Rechercher
Rechercher

Sport - Sprint

Doublé historique pour Noah Lyles

Une semaine après avoir été sacré sur 100 m, l’Américain a également conservé son titre sur 200 m, devenant ainsi le premier sprinteur depuis Usain Bolt à réaliser une telle performance.

Noah Lyles célébrant son nouveau titre mondial sur 200 m en arborant le drapeau américain, dimanche lors des Mondiaux d’athlétisme de Budapest. Andrej Isakovic/AFP

Noah Lyles entre dans l’histoire. Une semaine après son sacre sur 100 mètres, l’Américain a réitéré ce dimanche sur 200 mètres. Un doublé historique qui n’avait plus été réalisé depuis en 2015 par Usain Bolt, qui semble enfin avoir trouvé son successeur.

L’Américain de 26 ans, qui s’exprime de plus en plus ouvertement, est loin d’être un nouveau venu sur le circuit : il en est à sa huitième année en tant que professionnel, ayant signé avec Adidas l’année précédant le départ à la retraite de Bolt. Mais après avoir remporté un mémorable doublé 100 m/200 m et après avoir mené l’équipe américaine à la gloire dans le relais 4 x 100 m aux championnats du monde d’athlétisme à Budapest, Lyles semble prêt à ramener l’athlétisme dans la conscience du grand public.

« Je voulais montrer que j’étais différent. Je l’ai fait et je l’ai montré. Je suis double champion, a déclaré Lyles. Usain Bolt l’a fait et il m’a dit qu’il voyait ce que je faisais et qu’il le respectait, c’est incroyable. »

Il est devenu le cinquième coureur à réaliser un doublé mondial en sprint : « Je suis prêt à transcender le sport. Je suis le gars qui veut aller au-delà de la célébrité de la piste. Je veux que les gens me voient sur la piste, mais aussi dans GQ et dans ma série documentaire, et qu’ils réalisent que je suis aussi un type cool. Les médailles sont la première étape, car les gens font alors attention à vous. Ensuite, on peut s’engager dans différentes directions : la mode, la musique. Vous pouvez commencer à collaborer avec d’autres personnes, avec des artistes et avec le monde entier. »


La France sauve l’honneur

Alors que Noah Lyles a brillé lors de ces mondiaux, l’équipe de France a totalement chuté, en ne repartant qu’avec une seule et unique médaille d’argent. Il s’en est fallu de très peu pour que les Bleus connaissent le pire résultat de leur histoire aux championnats du monde (zéro médaille en 1983 et 1993). Ludvy Vaillant, Gilles Biron, David Sombé et Téo Andant ont arraché sur le fil la deuxième place sur le relais 4 x 400 mètres, record de France à la clé (2 min 58 sec 45).

Les relayeurs tricolores, qui rêvent d’or olympique l’été prochain, ont dédié leur breloque au reste de la délégation : « Cette médaille, elle est pour toute l’équipe de France, on la mérite tous. » Pas de quoi faire oublier pour autant que le bilan bleu-blanc-rouge est embarrassant, à onze mois de la grand-messe du sport à domicile. Au-delà des podiums, les Bleus compilent un nombre réduit de places de finalistes (top 8). Huit, quand leur plus bas total historique est de six (en 1983 et 2019).

« Le bilan n’est pas bon », convient auprès de l’AFP le directeur de la haute performance à la Fédération française d’athlétisme (FFA) Romain Barras, qui, à défaut de briller, avait exhorté ses troupes à relever la tête, à grand renfort de métaphores allant de la cape du super-héros aux loups chassant dans la forêt.

« Ma plus grande déception, c’est l’incapacité qu’ont eue la majorité des athlètes à se transcender le jour J, en battant leur record personnel, leur meilleur score de la saison ou en terminant à une meilleure place » que leur classement mondial, regrette-t-il. C’est l’autre vertige de cette sélection française pourtant élargie : sur 56 athlètes engagés en individuel, seuls dix ont réussi leur meilleure performance de la saison, dont six ont amélioré leur record personnel.

« Ce qui fait mal, c’est le manque de capacité d’accéder aux finales, retient le médaillé olympique et mondial du 200 m Christophe Lemaitre au micro d’Eurosport. On a toujours envie d’être optimiste, mais à un an (des JO), c’est difficile de tout changer, de trouver des solutions pour aider les athlètes à passer ce cap. »

Au milieu de ce bilan désastreux, quelques rares lueurs d’espoir, avec Sasha Zhoya sur 110 m haies, Thibaut Collet à la perche, Alice Finot sur 3 000 m steeple, avec un nouveau record de France, et une partie des relais. Mais la situation est suffisamment alarmante pour que la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra ait sommé les dirigeants de la FFA de venir s’expliquer fissa : le trio André Giraud, président, Patrick Ranvier, directeur technique national, et Barras est attendu au ministère dès mardi. Finalement, la tendance ne fait que s’ancrer pour l’athlétisme français, qui tangue sérieusement depuis 2019.

« À un moment donné, je ne peux pas assumer les attentes de tout le monde. Je ne peux pas assumer d’être le seul à faire des médailles pour l’équipe de France », s’est désolé Mayer, fer de lance des Bleus, après son abandon à Budapest.


Financement en suspens

Ce qui se profile pour l’athlétisme français, avec ces résultats historiquement pauvres, ce sont aussi des conséquences financières, en particulier du côté du grand argentier du haut niveau, l’Agence nationale du sport (ANS) – qui lui a déjà remonté les bretelles ces dernières années.

« À un an des Jeux, forcément, les entonnoirs se resserrent, constate Barras. L’état des résultats aujourd’hui va forcément avoir une répercussion » sur le nombre d’athlètes aidés par l’ANS, qui ne croit plus au « fantasme de six ou huit médailles ».

La FFA peut néanmoins compter sur ses canaux de financement propres, précise Barras, qui ne veut pas « abandonner » les athlètes. L’ANS « a une énorme machine à gérer, les JO, et se concentre sur les médailles, nous, fédérations, on doit avoir une vision plus élargie, estime-t-il. Comment redresser la barre, si ce n’est pour les JO 2024, au moins pour l’après ? » interroge-t-il.

« Aller plus loin dans l’accompagnement », en termes « d’optimisation de la performance ou de suivi médical » par exemple, « réfléchir à la concurrence au quotidien, l’émulation, évoque Barras. Des actions ont été mises en place en septembre 2022, voire janvier 2023, et ça prend du temps ». Mais « ça fera boule de neige », veut-il croire. En attendant, il reste à croiser les doigts pour que « la magie du Stade de France et la magie des Jeux à la maison opèrent ».

Noah Lyles entre dans l’histoire. Une semaine après son sacre sur 100 mètres, l’Américain a réitéré ce dimanche sur 200 mètres. Un doublé historique qui n’avait plus été réalisé depuis en 2015 par Usain Bolt, qui semble enfin avoir trouvé son successeur. L’Américain de 26 ans, qui s’exprime de plus en plus ouvertement, est loin d’être un nouveau venu sur le circuit : il en est à sa huitième année en tant que professionnel, ayant signé avec Adidas l’année précédant le départ à la retraite de Bolt. Mais après avoir remporté un mémorable doublé 100 m/200 m et après avoir mené l’équipe américaine à la gloire dans le relais 4 x 100 m aux championnats du monde d’athlétisme à Budapest, Lyles semble prêt à ramener l’athlétisme dans la conscience du grand public.« Je voulais montrer que...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut