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Politique - Focus

Le renouvellement du mandat de la Finul revient sur la table, sur fond de guerre au Liban-Sud

Une séance de discussion de la résolution 1701 a été fixée pour le 24 juillet au Conseil de sécurité, le même jour où Netanyahu prononcera son discours devant le Congrès.

Le renouvellement du mandat de la Finul revient sur la table, sur fond de guerre au Liban-Sud

Des soldats de la Finul dans la localité frontalière de Adaïssé, au Liban-Sud, le 12 avril 2024. Photo tirée du compte X de la force onusienne

Premier rendez-vous, le 24 juillet. Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira ce jour-là pour discuter de l’application de la résolution 1701 (2006) et du renouvellement (prévu fin août) du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Généralement, cette échéance est marquée par un bras de fer généré par le forcing d’Israël, soutenu naturellement par Washington, pour une modification du mandat des Casques bleus de manière à élargir leurs prérogatives afin d’empêcher le Hezbollah d’attaquer l’État hébreu. Sauf que cette fois-ci, la question revient sur la table dans un contexte explosif marqué par les affrontements entre le Hezbollah et Israël en cours depuis le 8 octobre dernier au Liban-Sud. Elle revient aussi à l’heure où la mise en application de la 1701 est au centre des efforts internationaux, notamment américains, pour un retour au calme à la frontière. D’ailleurs, la réunion du Conseil de sécurité coïncidera avec le discours prévu le 24 juillet aussi du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, devant le Congrès américain, à Washington. Les acteurs impliqués dans le processus n’établissent toutefois pas de lien entre les deux dossiers. Ils s’attendent même à ce que le renouvellement du mandat de la Finul passe comme une lettre à la poste… sauf surprise israélienne de dernière minute.

Le projet de résolution autorisant les Casques bleus à poursuivre leur mission à la frontière libano-israélienne a été finalisé et sera soumis au secrétariat général des Nations unies dans les prochains jours, a appris notre journal. Il est, cette année aussi, le fruit d’efforts français, Paris étant le « porte-plume du Liban dans ce dossier », comme le souligne à L’Orient-Le Jour une source diplomatique, faisant savoir que ces efforts sont déployés en coordination avec les États-Unis qui pressent, à travers leur émissaire présidentiel Amos Hochstein, pour un arrêt des combats. « La coordination entre Washington et Paris se poursuit depuis le sommet tenu le 8 juin dernier en Normandie entre le président américain Joe Biden et son homologue français Emmanuel Macron », rappelle un diplomate occidental qui dit s’attendre à « un renouvellement technique du mandat de la Finul », c’est-à-dire à un maintien du texte de la résolution tel quel sans aucune modification. L’OLJ a d’ailleurs appris de sources diplomatiques concordantes qu’aucun pays n’a demandé d’apporter des modifications au texte ou d’élargir les prérogatives de la Force internationale. Cependant, ces sources expriment leur crainte qu’une demande en ce sens ne soit soumise ultérieurement, ce qui pourrait affecter négativement le déroulement de la séance du Conseil de sécurité et rendre la prise de décision plus difficile.

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C’est dans ce cadre que la nouvelle représentante de l’ONU au Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, s’est rendue il y a deux semaines en Israël. Selon un communiqué publié par le bureau de la diplomate à Beyrouth, cette dernière a effectué ce déplacement « en prélude à la séance du Conseil de sécurité prévue avant la fin du mois ». Selon le texte, les discussions de Mme Plasschaert avec les responsables israéliens ont été axées sur « le besoin de rétablir le calme à la frontière, de permettre (la mise en place d’)une solution diplomatique et de régler les points litigieux de la 1701 ». Comprendre : l’application totale de la résolution. Adoptée pour mettre fin à la guerre de juillet 2006, la 1701 stipule un éloignement du Hezbollah de la région frontalière, dans l’objectif de limiter sa capacité à mener des attaques contre Israël. Effectivement, dans son article 8, la résolution prévoit « l’établissement, entre la ligne bleue et le Litani, d’une zone d’exclusion de tous personnels armés, biens et armes, autres que ceux déployés dans la zone par le gouvernement libanais et la Finul ». Dans ce cadre, Beyrouth est censé mobiliser quelques 15 000 soldats de l’armée libanaise, qui seront chargés, avec les Casques bleus, d’assurer la stabilité dans la région frontalière et d’empêcher la reprise des hostilités. Le Conseil de sécurité va même plus loin, appelant Beyrouth à étendre sa souveraineté sur tout son territoire « de sorte qu’aucune autorité ne s’y exerce autre que celle du gouvernement libanais ». Or, ni le Hezbollah ni l’État libanais n’ont respecté ces engagements, même si les combattants du parti chiite gardaient, depuis 2006, profil bas dans la « zone d’exclusion ». Ce qui, bien entendu, n’est plus le cas depuis le 8 octobre dernier.

