Le soleil se couche sur Gaza, vu depuis la frontière avec Israël, le 3 juillet 2024. REUTERS/Amir Cohen
L'ONU a dénoncé mercredi des informations faisant état d'abus « inacceptables » voire de tortures subies par des détenus palestiniens depuis l'attaque du Hamas en Israël le 7 octobre et la guerre à Gaza, et exigé une enquête.
Les Nations unies expriment depuis longtemps leurs inquiétudes quant aux conditions de détention des Palestiniens dans les prisons israéliennes.
La situation semble cependant s'être aggravée depuis le début de la guerre.
Interrogé sur un récent cas où l'armée israélienne a reconnu que des soldats avaient attaché un Palestinien blessé sur un véhicule militaire lors d'un raid dans la ville de Jénine en Cisjordanie occupée, le Haut-commissaires aux droits de l'homme Volker Türk a répondu.
« C'est clair que c'est écœurant de voir des traitements totalement inacceptables », a-t-il condamné lors d'un point presse à Genève.
« Il faut absolument une enquête transparente et indépendante à cet égard pour qu'on puisse savoir ce qui s'est passé, et pour faire en sorte que ceux qui ont commis ces actes soient traduits en justice », a-t-il ajouté.
Si personne ne rend des comptes, « des violations flagrantes comme celle-ci vont se poursuivre en toute impunité », a insisté la porte-parole de M. Türk, Ravina Shamdasani.
Tout en prenant acte qu'Israël avait reconnu que l'incident n'était pas conforme à son propre code de conduite, elle a estimé que « le dénigrement et la déshumanisation d'une communauté entière... permet et facilite presque le comportement des troupes israéliennes ».
Le Haut-commissariat a « reçu des rapports très inquiétants et très pénibles sur la façon dont les détenus palestiniens sont traités par les forces israéliennes depuis le 7 octobre », a-t-elle dit.
Ces informations font état de « personnes détenues au secret... de torture, de mauvais traitements, de menottes, de privation de nourriture, d'eau, de médicaments », a-t-elle déclaré, signalant également des allégations d'abus sexuels sur des détenus.
« C'est inacceptable et cela doit cesser », dit-elle.
Israël a été questionné directement par le Haut-commissariat, sans réponse pour l'instant.
Lorsque les autorités israéliennes ont libéré lundi Mohammed Abu Salmiya, directeur de l'hôpital Al-Shifa de la ville de Gaza, ainsi que des dizaines d'autres détenus, ce dernier a affirmé avoir été victime de « graves tortures » en détention. L'AFP a demandé une réaction à Israël.
En vertu du droit international, « il existe une interdiction absolue du recours à la torture, quelles que soient les circonstances », y compris en temps de guerre, rappelle Mme Shamdasani.
La guerre la plus sanglante de l'histoire de Gaza a éclaté après l'attaque du Hamas contre le sud d'Israël le 7 octobre, qui a fait 1.195 morts, pour la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres israéliens. Les militants ont également capturé 251 otages, dont 116 sont toujours à Gaza, morts pour 42 d'entre eux selon l'armée. Depuis lors, l'offensive de représailles israélienne a tué au moins 37.953 personnes, également pour la plupart des civils, selon les données du ministère de la Santé du territoire contrôlé par le Hamas.


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