Le chef des Kataëb Samy Gemayel lors d’un meeting partisan à Bickfaya, mardi 23 janvier 2024. Photo tirée du site du parti
Le chef du parti Kataëb, le leader maronite Samy Gemayel, a réclamé mercredi soir l'application de la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui prévoit le désarmement des milices au Liban, estimant qu'elle est « nécessaire pour sauver » le pays. Dans un entretien sur la chaîne libanaise LBCI, M. Gemayel a ajouté qu'il fallait élire un nouveau président, un poste vacant depuis plus d'un an et demi, pour que le Liban « soit représenté à la table des négociations » sur une résolution au Liban-Sud.
Jusqu'à présent, la position officielle libanaise a été de pousser pour la mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité pour une résolution des tensions entre le parti chiite et Israël. Ce texte, adopté pour mettre un terme à la guerre de juillet 2006, prévoit que seules l’armée libanaise et la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) doivent être déployés dans le Sud à l’exclusion des forces israéliennes et des milices, dont celle du Hezbollah. La résolution 1559, adoptée le 2 septembre 2004, prévoit, elle, le désarmement et la dissolution de toutes les milices, y compris le Hezbollah, et le retrait des forces étrangères dans le pays, en référence, à l'époque, aux troupes syriennes, et également à l'armée israélienne des territoires encore occupés du Sud.
La résolution 1701 de l'ONU « sert les intérêts d'Israël »
« La résolution 1559 résume tout ce qui est nécessaire pour sauver le Liban », a déclaré M. Gemayel à la LBCI, insistant sur le fait qu'elle est « fondamentale car elle confirme le droit du Liban à ce que les armes soient uniquement aux mains de l'armée et le désarmement des milices ». Selon lui, si elle n'est pas respectée, « la vie des Libanais restera suspendue à jamais ». Le député du Metn a estimé que c'est la 1559 qui « convient au Liban », tandis que la 1701, qui appelle aussi au désarmement mais sans être axée sur ce point, « sert les intérêts d'Israël ».
Il a souligné que Tel Aviv « a réussi à placer ses intérêts en tête des priorités de l'Occident », et que les Libanais « doivent être représentés à la table des négociations » pour une résolution dans le Sud, qui doivent être « tripartites et non bilatérales ». Toutefois, pour assurer cette représentation, il faut élire un chef de l'État, selon lui.
L'article 52 de la Constitution stipule que le président de la République « négocie les traités et les ratifie en accord avec le chef du gouvernement ». « La présence d'un président placerait le Liban à la table des négociations, pour garantir ses intérêts et c'est pour cela que le Hezbollah ne veut pas d'un président, afin de ne pas être partenaire dans les pourparlers », a ajouté Samy Gemayel.
Une « campagne de propagande » pour l'Iran
Affichant sa « grande sympathie pour les Palestiniens, qui sont victimes de l'injustice et ont droit à un État indépendant et sûr », il a fustigé l'ouverture par le Hezbollah de son « front de soutien » à Gaza, le 8 octobre. « Cela montre que son objectif n'est pas de défendre Gaza ou les Palestiniens, mais de promouvoir le projet de la +résistance+ », a-t-il lancé. Il a assimilé les combats du Hezbollah sur le front au Liban-Sud à une « grande campagne de propagande qui coûte la vie à des centaines de Libanais affiliés au Hezbollah, pour que l'Iran se présente comme un défenseur des arabes à Gaza ». Selon notre décompte, 365 membres du Hezbollah ont été tués dans des frappes israéliennes au Liban et en Syrie depuis le début des combats.
« Si l'objectif du Hezbollah était de libérer la Palestine, pourquoi n'a-t-il pas pénétré le nord d'Israël le 7 octobre, alors que la situation y était favorable ? », a insisté Samy Gemayel, comparant le parti chiite à « Hitler, qui a réussi avec la logique de la force, mais est devenu une tache honteuse dans l'histoire ».
Coalition d'opposition « sans leader »
Il a en outre appelé à une « coalition » élargie de l'opposition au Liban contre le Hezbollah, pour laquelle les Kataëb contribuent à convaincre certains députés encore frileux. Lundi, une conférence de presse avait rassemblé des députés du parti de M. Gemayel avec des représentants des Forces libanaises et d'indépendants, pour réclamer la déclaration de l'état d'urgence au Liban-Sud et une séance parlementaire sur le conflit.
Cette opposition devrait selon lui être « unie, sans leader et représenter toutes les communautés et tous ceux qui refusent la domination du Hezbollah sur le processus de prise de décisions ». Il a par ailleurs estimé que le Hezbollah « ne veut pas d'un élargissement de la guerre et joue sur des équilibres délicats, tout en misant sur le fait qu'Israël ne veut pas de guerre ».




Tout à fait d’accord pour une unité de l’opposition de toutes confessions et partis confondus mais sans leader? Vous n’avez rien appris de l’histoire? Ou bien parce que ce seront pas les Kataëb qui géreront et ça vous dérange? Il faut une assise qui établira un programme validé par tous, puis un directoire qui se chargera de l’activer à la lettre et bien sûr un leader pour gérer. Faite le Calife quelque part pour satisfaire son égo de féodal il aura peut être des idées complètes et fonctionnelles. Quand aux résolutions, elles sont identiques et se complètent. Le résultat compte.
08 h 52, le 06 juillet 2024