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Politique - Présidentielle

Le « oui, mais » des protagonistes libanais à Le Drian

Tous les acteurs locaux s’accordent avec l’émissaire français sur la nécessité d’aller vers la troisième voie. Mais l’heure des concessions à même de faciliter la démarche n’a pas encore sonné.

Le « oui, mais » des protagonistes libanais à Le Drian

L’émissaire français pour le Liban arrivant à Aïn el-Tiné pour un entretien avec le président de la Chambre, Nabih Berry, le 15 septembre 2023. Photo Mohammad Yassine

Jean-Yves Le Drian a donné le « la ». Dans son interview accordée mardi dernier à L’Orient-Le Jour, l’émissaire spécial de l’Élysée pour le Liban a tracé les contours de la prochaine phase : après le duel Sleiman Frangié-Jihad Azour, c’est l’heure de passer aux choses sérieuses, c’est-à-dire à la troisième voie. Qui sera donc ce « troisième candidat » ? À ce stade, la question demeure sans réponse. Car les protagonistes locaux se montrent conscients qu’au Liban, toute solution passe inévitablement par une entente élargie. Sauf que pour le moment, l’heure des concessions n’a pas encore sonné et personne n’est prêt à lâcher du lest pour faciliter l’élection. D’une part, le camp de l’opposition rejette tout dialogue avec le Hezbollah et refuse de lâcher Jihad Azour avant de voir son adversaire, le chef des Marada, se retirer de la scène. D’autre part, le Hezbollah et le président de la Chambre, Nabih Berry, campent sur leur position, sans pour autant fermer la porte à un compromis qui résulterait d’un dialogue. 


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L’émissaire français est sorti de son silence au moment où le chef du législatif faisait un rare aveu d’impuissance face au veto chrétien à son initiative proposée le 31 août dernier (prévoyant un dialogue d’une semaine suivi d’une séance électorale avec des tours de vote successifs). « J’ai fait ma part, j’ai proposé une initiative de dialogue qu’ils ont refusée, et je n’ai plus rien », avait-il déclaré mardi au quotidien al-Joumhouriya. Quelques heures après l’interview de M. Le Drian, Nabih Berry a cru avoir le vent en poupe. Il a donc remis son initiative sur le tapis, tout en réitérant l’attachement de son camp à la candidature de M. Frangié

Le maître du perchoir est toutefois  conscient que le dialogue n’aura pas lieu sans l’opposition et, surtout, les chrétiens. Il se montre donc prêt à tenir un dialogue pour deux jours seulement. « Ces deux jours font partie de la semaine dont il avait parlé le 31 août », explique à L’OLJ un proche de Aïn el-Tiné. M. Berry ne veut donc pas baisser les bras. « L’émissaire de l’Élysée tient aujourd’hui le même discours que le nôtre », affirme le proche de M. Berry. « S’ils se disent prêts à prendre part au dialogue, Nabih Berry pourrait bien le convoquer », ajoute-t-il. Des propos qui s’adressent à l’aile chrétienne de l’opposition et au Courant patriotique libre à qui M. Berry impute l’échec de sa démarche.

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La relance de la proposition de M. Berry veut-elle dire que le tandem chiite est désormais disposé à passer à un plan B ? Dans les milieux du président de la Chambre, on se contente de garder la porte ouverte au candidat de consensus… par le dialogue. « C’est lors du dialogue qu’ils pourraient nous convaincre d’un candidat », affirme le proche de M. Berry. Il s’empresse de signaler que son camp « a le droit de prendre part au dialogue tout en s’accrochant à l’option Frangié ». Même son de cloche du côté du Hezbollah, loin de faire un pas en arrière afin de débloquer le processus. « Notre candidat est Sleiman Frangié. Que tout le monde aille au dialogue et on avisera », commente Mohammad el-Khansa, responsable des relations avec les partis et instances chrétiens au sein du Hezbollah. Le tandem chiite veut donc s’affirmer comme le passage obligé de tout consensus dans la perspective de la présidentielle, mais n’est pas près de faire des sacrifices gratuits, du moins pas à ce stade.

