Des manifestants à Herald Square, à New York, le 24 septembre 2024. Paul Frangipane/AFP
Les initiatives de solidarité, un remède face à l’impuissance ? Le bilan de l’offensive israélienne massive au Liban, en cours depuis lundi matin, s’alourdit à grande vitesse. Les bombardements ont fait plus de 560 morts, parmi lesquels 50 enfants et près de 1 800 blessés, alors que le pilonnage du Liban-Sud et de la Békaa a déjà contraint à la fuite des dizaines de milliers de familles. Face à la violente séquence que vit le pays, la société civile libanaise et une partie de la diaspora éparpillée à l’étranger s’est rapidement mobilisée pour dénoncer les exactions de l’armée israélienne et entreprendre des actions collectives afin de peser à son échelle sur le cours des événements.
Manifestations et pressions politiques
Depuis le début de l’offensive israélienne au Liban, une série de manifestations ont été organisées dans plusieurs villes des États-Unis, d’Australie, de France et du Canada, principaux foyers de la diaspora libanaise dans le monde. Des mouvements de protestation se sont tenus dès le lendemain des frappes massives de lundi, tandis que d’autres rassemblements sont prévus dans les prochains jours. Mardi, plusieurs dizaines de manifestants réunis au Herald Square à New York ont scandé des slogans également inscrits à la hâte sur des banderoles : « Ne touchez pas au Liban maintenant » ou encore « Pas de guerre américano-israélienne contre le Liban ».
Indissociable de la guerre à Gaza par les manifestants et les associations, l’offensive sur le Liban a ainsi été intégrée à la mobilisation plus large qui a cours depuis onze mois, donnant lieu à une participation populaire plus étendue que la seule diaspora libanaise. Les structures déjà existantes ont permis, dès le lendemain de l’offensive, une mobilisation rapide de protestataires par le biais de réseaux de communication déjà bien établis. Mardi, le US Palestinian Community Network a organisé un rassemblement d'urgence à Chicago. Alors qu’il était supposé durer une heure, l’engouement a été tel que le cortège a étendu son tracé jusqu’au centre-ville pour se terminer sur la Federal Plaza. Le même jour, des petits groupes de manifestants se sont rassemblés à Seattle, San Antonio, Phoenix ou encore San Francisco.
La présence, dans la soirée, de dizaines d’individus devant la Maison-Blanche à Washington, alors qu’au même moment des manifestants scandaient des slogans devant le siège de la BBC à Londres, signale aussi une politisation du message de soutien aux Libanais. Car l’ampleur de ces rassemblements s’explique également par la volonté des participants d’appeler leurs responsables politiques à prendre des positions plus nettes face aux événements. Des centaines de Libanais d’Australie se sont ainsi réunis à l'hôtel de ville de Sydney pour dénoncer la réaction jugée trop mesurée de la ministre des Affaires étrangères, Penny Wong, aux frappes israéliennes. En marge du sommet des Nations unies à New York, elle a déclaré aux journalistes : « Nous sommes profondément préoccupés, nous sommes alarmés par l'escalade et les pertes en vies civiles au Liban, ainsi que par les attaques (du Hezbollah) contre Israël. » Lors de la manifestation de mardi à New York était également présente la coalition Answer (Agir maintenant pour arrêter la guerre et mettre fin au racisme), ayant publié un communiqué appelant à un embargo sur les armes destinées à Israël. « Les attaques israéliennes au Liban et le siège et le génocide en cours à Gaza sont rendus possibles par l'énorme quantité de bombes, de missiles et d'avions de guerre fournis par le gouvernement américain », dénonce le document.
Campagnes de dons en ligne
Après les premiers bilans humanitaires, des campagnes de dons en ligne ont rapidement été organisées par des ONG établies au Liban-Sud , comme Unicef Australia et le Secours islamique au Royaume-Uni, qui ont été particulièrement réactives. Les particuliers se sont, eux aussi, engagés en créant des cagnottes hébergées sur la plateforme américaine de financement participatif Go Fund Me. C’est notamment le cas de Nour, une Libanaise résidant à Abidjan, qui a lancé mardi matin une cagnotte en ligne avec pour objectif de toucher la communauté libanaise de la capitale ivoirienne, sa famille et ses amis. « Je suis choquée. En deux jours, nous avons déjà réussi à récolter 12 000 dollars à destination des Libanais. Et ce ne sont pour l’instant que des donateurs que je connais, la solidarité est énorme », explique t-elle. Les dons, qui continuent d’affluer sur la cagnotte de Nour, permettent à sa famille, restée au Liban, d’acheter des produits de première nécessité qui sont ensuite rapidement distribués aux déplacés et aux personnes directement touchées par le conflit : de la nourriture, des médicaments ou encore des draps.
D’autres cagnottes, plus anciennes et créées ces derniers mois pour venir en aide aux associations qui opèrent au sud du pays où les affrontements entre l’armée israélienne et le Hezbollah étaient quotidiens depuis le 8 octobre 2023, ont été réactivées et connaissent un regain de mobilisation.
Hébergements d’urgence et accueil des déplacés
Depuis lundi au Liban, l’exode massif de plusieurs dizaines de milliers de familles vers les régions épargnées du pays a créé un élan de solidarité parmi la population. Certains Libanais ont rapidement offert des solutions d’abris d’urgence aux personnes déplacées, alors que les alternatives proposées par le gouvernement se sont vite retrouvées submergées. Lundi matin, un groupe WhatsApp réunissant des propriétaires proposant une chambre dans leur hébergement, ou la mise à disposition d’un logement vacant, et des personnes en quête d'un abri a été créé. Mais dans l'après-midi, l'application refusait déjà les demandes d'adhésion, le groupe ayant rapidement atteint le nombre maximum de membres autorisés. Une carte répertoriant un très grand nombre d’hébergements répartis dans tout le pays et pouvant accueillir des déplacés, ainsi que les coordonnées téléphoniques associées, a été publiée sur le compte Instagram de thawramap (Révolution), accumulant plus d’un million de vues en cinq heures.




Les voleurs au pouvoir n’ont qu’à cracher les dizaines de milliards qu’ils ont subtilisés aux citoyens et placés à l’étranger au lieu de pleurer et de mendier. C’est leur seul point fort. On dirait qu’ils n’attendaient que ça, la guerre pour pouvoir apitoyer le monde et empocher les aides comme d’hab. Pour rappel Les gazaouis ont eu le même élan de solidarité dans le monde et on voit le résultat
15 h 36, le 27 septembre 2024