Des piétons tenant des parapluies passent devant le site temporaire en construction pour les prochains Jeux Olympiques de Paris 2024, fermé à la place du Trocadéro, avec la Tour Eiffel à l'arrière, à Paris, le 31 mai 2024. Photo AFP/SAMI KARAALI
Trois hommes soupçonnés d'avoir déposé au pied de la tour Eiffel des cercueils portant l'inscription « Soldats français de l'Ukraine » ont été présentés lundi à un juge français, l'enquête devant établir « une éventuelle ingérence étrangère ».
Le parquet a requis l'inculpation des trois suspects pour « violences avec préméditation », a précisé le parquet de Paris. Mais ils ont échappé à l'inculpation et été libérés, placés sous le statut de témoin assisté, a annoncé le parquet dans la soirée.
Les trois hommes sont un Bulgare de 38 ans qui a conduit le véhicule ayant transporté les cercueils, un homme de 25 ans né en Allemagne, et un de 17 ans né en Ukraine, a précisé le parquet.
Samedi matin, les trois personnes ont déposé « cinq cercueils de taille réelle recouverts d'un drapeau français, avec mention +soldats français de l'Ukraine+ », avait indiqué une source proche du dossier à l'AFP. Les cercueils « contenaient du plâtre », avait-elle ajouté.
Le chauffeur de la camionnette a ensuite été « interpellé aux abords » de la tour Eiffel, selon cette source.
Payés 400 euros
L'exploitation de son téléphone a démontré un lien avec un homme, lui aussi de nationalité bulgare, et qui avait été « identifié » par les enquêteurs dans l'affaire des tags « mains rouges » sur le Mémorial de la Shoah de Paris mi-mai, a précisé une source policière.
Deux autres personnes ont ensuite été interpellées dans l'après-midi à la gare routière de Bercy, alors qu'elles s'apprêtaient à « prendre un bus pour Berlin », selon la source proche du dossier.
Entendu, le conducteur a affirmé aux policiers ne pas connaître les deux jeunes ayant déchargé les cercueils. Il a dit les avoir rencontrés « la veille avec les cercueils et leur avait demandé de les ouvrir pour s'assurer qu'aucun corps n'était présent », a détaillé à l'AFP une source policière.
Les deux plus jeunes ont déclaré s'être « rencontrés une fois à Berlin mais être venus séparément en France », a ajouté cette source.
Tous trois ont dit « être sans emploi et avoir besoin d'argent », a encore dit la source policière. Le conducteur a déclaré « avoir été payé 120 euros pour cette mission et les jeunes 400 euros ».
Mémorial de la Shoah
Cet incident fait écho à deux récentes affaires où existent les mêmes soupçons de manipulation étrangère.
Dans la nuit du 13 au 14 mai, des mains rouges avaient été taguées sur le mémorial de la Shoah à Paris et les policiers soupçonnent trois personnes ayant fui à l'étranger.
En octobre, après le début de la guerre Israël-Hamas, des étoiles de David avaient été taguées sur plusieurs façades d'immeubles en région parisienne. Les faits, pour lesquels un couple de Moldaves a été interpellé, ont été imputés par les autorités françaises aux services de sécurité russes (FSB).
Dans les deux cas, ce sont « des commanditaires payés pour déstabiliser et appuyer sur les clivages de la société française », a estimé mi-mai le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné.


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