Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. Photo ANI
Les Forces libanaises (FL) ont critiqué samedi dans un communiqué des propos du chef du Courant patriotique (CPL) Gebran Bassil, l'accusant de faire le jeu du Hezbollah et du mouvement Amal en avalisant leur appel à l'organisation d'une « table de dialogue » par le président du Parlement Nabih Berry, chef du mouvement Amal, en vue de faciliter l'élection d'un nouveau chef de l'Etat.
« Le député Gebran Bassil tente de banaliser la coutume que le tandem chiite essaie de consacrer. Il a estimé qu'il s'agit d'un sujet qui n'est pas important, qui rentre dans le cadre des formalités et qui ne constitue pas de précédent », estiment les FL. « Si l'ensemble des blocs (groupes parlementaires) répondent à l'invitation au dialogue du président du Parlement, il s'agira d'un précédent », ajoute le texte.
Jeudi, le chef du CPL avait appelé les protagonistes à participer à un dialogue ou à des concertations pour faciliter l’élection présidentielle, rejoignant ainsi l'appel du chef du Législatif, qui conditionne toute convocation d'une séance électorale à la tenue d’un dialogue sous sa houlette. L’opposition rejette cette condition, arguant que Nabih Berry n’a pas le droit de conditionner la convocation d’une séance électorale, et l’accuse de vouloir ériger les tables de dialogue en « coutume anticonstitutionnelle » avant chaque échéance électorale.
« Nabih Berry a déclaré qu'il relève de ses prérogatives d'appeler à un dialogue pour élire un président de la République et qu'il ne renoncera pas à ces prérogatives. Le député du Hezbollah Mohammad Raad a considéré pour sa part que l'invitation de M. Berry au dialogue est une coutume et que la coutume l'emporte sur la Constitution », soulignent les FL.
« Pas aux dépens de la Constitution »
« La présidence du Parlement veut mettre la main sur la présidence de la République (...) Le groupe qui paralyse la présidentielle tente de mener les autres à la participation à un dialogue anti-constitutionnel », poursuit le texte. « Si le député Gebran Bassil veut se positionner, au niveau de la présidentielle, aux côtés du tandem chiite, il a le droit de le faire, mais il ne peut pas le faire aux dépens de la Constitution et du statut national de la présidence », ajoutent les FL.
Des propos auxquels le CPL n'a pas tardé à répondre samedi, accusant le chef des FL Samir Geagea « de ne pas vouloir discuter, ni confronter, mais de vouloir attendre (des directives de) l'étranger aux dépens des besoins du Liban ». « En 2014, Samir Geagea avait pris part au dialogue pour la présidentielle. Aujourd'hui en 2024, il estime qu'il ne peut pas le faire et qu'il s'agit d'une coutume. Le résultat est le prolongement du vide » au niveau du poste du chef de l'Etat, a estimé le CPL.
Le CPL avait rappelle-t-on rejoint les rangs de l'opposition au tandem chiite lors de la dernière séance pour l'élection d'un nouveau président, il y a tout juste un an, en votant pour l'ancien ministre Jihad Azour. Une prise de position due au soutien du Hezbollah et du mouvement Amal à une candidature du chef des Marada, Sleiman Frangié, rival de M. Bassil. Si ce dernier avait déclaré jeudi qu'il préférait l'élection de Sleiman Frangié à une prolongation du vide présidentiel, il avait néanmoins affirmé le lendemain à L'Orient-Le Jour que sa position concernant la candidature du chef des Marada « n'avait pas changé ».
Peu après la publication du communiqué des FL, le Parti socialiste progressiste, joumblattiste, qui avait lancé une initiative pour tenter de rassembler les points de vue des différents acteurs politiques, a « renouvelé son appel à une ouverture et à une discussion sereine, loin des surenchères et des discours populistes ».



Il faut que les Libanais comprennent que les élections sont faites pour ÉLIRE un personnage a la majorité +1 des voix présentes. Si nous devons nous concerter pour en choisir un cela ne s'appelle plus des "élections" et notre démocratie n'en est plus une. Un président est élu sur base de son programme. En l’occurrence, nous en avons deux. Le premier, celui du Hezbollah et de ses amis: Perpétuer la corruption et la mouise qu'ils ont instaurer depuis 1990, le second: Une tentative de changer les choses en engageant des reformes et faire respecter les lois et la constitution. Un choix claire!
08 h 59, le 19 juin 2024