient et Monde - Focus

Débat Vance-Walz : les positions des colistiers américains sur le Moyen-Orient

Le débat entre les deux candidats à la vice-présidence américaine s'est déroulé quelques heures après l'attaque iranienne sur Israël.

Débat Vance-Walz : les positions des colistiers américains sur le Moyen-Orient

J.D. Vance (gauche), colistier de Donald Trump, et Tim Walz, colistier de Kamala Harris, sont restés courtois l’un envers l’autre. © Crédit photo : ANGELA WEISS / AFP

Quelques heures après l’envoi de missiles iraniens sur Israël, s’est tenu aux États-Unis le premier débat entre les deux opposants en lice pour la vice-présidence, Tim Walz côté démocrate et James David Vance côté républicain, à peine cinq semaines avant le scrutin présidentiel du 5 novembre. Entre autres thèmes abordés comme l’immigration, l’avortement ou la régulation des armes, c’est sans surprise l’actualité au Moyen-Orient et la position des deux colistiers face à une escalade régionale qui ont accaparé une bonne partie de la rencontre, faisant de la force de soutien apportée à Israël par les États-Unis un argument de poids pour le scrutin. Première question posée par la modératrice Margaret Brennan de la chaîne CBS News pour ouvrir le débat : les candidats soutiendraient-ils Israël s’il décidait à son tour de frapper l’Iran ?

À ce sujet, pas de surprise. Les deux candidats ont bataillé principalement pour savoir qui pourrait assurer le plus de sécurité à l’État hébreu, sans se dévoyer de la ligne tenue par leurs candidats respectifs à la présidentielle. Côté démocrate, Tim Walz, 60 ans, a commencé par évoquer les attaques du Hamas du 7 octobre, situant l’événement comme « là où cela a commencé ». Il a ensuite qualifié plusieurs éléments de fondamentaux : « La capacité d'Israël à se défendre est absolument fondamentale. Remettre ses otages, c'est fondamental, ainsi que mettre fin à la crise humanitaire à Gaza. Mais (face à) l’expansion de l’Iran et de ses mandataires, c’est une nécessité absolument fondamentale pour que les États-Unis y exercent un leadership stable là-bas », a déclaré le vice-président choisi par Kamala Harris. Sur ce point, le gouverneur du Minnesota a salué « l'expérience d’aujourd'hui où, avec nos partenaires israéliens et notre coalition, nous avons pu arrêter l'attaque entrante ». Mardi soir, le président Joe Biden a ordonné à l'armée américaine d'aider à la défense d'Israël contre les attaques iraniennes et d'intercepter les missiles visant le pays. Plus tôt, le Pentagone avait annoncé que les États-Unis renforceront leur présence au Moyen-Orient en déployant « quelques milliers » de militaires supplémentaires dans la région, en réponse à la montée des tensions.

« Le leadership inconstant de Trump »

Dans des termes plus généraux, J.D. Vance a pour sa part estimé que l’approche américaine à adopter sur le dossier israélien était de laisser « Israël décider ce qu'ils pensent devoir faire pour assurer la sécurité de leur pays, et nous devrions soutenir nos alliés où qu'ils soient lorsqu'ils combattent les méchants ». Dans un discours tenu le 23 mai dernier, le sénateur de l’Ohio avait appelé le président Joe Biden à permettre à Tel-Aviv de « terminer réellement le travail » à Gaza, après avoir accusé l'administration démocrate d’entraver les actions de l’armée israélienne contre le Hamas en « privant les Israéliens d’armes guidées de précision ». À plusieurs reprises, ce fervent soutien du financement américain à Israël a affirmé qu’il existait des raisons pratiques pour lesquelles les États-Unis devaient réduire leur soutien à l’Ukraine et privilégier Israël.

