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Bahreïn : 457 détenus graciés dont des prisonniers d'opinion, selon une ONG

Bahreïn : 457 détenus graciés dont des prisonniers d'opinion, selon une ONG

Le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa Al-Khalifa. Photo d'archives AFP

De nombreux détenus ont été libérés jeudi à Bahreïn après avoir été graciés par le roi, parmi lesquels des prisonniers d'opinion, selon l'Institut bahreïni pour les droits et la démocratie (BIRD). 

Cette grâce survient cinq mois après celle accordée en avril à l'occasion de la fête de l'Aïd, qui avait permis la libération de plus de 1.500 personnes condamnées dans des affaires de droit commun ou pour participation à des manifestations.

De nombreuses vidéos partagées sur les réseaux sociaux ont montré des retrouvailles émouvantes avec leurs proches à la sortie de la prison de Jau (sud), la plus grande de ce petit royaume du Golfe.

L'agence de presse officielle bahreïnie, BNA, avait fait état mercredi soir d'un décret royal graciant 457 détenus « à l'occasion du jubilé d'argent de l'accession au trône » de Hamad ben Issa Al-Khalifa. 

« La grâce royale reflète la volonté de sa Majesté le Roi de favoriser la cohésion sociale et de défendre les principes de la justice et de l'Etat de droit », avait-elle ajouté, sans préciser le profil des personnes concernées par cette mesure. « Nous estimons que 100 prisonniers politiques ont appelé leurs familles », a pour sa part indiqué Sayed Alwadaei, un responsable de BIRD, une ONG basée à Londres.

Bahreïn est régulièrement accusé par des ONG et des organisations internationales de graves violations des droits humains visant les opposants, en particulier depuis la répression féroce du soulèvement populaire de 2011, porté notamment par la communauté chiite, dans le sillage du Printemps arabe.

De nombreux dissidents réclamant des réformes politiques avaient été incarcérés à l'époque, la plupart dans la prison de Jau, où ils dénoncent régulièrement les conditions de détention.

« Cœurs brisés »

En août, trois rapporteurs de l'ONU avaient appelé Bahreïn à des mesures immédiates pour garantir les droits des détenus, en pointant du doigt les allégations de mauvais traitement. Manama, qui nie l'existence de prisonniers d'opinion dans le pays, avait démenti ces allégations. 

Les familles des personnes concernées par la grâce ont été contactées par les autorités, mais même celles qui ne l'ont pas été se sont rendues à la prison dans l'espoir de voir leurs proches libérés.

« Nous sommes allés à Jau pour vérifier si le nom de mon fils figurait sur la liste », a raconté à l'AFP une mère rentrée, déçue, après deux heures d'attente devant le centre de détention. « Depuis que la grâce a été accordée, nous n'avons pas dormi un instant, attendant un appel ou des nouvelles », a-t-elle affirmé sous couvert d'anonymat. 

Fatima Abdelhassan, dont le fils de 39 ans est emprisonné à perpétuité à la prison de Jau depuis 2011, n'a pas « fermé les yeux » depuis hier soir, se demandant « pourquoi certaines personnes avaient droit au bonheur alors que nos cœurs continuent d'être brisés ».

Parmi les personnes libérées figure le manifestant Ali Sanqoor, photographié torse nu devant des chars de l'armée déployés durant le mouvement de contestation en 2011, selon BIRD. Tout en saluant une « avancée significative », son représentant, Sayed Alwadaei, a appelé les autorités à inclure « les défenseurs des droits humains et les dirigeants de l'opposition (...) qui croupissent derrière les barreaux uniquement pour avoir exercé leurs droits fondamentaux ».  « Leur libération permettrait de tourner la page d'une ère sombre », a-t-il ajouté.

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a elle aussi salué la libération des détenus, tout en soulignant qu'il restait encore du travail à faire. « Plusieurs figures politiques et défenseurs des droits humains restent détenus de manière injustifiée. Il est grand temps qu'ils soient également libérés », a déclaré Niku Jafarnia, chercheuse de HRW pour Bahreïn.

De nombreux détenus ont été libérés jeudi à Bahreïn après avoir été graciés par le roi, parmi lesquels des prisonniers d'opinion, selon l'Institut bahreïni pour les droits et la démocratie (BIRD). Cette grâce survient cinq mois après celle accordée en avril à l'occasion de la fête de l'Aïd, qui avait permis la libération de plus de 1.500 personnes condamnées dans des affaires de droit commun ou pour participation à des manifestations.De nombreuses vidéos partagées sur les réseaux sociaux ont montré des retrouvailles émouvantes avec leurs proches à la sortie de la prison de Jau (sud), la plus grande de ce petit royaume du Golfe.L'agence de presse officielle bahreïnie, BNA, avait fait état mercredi soir d'un décret royal graciant 457 détenus « à l'occasion du jubilé d'argent de...