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Politique - Décryptage

Hochstein au Hezbollah : La trêve approche, le Liban ne doit pas être en reste

Au moment où l’émissaire américain Amos Hochstein présentait ses condoléances au président de la Chambre Nabih Berry pour la mort des trois fillettes et de leur grand-mère à la suite du bombardement par Israël de la voiture dans laquelle elles se trouvaient, la Finul transmettait un message au Hezbollah de la part des Israéliens, qui disait clairement qu’il s’agissait d’une erreur et qu’Israël ne veut pas d’une extension des combats au Liban-Sud. Le Hezbollah – qui, il y a quelques jours, par la voix de son secrétaire général, avait défini une nouvelle équation qui se résume par « civils contre civils » – se devait donc de riposter, mais les affrontements sont restés limités géographiquement et militairement, puisque le parti chiite était soucieux de ne pas utiliser de nouvelles armes.

Les choses pouvaient en rester là, un réchauffement limité du front avec le Liban, avec toujours une possibilité de dérapage et d’extension des combats. Mais cette sorte de « statu quo négatif » ne satisfait pas les Américains. Surtout après les accusations contre les États-Unis proférées par le secrétaire général du parti dans son dernier discours. Nasrallah a en effet estimé que ce sont les Américains qui se tiennent derrière la guerre israélienne à Gaza et a même menacé de bombarder leurs navires de guerre. Face à cette escalade verbale, les Américains ont décidé de réagir et par le biais de leur émissaire Amos Hochstein ils ont voulu transmettre un message au Hezbollah. De fait, au cours de sa visite-éclair mardi à Beyrouth, qui n’avait pas été annoncée, Amos Hochstein a rencontré Nabih Berry, le président du Conseil Nagib Mikati, le vice-président de la Chambre Élias Bou Saab et l’ancien directeur de la Sûreté générale Abbas Ibrahim. Mais c’est à ce dernier qu’il a réservé son message précis au Hezbollah. En effet, depuis les négociations sur le tracé des frontières maritimes en août 2023, Amos Hochstein considère que le général Ibrahim est la personne idéale pour un échange de messages indirect avec le Hezbollah, en plus de son rôle dans toutes les questions concernant la libération d’otages et les échanges de prisonniers. D’ailleurs, il était en contact avec lui dès les premiers jours de l’opération Déluge d’al-Aqsa.

Au 31e jour de cette opération, l’émissaire américain a donc senti qu’il était temps de s’adresser plus directement au Hezbollah, en laissant entendre que les États-Unis considèrent qu’il est temps d’aller vers l’annonce d’une trêve humanitaire à Gaza et que le délai accordé aux Israéliens pour effacer « le traumatisme du 7 octobre » est en train d’expirer. S’il a pratiquement tenu le même langage à ses interlocuteurs libanais en insistant sur le fait que les États-Unis ne veulent absolument pas d’une extension des combats à la frontière nord d’Israël, il a été, selon différents recoupements, plus explicite avec le général Ibrahim, en précisant que l’annonce d’une trêve humanitaire à Gaza se rapproche de plus en plus et pourrait être déclarée dans le cadre des sommets qui se tiennent à Riyad au cours du week-end. Selon des sources proches du Hezbollah, le message qui est parvenu de Hochstein se résumerait ainsi : cette trêve devenue inévitable devrait constituer le début d’un processus, non une annonce isolée qui serait suivie d’une nouvelle explosion sur le terrain. C’est pourquoi, selon l’émissaire américain, le Liban ne devrait pas être en reste. Il ne lui servirait donc à rien de maintenir le front ouvert alors que Gaza se dirige vers une solution, même à plus ou moins long terme. Toujours selon les mêmes sources, le message reçu par le Hezbollah préciserait qu’il faudrait donc conclure un cessez-le-feu (et pas seulement une trêve tacite), de manière à relancer l’application de la résolution 1701 qui ne s’est jamais réellement complétée depuis son adoption en 2006. Les Américains ne se font certes pas beaucoup d’illusions sur ce dernier point, mais, selon eux, il serait bon de profiter de la trêve à Gaza pour consolider le calme à la frontière sud du Liban.

