L’ordre des pharmaciens au Liban et l’association JAD (Jeunesse antidrogue) ont organisé au siège de l’ordre un congrès intitulé « Protéger la société contre la toxicomanie et lutter contre la contrebande des médicaments et de toutes les substances psychotropes ».
Quatre thèmes principaux rythmaient le congrès : la coopération internationale et l’échange d’informations pour lutter contre les réseaux de trafic de drogue ; les techniques efficaces de contrôle des frontières et d’inspection des marchandises ; le rôle des médias et de la technologie dans la prévention, celui du soutien familial et communautaire dans la réintégration, l’importance du traitement ; les facteurs biologiques et psychologiques qui contribuent à la dépendance ; les propositions de solutions et l’élaboration de lois.
Le président du congrès, Maroun al-Khouli, a déclaré que « la réalité libanaise nous oblige à faire face sérieusement à ce fléau car la dépendance se propage de plus en plus dans notre société, qu’il s’agisse de drogues, d’alcool ou autres. Parallèlement, le Liban souffre du problème de la contrebande (…) Apporter des solutions nécessite des efforts conjoints de la part de tous les acteurs de la société : l’État, les syndicats, la société civile… Il faudrait développer des stratégies et des programmes efficaces pour construire une société résiliente, une société qui comprend, qui traite et qui prévient les méfaits de la toxicomanie et lutte contre les réseaux criminels ».
Le but de ce congrès est d’élaborer des recommandations concrètes, de proposer des lois et des programmes, et d’allouer des ressources, en réunissant des chercheurs, des médecins et des services sécuritaires. « Il n’existe pas de solution universelle. Nous devons adopter la nuance et l’équilibre, et reconnaître les limites de chaque approche tout en travaillant à favoriser la collaboration et l’innovation », a-t-il conclu.
Le procureur général financier, Ali Ibrahim, a abordé le problème de la contrebande des médicaments qui est une réalité au Liban. « Une coopération est menée de manière constante entre les autorités compétentes et les services de sécurité pour assurer un contrôle efficace face aux nombreuses opérations de contrebande de médicaments. » Il a appelé le ministère de la Santé ainsi que l’ordre des pharmaciens à poursuivre leur rôle majeur dans la prévention de la contrebande, dans le maintien du contrôle de la qualité du médicament et de ses spécifications.
Pour sa part, le président de l’ordre des pharmaciens, Joe Salloum, a alerté sur le fait que « les médicaments de contrebande sont partout, dans des boutiques, sur les réseaux sociaux », en notant que les plus dangereux sont les neurotoxiques, les tranquillisants et les substances psychotropes, qui sont vendus sans aucun contrôle ni sens de responsabilité. Il a souligné que « 60 pour cent des consommateurs de drogues ont entre 16 et 35 ans, ce qui confirme que ce fléau constitue un grand danger pour la jeunesse libanaise ».
Quant au ministre Maoulaoui, il a rappelé que « la lutte contre le trafic de drogue a toujours été parmi les priorités du ministère de l’Intérieur, grâce notamment au travail des services de sécurité et des agences antidrogue (…) La contrebande de médicaments et de substances psychotropes, partout dans le monde, est une question sensible (…) Il incombe à tous, professionnels du secteur et citoyens, de ne pas être entraînés dans l’engrenage du commerce des médicaments de contrebande qui sont peu fiables et qui peuvent être nocifs pour la santé ».


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