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Dernières Infos - Témoignage

Noor Alyacoubi, 25 ans : « J'aurais préféré que ma fille ne naisse pas à Gaza »

Noor Alyacoubi, 25 ans : « J'aurais préféré que ma fille ne naisse pas à Gaza »

Des habitants de Gaza dans les ruines d'un quartier de Rafah, après un bombardement de l'armée israélienne. Mohammad ABED/AFP

Noor Alyacoubi, 25 ans, traductrice et coordinatrice médias dans un centre de recherche, vit dans la bande de Gaza, bombardée et assiégée par l’armée israélienne depuis les premiers jours de la guerre opposant le Hamas à l’État hébreu le 7 octobre. Elle a accepté de raconter à L’Orient-Le Jour les conditions infernales dans lesquelles elle vit avec sa fille depuis un mois, et qui se dégradent de jour en jour : 

« Aujourd'hui, j'ai réalisé que Lya a eu sa première dent. J'étais enthousiaste de voir ce moment pour pouvoir enfin lui donner à manger des fruits et des légumes. Malheureusement, les fruits sont rares dans tout le pays en raison des attaques contre les fermes, et les légumes sont très limités. Au marché on ne trouve plus que des légumes de base comme les concombres, les tomates, les pommes de terre et les oignons.

Elle a également commencé à ramper, à s'arrêter devant les choses, à jouer, à rire et à comprendre qui est sa mère et qui est son père. Nous l’entourons de jouets pour qu'elle puisse se distraire pendant de longues heures.

Tous ces progrès se sont produits ce mois-ci. Elle a beaucoup grandi, et comme c’est mon premier bébé, j'étais très excitée de profiter de chaque étape de son développement. Mais quand je la regarde, mon cœur se serre car elle vit à Gaza, au point où je me dis que j'aurais préféré ne pas l'avoir fait naître dans ce monde injuste, et je regrette de l'avoir laissée dans un tel endroit. Pourquoi faire des enfants au milieu des guerres et vivre sous les bombardements ?

Au début des combats, je pensais qu'elle ne comprenait pas ce qui se passait, qu'elle n'avait pas peur. Mais aujourd'hui, il me semble qu'elle comprend ce que signifie la peur et l'insécurité. Je la vois sursauter à chaque explosion, comment son petit corps se crispe et comment elle éclate en sanglots même si la fenêtre claque à cause du vent ! Et tout cela à seulement 7 mois et demi. Comment les enfants plus âgés se sentent-ils ? Comment font-ils face à ces bombardements et à cette peur ? Et que dire des adultes ? ».

Noor Alyacoubi, 25 ans, traductrice et coordinatrice médias dans un centre de recherche, vit dans la bande de Gaza, bombardée et assiégée par l’armée israélienne depuis les premiers jours de la guerre opposant le Hamas à l’État hébreu le 7 octobre. Elle a accepté de raconter à L’Orient-Le Jour les conditions infernales dans lesquelles elle vit avec sa fille depuis un mois, et qui se dégradent de jour en jour : « Aujourd'hui, j'ai réalisé que Lya a eu sa première dent. J'étais enthousiaste de voir ce moment pour pouvoir enfin lui donner à manger des fruits et des légumes. Malheureusement, les fruits sont rares dans tout le pays en raison des attaques contre les fermes, et les légumes sont très limités. Au marché on ne trouve plus que des légumes de base comme les concombres, les tomates, les pommes de...