Le Hezbollah « disposé à coopérer »

Mais du côté libanais, on cherche à s’éloigner des terrains minés. « Très probablement, le texte de la résolution sera adopté sans aucune modification », estime une source gouvernementale haut placée. Elle confie aussi que le Hezbollah a fait savoir au Premier ministre sortant, Nagib Mikati, que la milice chiite « est disposée à coopérer (avec les autorités libanaises) pour une application de la 1701 dans sa version actuelle ». Une information que le porte-parole du parti chiite, Mohammad Afif Naboulsi, préfère ne pas commenter, renvoyant la balle dans le camp du gouvernement. « C’est entre leurs mains que se trouve le dossier actuellement », lance-t-il, prédisant « une extension routinière du mandat des Casques bleus ». « Surtout que notre dernier plaidoyer pour empêcher la Finul d’échapper au contrôle de l’armée libanaise n’a pas porté ses fruits », ajoute M. Naboulsi, dans une référence au différend suscité en 2023 par l’article introduit sous l’impulsion des puissances occidentales, accordant la permission à la force onusienne de mener sa mission « sans autorisation préalable » et de « manière indépendante » de l’armée libanaise. « Nous avions conclu une entente avec les soldats onusiens qui ont accepté de respecter les spécificités des villages du Sud et de collaborer avec l’armée », ajoute le porte-parole du Hezbollah, prenant le soin de n’établir aucun lien entre ce dossier et la guerre actuelle. « Ce sont deux sujets différents », affirme-t-il, dans une position calquée sur celle de la Finul. « Les efforts en cours pour une désescalade n’ont rien à voir avec notre mandat », affirme à L’OLJ Andrea Tenenti, porte-parole de la force onusienne. 

Premier rendez-vous, le 24 juillet. Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira ce jour-là pour discuter de l’application de la résolution 1701 (2006) et du renouvellement (prévu fin août) du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Généralement, cette échéance est marquée par un bras de fer généré par le forcing d’Israël, soutenu naturellement par Washington, pour une modification du mandat des Casques bleus de manière à élargir leurs prérogatives afin d’empêcher le Hezbollah d’attaquer l’État hébreu. Sauf que cette fois-ci, la question revient sur la table dans un contexte explosif marqué par les affrontements entre le Hezbollah et Israël en cours depuis le 8 octobre dernier au Liban-Sud. Elle revient aussi à l’heure où la mise en application de la 1701 est au...
commentaires (2)

Au Liban, ""Le renouvellement du mandat de la Finul..."" est un sujet marronier qui revient sans cesse dans l'actualité, surtout à échéance du mandat, comme si la sécurité ne dépend que de cette force pour la renouveler. C'est facile d'entretenir la paix aux frais des "autres"...

Charles Fayad

11 h 27, le 13 juillet 2024

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Commentaires (2)

  • Au Liban, ""Le renouvellement du mandat de la Finul..."" est un sujet marronier qui revient sans cesse dans l'actualité, surtout à échéance du mandat, comme si la sécurité ne dépend que de cette force pour la renouveler. C'est facile d'entretenir la paix aux frais des "autres"...

    Charles Fayad

    11 h 27, le 13 juillet 2024

  • Quel casse tête, il faut dire que le Liban sud n’est pas le Liban c’est le Hezbollah et l’Iran

    Eleni Caridopoulou

    10 h 27, le 13 juillet 2024

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