L’opposition : Lâchez Frangié d’abord

De l’autre côté de la barrière, l’opposition ne bouge pas d’un iota : il faut aller à la troisième voie, mais pas au moyen d’un dialogue tel que voulu par Nabih Berry. Surtout : pas de troisième voie avant que Sleiman Frangié ne soit hors-jeu. «Nous sommes allés vers la troisième voie bien avant l’appel de M. Le Drian. Face à la candidature de M. Frangié, nous avons proposé celle de Michel Moawad (député de Zghorta) avant de passer à Jihad Azour », rappelle le porte-parole des Forces libanaises, Charles Jabbour. « Et si nous sommes ouverts aux discussions (bilatérales), nous n’allons pas examiner de nom autre que M. Azour avant que le camp adverse ne lâche M. Frangié », affirme-t-il, sans se lancer dans des spéculations autour du troisième candidat. De même, dans les milieux des Kataëb, on exclut tout changement de position dans un avenir proche. Pour cette formation, la position de principe de l’opposition a conduit les Français à revoir leurs calculs et tourner la page Frangié une fois pour toutes. Toute reculade de la part de l’opposition pousserait au contraire le chef du CPL, Gebran Bassil, à conclure un marché avec le Hezbollah, de manière à mener Sleiman Frangié à Baabda, estiment les Kataëb.

Le leader du courant aouniste est toujours en position de force. L’opposition et le Hezbollah ont, tous les deux, besoin de lui pour remporter la bataille de la présidentielle. Idem pour le « troisième candidat », c’est à travers Gebran Bassil qu’il sera élu. Dans ce subtil jeu d’équilibriste, le leader du CPL se permet de poser ses conditions et constantes. D’abord, le « non » au commandant de l’armée Joseph Aoun, pourtant perçu comme une figure consensuelle, et qui serait au centre des efforts qataris pour un déblocage de l’échéance. Ensuite, le CPL est pour un troisième candidat, mais pas n’importe lequel. « Ce présidentiable devrait être doté d’une vision pour sortir le pays de l’effondrement économique et sur la question des réfugiés syriens et le danger existentiel qu’ils représentent sur le Liban », souligne Antoine Constantine, conseiller politique de Gebran Bassil. Pour atteindre ce but, le chef du CPL est conscient que le dialogue est un passage obligé. Mais là aussi, M. Bassil ne donnera pas son feu vert à n’importe quelle démarche. « Nous étions les premiers à plaider pour un dialogue autour d’une figure qui pourrait faire l’objet d’une entente. Et nous sommes engagés dans cette démarche avec le Hezbollah. Mais un dialogue élargi devrait se tenir entre les chefs de file, et être axé sur les caractéristiques et le programme du futur président », affirme M. Constantine, rejetant les accusations de Nabih Berry.

La troisième voie se dessine donc lentement. Pendant ce temps, le candidat du Hezbollah, Sleiman Frangié, observe la scène de loin et brille par son silence. Jusqu’à quand ?  

Jean-Yves Le Drian a donné le « la ». Dans son interview accordée mardi dernier à L’Orient-Le Jour, l’émissaire spécial de l’Élysée pour le Liban a tracé les contours de la prochaine phase : après le duel Sleiman Frangié-Jihad Azour, c’est l’heure de passer aux choses sérieuses, c’est-à-dire à la troisième voie. Qui sera donc ce « troisième candidat » ? À ce...
commentaires (2)

- OUI, MAIS... CA NE SERT QUE DU PERCHE, - LE PIEGE POUR ATTRAPE-NIGAUDS. - IL VOUS VEUT, L,IMBERBE ENTURBANNE, - PRIS DANS LES LAMES DE SES CISEAUX.

JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

13 h 09, le 29 septembre 2023

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Commentaires (2)

  • - OUI, MAIS... CA NE SERT QUE DU PERCHE, - LE PIEGE POUR ATTRAPE-NIGAUDS. - IL VOUS VEUT, L,IMBERBE ENTURBANNE, - PRIS DANS LES LAMES DE SES CISEAUX.

    JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

    13 h 09, le 29 septembre 2023

  • Le OUI est factice et le MAIS volontaire en signe de position de force à tous les pays intervenants qui continuent de croire que ces vendus veulent le salut de notre pays. Ils les roulent dans farine et ils le savent très bien mais continuent de nous faire croire qu’ils ont une carte à jouer alors qu’ils ont roulé le tapis rouge à ces mercenaires au lieu de faire acte de fermeté en leur faisant entendre le cliquetis des menottes et le claquement des portes de prison derrière lesquelles ils devraient finir. Ils tirent leur force de leur faiblesse simulée. Personne n’arriverait à me convaincre que tous ces pays peinent à arriver à leur faire entendre raison alors qu’ils ont toutes les armes pour les anéantir en un claquement de doigts. Encore faut il vouloir le faire.

    Sissi zayyat

    12 h 07, le 29 septembre 2023

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