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Économie - Agro-industrie

Le secteur vinicole libanais veut recenser tous les champs de vigne du pays

L’Institut national de la Vigne et des Vins libanais a dressé un état des lieux de l’industrie vinicole lors d'un premier colloque du genre organisé avec l'Institut de recherche industrielle. 

Le secteur vinicole libanais veut recenser tous les champs de vigne du pays

Le président de l’Institut national de la Vigne et des Vins libanais (INVV), Zafer Chaoui, lors d'un colloque le 20 mars 2024 à l'Université libanaise. Photo DR.

L’Institut national de la Vigne et des Vins libanais (INVV) a organisé mercredi un colloque scientifique consacré à la viticulture au Liban, « le premier du genre », selon ses promoteurs. Au cours de ce rassemblement de professionnels hébergé par l’Institut de la recherche industrielle (IRI) dans les locaux de l’Université libanaise à Hadath (Baabda), l’INVV a annoncé son projet de créer une base statistique complète de toutes les ressources et paramètres du secteur.

Ce chantier va commencer par un recensement de tous les champs de vignes dont le raisin est destiné à la production de vin, comme l’a annoncé à L’Orient-Le Jour Zafer Chaoui, président de l’Institut de la vigne et de Chateau Ksara, qui espère que le recensement soit terminé avant la fin de l’année 2024.

« Il s’agit de l’une des premières étapes dans un plan de travail qui commence avec ce colloque et dont l’objectif est d’optimiser l’organisation de la filière sur laquelle nous manquons actuellement de données exhaustives », assure-t-il.

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10 à 13 millions de bouteilles par an

Lors du colloque organisé par l’INVV, en partenariat avec l’IRI, les experts invités ont dressé un état des lieux de l’industrie vinicole dans le monde et au Liban, ainsi que les moyens mis en œuvre par ses acteurs pour faire face aux défis du changement climatique.

« Selon nos estimations sur les données que nous avons, le Liban produit actuellement 10 à 13 millions de cols (ou bouteilles) par an, (soit entre 7,5 et 10 millions de litres, ndlr) toutes catégories confondues, pour un nombre de producteurs qui a explosé depuis la fin de la guerre civile en 1990 », explique Zafer Chaoui.

Il indique que la filière compte désormais 47 producteurs inscrits au ministère de l’Agriculture alors qu’ils n’étaient que huit 24 ans plus tôt. Beaucoup d’entre eux sont des petits producteurs qui produisent moins de 10.000 à 15.000 bouteilles par an. Certains font sous-traiter l’embouteillement de leur production.

« C’est un nombre beaucoup trop important pour le Liban qui n’a pas suffisamment d’atouts pour rivaliser avec les grands producteurs, principalement parce qu’il y a moins de terrains disponibles et que ceux-ci sont plus chers compte tenu de la taille du pays. D’où la nécessité de miser sur la qualité des produits libanais pour se faire une place dans le monde », expose encore M. Chaoui.

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Selon les chiffres de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), la production mondiale de vin a baissé de 7 % en 2023 et atteint un de ses plus bas niveaux depuis 1961 avec 244,1 millions d'hectolitres. Une baisse directement liée aux aléas climatiques et qui a particulièrement touché les pays méditerranéens. Selon Zafer Chaoui, le Liban n’a pas été épargné par cette tendance, même si, là aussi, les statistiques manquent pour mesurer son impact avec précision.

L’INVV (qu’il ne faut pas confondre avec l’Union vinicole du Liban, une association privée rassemblant les principaux producteurs du pays) a été créée en 2013, plus de 12 ans après le vote au Parlement d’une loi régissant le secteur du vin. C’est une autorité de supervision indépendante qui rassemble trois représentants de l’administration – un pour chacun des ministères de l’Agriculture, de l’Économie et du Commerce, et de l’Industrie – ainsi que six représentants du secteur privé.

Les cinq sièges réservés aux producteurs de vin sont pourvus, mais il manque toujours un représentant pour les producteurs de raisin. Tous les producteurs qui souhaitent exporter leur vin doivent y être inscrits. Malgré la bonne volonté de ses membres, le travail de l’INVV est pénalisé par l’insuffisance de ses moyens, compte tenu de l’impact de la crise que traverse le pays depuis 2019. 

L’Institut national de la Vigne et des Vins libanais (INVV) a organisé mercredi un colloque scientifique consacré à la viticulture au Liban, « le premier du genre », selon ses promoteurs. Au cours de ce rassemblement de professionnels hébergé par l’Institut de la recherche industrielle (IRI) dans les locaux de l’Université libanaise à Hadath (Baabda), l’INVV a annoncé son projet...
commentaires (3)

C’est quoi ce comité et que vient faire l’administration là dedans?

PPZZ58

09 h 22, le 23 mars 2024

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Commentaires (3)

  • C’est quoi ce comité et que vient faire l’administration là dedans?

    PPZZ58

    09 h 22, le 23 mars 2024

  • Beaucoup de nos vins sont bons, très bons voire excellents. Malheureusement leurs prix sont élevés par rapport au niveau de vie du pays. Une fois de plus, le simple citoyen ne peut plus se permettre ce luxe de boire un bon vin

    Lecteur excédé par la censure

    09 h 16, le 21 mars 2024

  • Ce n’est pas pour rien que Bacchus le dieu du vin a son temple à Baalbek…

    Gros Gnon

    08 h 42, le 21 mars 2024

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