Le patriarche maronite Béchara Raï, au cours d'une messe à Bkerké. Photo ANI
Plus d'un an et demi après la fin du sexennat de Michel Aoun, Bkerké et Dar el-Fatwa continuent de plaider en faveur de l'élection d'un président de la République au Liban. Samedi, le chef de l'Église maronite Béchara Raï et le mufti de la République Abdellatif Deriane ont appelé les députés au dialogue pour débloquer cette échéance, alors que plusieurs observateurs estiment que l'impasse politique est partie pour durer, aucune perspective de résolution n’étant visiblement possible avant que la situation à Gaza et dans le sud du Liban ne soit réglée.
Dans un discours prononcé au cours d'une conférence intitulée « Le renouveau pour le pays », Mgr Raï a estimé que « personne n'ose entamer un dialogue national franc et sincère qui transcenderait les intérêts personnels et factionnels, et personne ne voit l'intérêt de répondre à une invitation à un dialogue qui ne plonge pas sérieusement dans l'essence des points de désaccord qui se sont accumulés au point de devenir des bombes à retardement ». « Le boycott résultant du manque de confiance entre les Libanais prévaut aujourd'hui », a-t-il poursuivi.
« Nous voulons un président pour changer et créer un nouvel environnement national propre, un comportement éthique, un engagement envers les constantes historiques, des relations positives avec le monde, la fin de la dépendance et de la fragmentation de la légitimité et une nouvelle approche des problèmes », a plaidé Béchara Raï. Il a ainsi estimé que « le Liban s'est transformé en scène de chaos et de reddition des comptes ». Pour lui, le pays est devenu « un champ ouvert à toutes les possibilités de destruction ». Il a également noté que « des cantons sociaux sont apparus dans les milieux libanais », regrettant qu'ils « délibèrent sur la manière de se politiser ». Il a enfin fustigé le fait que « la société libanaise soit devenue familière des problèmes et intraitable face aux solutions ».
Appel au dialogue
De son côté, Dar el-Fatwa a souligné samedi la nécessité « d'instaurer un climat de dialogue, de convergence et d'entente entre toutes les composantes politiques pour élire un président de la République et abandonner les tensions politiques, la rigidité dans les positions, les querelles, les rivalités, les distances, la division et le clivage, de peur que le Liban ne glisse vers l'inconnu puis l'explosion et l'effondrement ».
La plus haute instance sunnite dans le pays a sommé les députés « à assumer leur devoir national et constitutionnel et à élire un chef de l’État rassembleur, afin que le vide présidentiel ne reste pas le maître de la situation (...) ni en lien avec ce qui se passe dans la région ». Elle a enfin appelé les partis politiques « à adopter un discours national rationnel loin des slogans sectaires, à la coopération et (....) au dialogue inconditionnel par lequel il faut passer pour parvenir au consensus qui mène à l'élection d'un président ».
Il y a plusieurs mois, le bloc de la Modération nationale (députés sunnites ex-haririens) avait lancé une initiative visant à réunir les protagonistes pour une séance de concertations au Parlement afin de résoudre la crise politique. L'invitation a été rejetée par le tandem chiite qui estime que seul le président du Parlement est habilité à convoquer et présider des pourparlers entre les groupes parlementaires. Le Hezbollah et le mouvement Amal (de Nabih Berry) soutiennent la candidature à la présidence du chef des Marada Sleiman Frangié, tandis que l'opposition, rejointe par le Courant patriotique libre (CPL, aouniste, normalement allié au Hezbollah) sont en faveur de la candidature de l'ex-ministre des Finances et cadre au sein du Fonds monétaire international, Jihad Azour.



JE DIS AUX DEUX : OCCUPEZ-VOUS DU SPIRITUEL, PAS DU RITUEL ! NOUS SOMMES LA POUR SAUVEGARDER LE LIBAN ! RIEN QUE LE LIBAN !
17 h 58, le 02 juin 2024