Une épaisse fumée dans le ciel de la localité frontalière de Marwahine, après des bombardements israéliens, le 27 décembre 2023. Photo AFP
Au 83e jour de la guerre opposant Israël au Hezbollah sur le front sud, la Force intérimaire des Nations unies pour le Liban (Finul) était au centre de l’actualité. Alors que le dernier incident impliquant les Casques bleus au Liban-Sud remonte à près d’un an (lorsqu’un soldat irlandais a été tué et trois autres blessés au moment où leur véhicule a été attaqué), la force onusienne a été visée par deux attaques distinctes à quelques heures d’intervalle. Des développements qui suscitent des questions quant à leur timing et le message qu’ils véhiculent à l’heure où la guerre fait rage à la frontière libano-israélienne et où le respect (en pratique et non en théorie) de la résolution 1701 du Conseil de sécurité devient un passage obligé pour une sortie du tunnel.
« Suicide »
Dans les faits, la Finul a appelé jeudi les autorités libanaises à ouvrir une enquête après une « attaque », dans le sud du pays, contre une de ses patrouilles la veille. « Hier soir, un Casque bleu a été blessé après qu’une patrouille a été attaquée par un groupe de jeunes hommes à Taybé », a déclaré la Finul dans un communiqué, précisant qu’un véhicule avait été endommagé. « Les attaques contre des hommes et des femmes qui servent la cause de la paix sont non seulement condamnables, mais constituent également des violations de la résolution 1701 et du droit libanais », a estimé la force onusienne. « La liberté de mouvement des soldats de la paix est vitale alors que nous travaillons à rétablir la sécurité et la stabilité le long de la ligne bleue », la ligne de démarcation entre le Liban et Israël surveillée par l’ONU, a-t-elle encore souligné. Selon des témoins, c’est un militaire du contingent indonésien qui a été blessé par un jet de pierre des habitants. Un second incident a par la suite été rapporté jeudi par la Finul ainsi que par l’Agence nationale d’information (ANI, officielle) : une patrouille du contingent français a été prise à partie « par un groupe de jeunes hommes » qui ont frappé le véhicule à l’aide d’une barre métallique, dans la localité frontalière de Kfar Kila. Il n’y a pas eu de blessé, d’après les mêmes sources.
Ces incidents interviennent à l’heure où les appels pour l’application de la résolution 1701, qui prévoit un déploiement de la force onusienne et de l’armée libanaise et le retrait du Hezbollah de la région frontalière, se multiplient à l’international. Suite à ces événements, le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, proche du Hezbollah (et considéré comme son porte-parole officieux), a appelé dans un communiqué la Finul à être « une force de justice ». « La Finul, dans la mesure de son rôle international au service de la souveraineté nationale libanaise, est la bienvenue. Toutefois, toute violation de son rôle selon nos considérations nationales est interdite et condamnée, et serait un véritable suicide. »
Mikati met en garde
Outre ces incidents, les affrontements entre Israël et le Hezbollah se sont poursuivis jeudi à un rythme de plus en plus dangereux. Ainsi, l’aviation israélienne a pour la première fois pris pour cible des localités situées à la périphérie de Houmin el-Tahta et de Roumin, dans le caza de Nabatiyé. Il s’agit d’une rare frappe en profondeur à l’intérieur du territoire libanais, à plusieurs dizaines de kilomètres de la frontière. Selon notre correspondant au Liban-Sud Mountasser Abdallah, les habitants de Houmin el-Tahta ont entendu quatre explosions et ont vu une lueur rouge provenant de la zone ciblée. Des drones israéliens ont également tiré des missiles sur la périphérie des villages de Yarin et de Beit Lif, ont indiqué à L’Orient-Le Jour des sources sécuritaires ainsi que des habitants. En parallèle, les villages de Aïta el-Chaab, Aïtaroun, Aïn al-Zarqa, Alma el-Chaab, Dhaïra, Houla, Jibbein, Khraybé, Khiam, Majdel Zoun, Marwahine, Rachaya el-Foukhar, Ramiyé, Tayr Harfa et Yater ont été visés par des tirs d’artillerie tout au long de la journée de jeudi.Pour sa part, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a déclaré qu’un drone qui s’est infiltré en Israël depuis le Liban a été intercepté par la défense antiaérienne israélienne. Selon la chaîne al-Arabiya, une forte explosion a été entendue dans la baie de Haïfa et un drone a été abattu. Avant cela, des sirènes ont été activées à Acre et dans des zones proches de Haïfa, selon le Haaretz. De son côté, le Hezbollah a déclaré avoir pris pour cible un véhicule militaire israélien qui se trouvait dans la caserne israélienne de Ramot Naftali, ainsi que des positions d’artillerie israélienne sur le site de Khirbet Maer. Le groupe chiite a également revendiqué une attaque contre un déploiement de soldats israéliens sur le site de la caserne Metat, un rassemblement de soldats israéliens sur le site de la caserne de Hounine, ainsi que le site d’al-Samaka « dans les fermes occupées de Chebaa ». Selon lui, ces attaques ont atteint leurs cibles, infligeant « des blessures directes ».
C’est dans ce contexte tendu que le Premier ministre sortant Nagib Mikati a accueilli le ministre britannique des Affaires étrangères David Cameron, lors d'un déplacement à Londres. Lors de leur entretien, M. Mikati a appelé la communauté internationale à « mettre fin à l’agression israélienne contre Gaza et le Liban-Sud ». Et de prévenir : « Les provocations israéliennes au Liban-Sud pourraient conduire à une guerre totale et régionale. » De son côté, M. Cameron a exprimé sa crainte de voir le conflit s’étendre encore plus vers le Liban. Dans la même veine, M. Mikati s’est entretenu au téléphone avec la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, l’appelant à « faire pression sur les Israéliens » pour qu’ils mettent fin à l’escalade.


Haram. Que ces Casques Bleus rentrent dans leurs pays. Ils n'ont aucun rôle utile. Vraiment leur présence est une mascarade. Que pourront ils faire en cas de guerre. Ils payent les pôts cassés.
00 h 02, le 01 janvier 2024