Des manifestants pro-palestiniens défilent avec des pancartes et des banderoles dans les rues de New York dans le cadre d'une manifestation à l'échelle de la ville contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 26 septembre 2024. Photo AFP
Les équipes israéliennes ont eu des réunions jeudi pour discuter des propositions de cessez-le-feu des États-Unis avec le Liban et continueront les discussions dans les jours à venir, a déclaré vendredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ajoutant qu'il appréciait les efforts des États-Unis. « Nos équipes se sont rencontrées (jeudi 26 septembre) pour discuter de l’initiative américaine et de la manière dont nous pouvons faire avancer l’objectif commun de ramener les gens en toute sécurité chez eux. Nous continuerons ces discussions dans les jours à venir », a-t-il déclaré dans un communiqué, publié afin de « clarifier » sa position, alors qu'il doit prononcer vendredi après-midi un discours devant l’Assemblée générale des Nations unies à New York.
Ces déclarations sont de fait survenues après que le ministre israélien des Affaires étrangères, Israël Katz, a déclaré jeudi qu'il n'y aurait pas de cessez-le-feu en ce qui concerne le front avec le Liban, qui s'est enflammé lundi après que l'État hébreu a lancé une opération militaire de grande ampleur dans les régions du Liban-Sud et de la Békaa, faisant près de 600 morts, des milliers de blessés et de déplacés. Benjamin Netan lui-même avait déclaré jeudi que la politique d'Israël était claire : « Nous continuons à frapper le Hezbollah de toutes nos forces. Nous ne nous arrêterons pas tant que nous n'aurons pas atteint tous nos objectifs, en premier lieu le retour sain et sauf des habitants du nord dans leurs foyers. Telle est la politique et personne ne devrait s'y tromper. »
Les États-Unis, l'Union européenne et d'autres alliés, ainsi que plusieurs états arabes, ont lancé un appel commun en faveur d'un arrêt des combats au Liban pendant 21 jours. L'appel à un cessez-le-feu de trois semaines a été lancé quelques heures après que le chef de l'armée israélienne, le lieutenant-général Herzi Halevi, a demandé mercredi aux soldats de se préparer à une éventuelle offensive terrestre contre le Hezbollah. Vendredi, un responsable israélien de la sécurité a déclaré à des journalistes, sous couvert d'anonymat, qu'une éventuelle opération au sol contre le Hezbollah au Liban serait « aussi courte » que possible, a rapporté l'AFP.
« Une faute »
Jeudi, le président Emmanuel Macron a estimé que ce serait « une faute » de la part du Premier ministre israélien de refuser le cessez-le-feu proposé au Liban et qu'il prendrait alors la « responsabilité » d'une escalade régionale. « La proposition qui a été faite est une proposition solide. Elle n'a pas été faite en l'air », a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Montréal avec le Premier ministre canadien, Justin Trudeau. Elle a été « préparée, négociée avec le Premier ministre Netanyahu et ses équipes, à la fois par les Américains et par nous-mêmes », a-t-il souligné.
« Je pense que ce serait une faute de la part du Premier ministre (israélien) de la refuser parce qu'il prendrait la responsabilité d'une escalade régionale, évidemment de nouvelles victimes civiles au Liban, mais une escalade bien au-delà, que nul ne maîtriserait », a-t-il martelé. « Il faut absolument parvenir à un cessez-le-feu immédiatement », a renchéri le Premier ministre canadien, parlant « d'images horribles ». Le président français a estimé que les premières réactions d'Israël, allant dans le sens d'un rejet, à la proposition n'étaient pas « définitives » et évoqué la possibilité de convoquer un nouveau Conseil de sécurité sur le sujet pour « accroître la pression ».
Pour ou contre un cessez-le-feu ?
Le même jour, le secrétaire d'État américain Anthony Blinken a rencontré le ministre israélien des Affaires stratégiques, Ron Dermer, à New York et a averti qu'une nouvelle escalade de la guerre ne ferait que créer des difficultés pour parvenir à un accord d'échange de prisonniers avec le Hamas et ramener chez eux les habitants du nord d'Israël, a rapporté vendredi le site al-Modon. « Le message que les conseillers du président américain Joe Biden ont reçu de Ron Dermer est que Benjamin Netanyahu pense qu'un cessez-le-feu temporaire est la bonne chose parce qu'il ne veut pas être entraîné dans une invasion terrestre qui pourrait conduire à un enchevêtrement et éroder les réalisations que l'armée israélienne a accomplies jusqu'à présent », a déclaré une source ayant une connaissance directe des pourparlers, a révélé le site américain Axios. Ce responsable a également déclaré que la Maison Blanche n'aurait pas avancé dans l'initiative de cessez-le-feu si elle n'avait pas reçu l'assurance de Benjamin Netanyahu et de la partie libanaise que les deux parties étaient d'accord sur le principe.


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19 h 27, le 27 septembre 2024