Des tanks israéliens lors d'un excercice non loin de la frontière avec le Liban. Jalaa MAREY/AFP
1 – De nouveaux incidents ont eu lieu à la frontière entre le Liban-Sud et Israël, à la fin de cette 20e journée de la guerre opposant le Hamas à Israël, même si la situation s’était relativement apaisée en fin de journée. Côté libanais, la périphérie de la localité de Blida (Marjeyoun) a été ciblée par des tirs d’artillerie ; celle de Alma al-Chaab (Tyr) a appelé la Force intérimaire des Nations unies au Liban à l’aide pour éteindre un important incendie ; et l'armée israélienne a tiré au moins une munition au phosphore aux abords de la localité de Aïta el-Chaab (Bint Jbeil). En revanche, le Hezbollah n’avait toujours pas lancé d’opération de la journée, ce qui ne s’est que très peu produit depuis le 7 octobre. La Croix-Rouge libanaise a enfin transféré deux corps de victimes « visées par des bombardements israéliens » ainsi que six blessés au Liban-Sud, dans la nuit de mercredi à jeudi.
2 – Au niveau de la scène politique libanaise, le président du Parlement libanais, Nabih Berry, a dénoncé « l'utilisation par Israël d'armes et de munitions internationalement interdites dans ses attaques ». Le ministre libanais sortant des Affaires étrangères, Abdallah Bou Habib, a, pour sa part, déclaré que l’État hébreu devait cesser de « vouloir ramener (le Liban) à l'âge de pierre », lors d'un entretien avec neuf ambassadeurs de pays européens. Plus vindicatif, le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, a assuré qu’Israël dissimulait « de nombreuses pertes ». Enfin, le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, allié chrétien du Hezbollah, a une nouvelle fois insisté sur la nécessité d’éviter d’entraîner le pays dans la guerre. Côté israélien, le ministre de la Défense, Yoav Gallant a indiqué que son pays n'avait aucun intérêt à faire la guerre à un autre ennemi que le Hamas.
3 – De l’autre côté de la frontière, le bilan humain a atteint un nouveau cap, avec plus de 7.000 personnes tuées dans la bande Gaza côté palestinien, dont 2.913 enfants ; et toujours plus de 1.400 en Israël, essentiellement au début de la guerre. Le ministère de la santé de Gaza a annoncé dans la soirée avoir publié un document de 212 pages contenant, selon lui, les noms et les numéros d'identification de plus de 7.000 Palestiniens tués lors des bombardements israéliens sur l'enclave.
Les bombardements aériens israéliens se poursuivent sans relâche sur le territoire palestinien, et des salves de roquettes ont été tirées par les combattants palestiniens à Gaza en direction de Tel-Aviv et d'autres villes du centre d'Israël. Jeudi, à l’aube, l'armée israélienne a « mené un raid ciblé avec des chars dans le nord de la bande de Gaza, dans le cadre de ses préparatifs pour les prochaines étapes du combat », selon un communiqué militaire. Dans la soirée, les services de renseignement israéliens et l’armée ont affirmé avoir tué au moins trois commandants du Hamas
D'après les autorités israéliennes, 224 otages ont été emmenés par le Hamas à Gaza le 7 octobre. Quatre femmes ont été relâchées à ce jour. Le Hamas estime pour sa part que « près de 50 » otages israéliens ont été tués par des frappes israéliennes depuis le début de la guerre.
4 – Asphyxiée par un blocus total imposé par Israël depuis les premiers jours de la guerre, la bande de Gaza s’effondre. D'après Mohammed Abou Selmeya, directeur de l'hôpital al-Chifa à Gaza, le plus grand du territoire, « dix hôpitaux sont déjà hors service » et « plus de 90% des médicaments et des produits sont épuisés ». Dans la soirée, l'UNRWA a annoncé sur son compte X que ses stocks actuels de carburant à Gaza étaient presque entièrement épuisés, ce qui l’oblige à interrompre les services vitaux ».
Depuis le 15 octobre, l'armée israélienne appelle la population du nord de la bande de Gaza, où les bombardements sont les plus intenses, à évacuer vers le sud. Mais les frappes continuent de toucher aussi le sud, où sont massés des centaines de milliers de civils. Dans la soirée, l'UNRWA a annoncé que ses stocks actuels de carburant à Gaza étaient presque entièrement épuisés. Jeudi, une jeune fille de 13 ans a été sortie des décombres d'un immeuble de Khan Younès, une ville du sud de la bande de Gaza, après 35 heures sous les décombres, et transportée à l'hôpital.
5 – Sur la scène diplomatique, les Émirats arabes unis, la Jordanie, le Bahreïn, l'Arabie saoudite, Oman, le Qatar, le Koweït, l'Égypte et le Maroc se sont alliés pour condamner ce jeudi le ciblage de civils et les « violations flagrantes du droit international » à Gaza. Les dirigeants européens, qui doivent débattre jeudi d'un appel à une « pause humanitaire » dans la guerre lors d'un sommet à Bruxelles pour acheminer de l'aide dans la bande de Gaza peinaient, de leur côté, à trouver une expression commune. Lors de la session extraordinaire d'urgence de l'Assemblée générale des Nations Unies consacrée à la guerre entre le Hamas et Israël, le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, a assuré que les dirigeants du Hamas étaient disposés à relâcher les otages pris depuis le début de la guerre à « Téhéran ».




"… Israël n'a aucun intérêt à faire la guerre au Liban …" - Psst! Au hezbollah, pas au Liban. Le Liban ne veut pas la guerre…
23 h 37, le 26 octobre 2023