Toujours selon les sources précitées, l’émissaire américain a déclaré qu’il serait temps d’aller vers une pacification réelle de cette zone à travers des accords sur les points terrestres encore litigieux pour clore ce dossier. Ce serait, selon lui, d’autant plus utile que les Américains cherchent désormais une solution pour la question de Gaza. Ils estimeraient que les choses ont été trop loin et ils ne veulent pas prendre le risque de perdre leurs alliés arabes et régionaux. Ils ont ainsi poussé les Israéliens à renoncer à l’idée de l’occupation de Gaza pour une période déterminée et à ne plus exiger le désarmement du Hamas pour procéder à un échange de prisonniers. Ils préfèrent relancer plutôt une solution sur le long terme qui consisterait à redonner le pouvoir à Gaza à une Autorité palestinienne « relookée » à laquelle on pourrait ajouter des « figures indépendantes ». L’idée serait donc d’inclure au sein de l’Autorité palestinienne de nouvelles figures qui lui redonneraient son prestige perdu. En principe, il n’est pas question de faire participer le Hamas au processus politique, mais là aussi, les choses resteront floues et des personnalités proches du Hamas pourraient petit à petit intégrer le pouvoir après avoir modifié leur position déclarée. Un peu comme cela a été le cas avec le Hezbollah qui petit à petit a rejoint les institutions de l’État libanais, indirectement d’abord, puis de plus en plus directement. Quant aux armes du Hamas, on voit mal comment les Israéliens pourraient les confisquer alors qu’après plus d’un mois de bombardements intensifs, ils n’ont pas réussi à défaire cette organisation ni à détruire ses installations souterraines. Il faudra donc se diriger vers un compromis qui permettrait de sauver la face des Israéliens, sans pour autant éliminer le Hamas. Ce n’est sans doute pas chose facile, vu l’ampleur et l’intensité des pertes humaines et matérielles, mais les Américains espèrent petit à petit convaincre les Israéliens de faire un compromis. Et ce qu’ils veulent du Hezbollah, c’est de ne pas jeter de l’huile sur le feu.

Au moment où l’émissaire américain Amos Hochstein présentait ses condoléances au président de la Chambre Nabih Berry pour la mort des trois fillettes et de leur grand-mère à la suite du bombardement par Israël de la voiture dans laquelle elles se trouvaient, la Finul transmettait un message au Hezbollah de la part des Israéliens, qui disait clairement qu’il s’agissait d’une erreur et qu’Israël ne veut pas d’une extension des combats au Liban-Sud. Le Hezbollah – qui, il y a quelques jours, par la voix de son secrétaire général, avait défini une nouvelle équation qui se résume par « civils contre civils » – se devait donc de riposter, mais les affrontements sont restés limités géographiquement et militairement, puisque le parti chiite était soucieux de ne pas utiliser de nouvelles armes. Les...
commentaires (3)

Vers la fin vous faites allusion à la complexité de la situation. Et ce n'est que trop vrai. Comment le Hamas ferait-il profil bas après avoir été le grand héro du monde arabe? Tout ceci va prendre beaucoup de temps sans compter la possibilité d'un développement inattendu, qui complquerait ou simplifierait la solution.

Massabki Alice

08 h 58, le 11 novembre 2023

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Commentaires (3)

  • Vers la fin vous faites allusion à la complexité de la situation. Et ce n'est que trop vrai. Comment le Hamas ferait-il profil bas après avoir été le grand héro du monde arabe? Tout ceci va prendre beaucoup de temps sans compter la possibilité d'un développement inattendu, qui complquerait ou simplifierait la solution.

    Massabki Alice

    08 h 58, le 11 novembre 2023

  • Amos Hochstein a dû essorer ses glandes lacrymales pour larmoyer en présentant ses condoléances à Berri Et puis qui peut avaler la pilule de « l’erreur » inventée par les israéliens pour justifier leurs crimes atroces?

    Hitti arlette

    13 h 26, le 10 novembre 2023

  • DELIMITATION DES FRONTIERES TERRESTRE AVEC ISRAEL ET LA SYRIE EST LA SEULE SOLUTION POUR LA PAIX, EVEC L,ARMEE NATIONALE SEULE FORCE DE SECURITE SUR TOUT LE SOL NATIONAL.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 33, le 10 novembre 2023

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