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Cette année encore, et pour la troisième fois, Banque BEMO a offert 100 cèdres à des Libanais et Libanaises « de cœur » vivant à l’étranger. Ces personnes d’origine libanaise, mais qui ne peuvent en avoir la nationalité parce que le père est étranger, ont néanmoins un lien spécial avec le pays.
Banque BEMO, à travers son initiative « Back to Oour Cedar Roots », leur permet de retourner à leurs racines par le biais de cèdres plantés en leur nom au Liban. Pour Riad Obegi, le PDG de la banque, « nous espérons faire bouger les choses et que d’autres institutions se rallient à notre idée. Le but de cette initiative est de créer un lien affectif entre ces personnes et le Liban. Ce n’est pas tout de garder un contact par voie électronique, mais il s’agit de leur faire sentir leur connexion à la terre. L’idée aussi est d’établir des liens entre les Libanais vivant au Liban et ceux qui sont à l’extérieur des frontières ». Et M. Obegi de poursuivre : « Leur offrir un cèdre leur rappellera leurs racines libanaises et leur procurera un lien concret avec leurs origines. »
Lors d’une cérémonie à Beit Kanz, le 22 novembre, jour de la fête de I’indépendance, 100 personnes ont été notifiées qu’elles avaient gagné « leur cèdre » à la suite d’un tirage au sort. Les gagnants obtiendront par coordonnées GPS l’emplacement de leur cèdre après que cent jeunes pousses de cèdres ont été plantées dans la forêt BEMO, à Ehden.
Beaucoup des participants ont entendu parler de l’initiative par le bouche-à-oreille et s’y sont inscrits. C’est le cas d’Olivia, dont la mère Marie-Noëlle est libanaise. Olivia a passé plusieurs années au Liban, entourée de sa famille et de la culture libanaise, avant de rentrer en France où elle vit actuellement. « En tant que femme libanaise qui n’a pas la possibilité d’être reconnue comme telle, je pense que le sujet de la nationalité transmise par la mère est essentiel », raconte-t-elle dans un message vidéo, se disant « très heureuse » d’avoir gagné un cèdre : « Je trouve cette symbolique très touchante, cela signifie que si la loi ne t’a peut-être pas reconnue, ton pays, ta terre, si. » Olivia a exprimé avec beaucoup d’émotion dans son message que malgré le fait qu’elle n’ait pas la nationalité libanaise, son sang, lui, est bien libanais. « C’est important pour ces jeunes, explique sa maman Marie-Noëlle, présente à l’événement. Ça leur fait tellement plaisir. Nous leur avons transmis la culture, la langue, mais nous n’avons pas pu donner la nationalité. L’initiative de Banque BEMO permet de mettre vraiment la lumière sur cette injustice. »
« Trente-six pays au total étaient représentés dans ce tirage au sort, avec 751 participants cette année, explique Claudine Feghaly, responsable de la communication de Banque BEMO. Les pays comptant le plus de participants étaient l’Argentine puis le Brésil ». L’ambassadrice d’Argentine Virginia Ruiz Quintar, qui vient de s’installer au Liban, était présente au tirage au sort. « Il y a beaucoup de descendants libanais en Argentine, surtout dans le nord-ouest du pays, la région d’où je viens. Le Liban me rappelle l’Argentine dans l’attachement à la famille, la joie de vivre ainsi que les circonstances économiques... » a-t-elle spécifié, en ajoutant : « Offrir un cèdre à cent personnes vivant hors du pays est très poétique. Cette démarche pourra permettre à ce que les choses changent au Liban. »
Sur les trois années écoulées, depuis le début de l’initiative BEMO 400 cèdres ont déjà été plantés. Claudine Feghaly précise que « l’année précédente, nous avions un partenaire et nous avons pu en planter deux cents, cette année, nous sommes seuls ».
Pour 2023, c’est l’association Jouzour Loubnan – qui participe à la reforestation du pays à travers des initiatives durables – qui s’est occupée de la plantation des cèdres, laquelle s’est faite en octobre avant les chutes de neige et le grand froid, dans l’intérêt des jeunes pousses.


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