Des fonctionnaires libanais. Photo d'illustration ANI
Les fonctionnaires ont intensifié leur mouvement de grève jeudi, un jour après l'annonce d'une grève générale à l'échelle du Liban. Cependant, le taux de participation est variable, avec un engagement plus important dans le Nord et le Sud, tandis que l'arrêt du travail n'a pas été observé dans la région de la Békaa, rapportent nos correspondants.
Mercredi, le Syndicat des employés municipaux avait annoncé une « grève générale d'avertissement » dès jeudi dans les municipalités, afin de réclamer des augmentations salariales pour plus de 25 000 fonctionnaires. Il a également prévenu que si ses revendications n'étaient pas satisfaites, la grève pourrait devenir illimitée.
À Saïda, chef-lieu du Liban-Sud, la plupart des employés ont refusé de traiter les transactions, et certains ont fermé leurs bureaux en signe de protestation, indique notre correspondant Mountasser Abdallah. La cheffe du département administratif à la direction des travaux publics régionaux, Mona Nasser, a déclaré que la grève visait à « mettre en évidence (nos) droits négligés » et a demandé des avantages pour le secteur public comparables à ceux des secteurs de la justice et de l'éducation. Elle a ajouté que les primes actuelles, qui ne sont pas incluses dans les salaires de base, compromettent les indemnités de fin de service et que les travailleurs luttent contre une rémunération insuffisante dans des conditions difficiles.
Dans le Nord, plus précisément à Tripoli et au Akkar, les départements des Finances, de l'Immobilier et de la Réglementation civile ont été complètement fermés, avec une activité minimale dans les bâtiments gouvernementaux, rapporte notre correspondant Michel Hallak. Toutefois, les bureaux de santé et d'état civil sont restés opérationnels.
Le syndicat des employés a présenté mercredi des revendications spécifiques, notamment « l'approbation d'une nouvelle échelle salariale prenant en compte l'inflation, le versement des salaires et avantages approuvés par les conseils municipaux, l'inclusion des employés municipaux dans la sécurité sociale ou la coopérative des fonctionnaires de l'État, l'adoption d'une loi sur la retraite pour les employés municipaux, l'ajustement des allocations familiales, le versement immédiat des cotisations municipales et l'actualisation des frais municipaux ».
Les fonctionnaires libanais sont confrontés à une forte détérioration de leurs conditions de vie alors que la monnaie nationale a perdu plus de 90 % de sa valeur depuis le début de la crise économique en 2019.


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