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Mais le débat a rapidement tourné autour du bilan de Donald Trump, décrit par le démocrate comme un élément déstabilisant et dangereux pour la région. « Ce sont ceux qui sont les plus proches de Donald Trump qui comprennent à quel point il est dangereux quand le monde est lui-même aussi dangereux », a déclaré le gouverneur démocrate du Minnesota, ajoutant que c’était le « leadership inconstant de Trump » qui avait aggravé les choses dans la région. Pour appuyer son argument, Tim Walz a notamment critiqué le président de l’époque pour s’être retiré du JCPOA en 2018, mettant fin à un accord qui comprenait des restrictions sur le programme nucléaire iranien. « L’Iran est donc plus proche de se doter de l’arme nucléaire qu’auparavant en raison du leadership volage de Donald Trump », a-t-il dénoncé.

« La paix par la force »

Réplique immédiate du sénateur républicain de l'Ohio : « Vous venez vous-même de dire que l'Iran est aussi proche d'une arme nucléaire aujourd'hui qu'il ne l'a jamais été, et vous blâmez Donald Trump. Mais qui a été vice-président au cours des trois dernières années et demie ? La réponse est votre colistière, pas le mien », a rétorqué J.D. Vance, 40 ans, recyclant le même argument concernant les attaques du 7 octobre, au sujet duquel Donald Trump aime répéter qu’il aurait pu empêcher le drame s’il avait été en fonction. Le candidat à la vice-présidence, choisi par Donald Trump le lendemain de sa tentative d’assassinat le 13 juillet dernier, a en outre renchéri, jugeant que ce dernier avait apporté « de la stabilité dans le monde en établissant une dissuasion efficace ». « Donald Trump a reconnu que pour que les gens craignent les États-Unis, il fallait la paix par la force », a ajouté J.D. Vance, saluant la position du candidat milliardaire, qu’un temps il décrivait comme le « Hitler de l’Amérique », et son caractère intrépide à l’heure où « les gens avaient peur de sortir du rang ».

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Mais Tim Walz a réagi en décrivant la désinvolture de Donald Trump face aux événements passés ayant impliqué les États-Unis et l’Iran. Comme lors de l’attaque par l’Iran d’une base aérienne d’Aïn el-Assad en Irak en janvier 2020, en représailles à l’élimination du général iranien Kassem Soleimani, tué par un drone près de Bagdad quelques jours auparavant. Trente-quatre soldats américains avaient été victimes de commotion cérébrale après l’attaque. Cherchant à éviter l’escalade militaire avec Téhéran, Donald Trump avait alors minimisé les dommages, qualifiant de simples « maux de tête » les blessures des soldats américains, ce que le candidat démocrate a critiqué.

Alors que les deux candidats à la présidentielle de novembre se trouvent toujours au coude-à-coude dans les sondages d’opinion, une nouvelle enquête AP-NORC a révélé que Tim Walz est plus apprécié que J.D. Vance. Si la politique étrangère n’est généralement pas déterminante dans le vote, une expansion de la guerre au-delà de Gaza et du Liban pourrait peser plus lourd dans la balance auprès des électeurs. Lors du débat entre Donald Trump et Kamala Harris, le 10 septembre, le dossier du conflit israélo-palestinien avait été rapidement abordé par les deux adversaires. La vice-présidente actuelle n’était pas sortie de sa rhétorique habituelle, réitérant son soutien à un accord de cessez-le-feu tout en renouvelant son engagement à continuer d'armer Israël, la candidate démocrate a également réaffirmé son appui à la solution à deux États. De son côté, Donald Trump avait assuré que si Kamala Harris remportait l’élection, « Israël ne survivra pas deux ans », l’accusant de « haïr » l’État hébreu. 

Quelques heures après l’envoi de missiles iraniens sur Israël, s’est tenu aux États-Unis le premier débat entre les deux opposants en lice pour la vice-présidence, Tim Walz côté démocrate et James David Vance côté républicain, à peine cinq semaines avant le scrutin présidentiel du 5 novembre. Entre autres thèmes abordés comme l’immigration, l’avortement ou la régulation des armes, c’est sans surprise l’actualité au Moyen-Orient et la position des deux colistiers face à une escalade régionale qui ont accaparé une bonne partie de la rencontre, faisant de la force de soutien apportée à Israël par les États-Unis un argument de poids pour le scrutin. Première question posée par la modératrice Margaret Brennan de la chaîne CBS News pour ouvrir le débat : les candidats soutiendraient-ils Israël s’il...
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