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Politique - Décryptage

Entre le blocage interne et les priorités externes, la présidentielle reste en suspens

Ceux qui avaient cru que les ententes qui se suivent dans la région, d’une part entre l’Arabie saoudite et l’Iran et d’autre part à travers le retour de la Syrie au sein de la Ligue arabe, allaient accélérer l’élection d’un président au Liban ont dû rapidement déchanter.


Ni ces changements spectaculaires ni même la récente visite de Jean-Yves Le Drian à Beyrouth en tant qu’envoyé spécial du président français n’ont donné un coup de pouce à cette échéance. Au contraire. Après le départ du diplomate français, la plupart des milieux politiques libanais estiment qu’il n’y aura pas d’élection avant quelques mois. La date butoir qui avait été avancée, avant la fin du mois de juillet – sous prétexte que la fin du mandat du gouverneur de la banque centrale Riad Salamé le 31 juillet constitue un poids trop lourd pour être assumé par un gouvernement démissionnaire – a sauté comme tant d’autres avant elle, depuis la fin du mandat de Michel Aoun, le 31 octobre 2022.


Pourquoi l’élection d’un président ayant somme toute moins de prérogatives qu’auparavant depuis l’accord de Taëf (1989), dans un petit pays comme le Liban, est-elle si problématique ? La réponse n’est pas évidente, car au fil des années et des crises, le local se mêle constamment au régional et à l’international et les solutions deviennent ainsi plus complexes. C’est l’expérience faite par M. Le Drian après ses trois jours de rencontres intensives avec la plupart des protagonistes libanais, mercredi, jeudi et vendredi derniers. Pourtant, l’envoyé spécial du président français avait tenu à se montrer très neutre dans ses questions pour mettre ses interlocuteurs en confiance et essayer de comprendre où se situe véritablement le problème. Il a ainsi demandé à tous ses interlocuteurs pourquoi ils ont choisi tel ou tel autre candidat, ou même un slogan, et quelle est leur vision des caractéristiques requises pour le nouveau président, afin de dégager des points communs et de dresser le portrait du candidat qui serait accepté par tous, ou au moins par le plus grand nombre de députés.


Mais le résultat n’a pas été à la hauteur de son objectif. Dans le camp dit de la moumanaa et de ses alliés, il y avait un choix clair en faveur du candidat Sleiman Frangié, selon des caractéristiques qui, selon ce camp, ne correspondent qu’à lui : un homme de confiance, qui « ne poignarde pas dans le dos » et « ne change pas d’opinion selon les conseils de telle ou telle ambassade », etc. Par contre, dans le camp adverse, il n’y avait pas un attachement clair à la candidature de Jihad Azour, et la seule constante qui est revenue dans toutes les déclarations est le refus de tout candidat imposé par le Hezbollah et ses alliés. Certains ont justifié cette position par les exigences d’un « partenariat équitable », d’autres ont parlé du refus de l’influence iranienne sur le pays ainsi que de la domination du Hezbollah et de ses armes. On aurait pu croire, dans ce contexte, qu’il était possible de dégager des caractéristiques communes, mais là aussi, l’entreprise s’est avérée très difficile. Car pour certains, le rejet de Frangié n’a rien à voir avec ses positions stratégiques, mais plutôt avec son attitude qualifiée de manquant de fermeté dans les dossiers de lutte contre la corruption. Alors que pour d’autres, ce sont justement ses positions stratégiques qui posent problème.


En conclusion de ce premier sondage, il est apparu à l’envoyé spécial du président français que les positions sont inconciliables, non pas seulement entre les deux camps en principe opposés, mais aussi au sein du camp hostile à la moumanaa.


En attendant de pouvoir convaincre une des parties, sinon toutes, de changer d’avis ou en tout cas de faire un pas vers l’autre, il ne restait plus à la France d’autre possibilité que celle de se tourner vers ses partenaires au sein du groupe des 5 (France, États-Unis, Égypte, Arabie saoudite et Qatar). C’est d’ailleurs ce que compte faire M. Le Drian avant de revenir à Beyrouth le mois prochain.


Toutefois, même cette démarche ne s’annonce pas aisée. En effet, un rapide survol des développements régionaux et internationaux montre certes une accélération des contacts en vue d’apaiser les conflits en suspens au Moyen-Orient. Cela va des négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran au sultanat d’Oman jusqu’à l’évolution rapide des relations entre Téhéran et Riyad, au point que les pèlerins iraniens se sont rendus en grand nombre cette année à La Mecque pour la fête de l’Adha. Même entre la Syrie et ses partenaires arabes, les relations évoluent rapidement, dans le sens d’une plus grande coopération économique et diplomatique. Mais ce climat nettement positif reste pour l’instant sans impact direct sur l’intérieur libanais. Selon des sources diplomatiques occidentales, les conflits se sont tellement approfondis au cours des dernières années entre les différents protagonistes que la priorité est aujourd’hui de les régler ou de les geler, non de se pencher sur le dossier libanais. De plus, toujours selon ces mêmes sources, aucune partie régionale ou autre n’a de vision claire sur le rôle futur du Liban. Faut-il amender le système, revenir à une sorte d’influence externe, procéder à un rééquilibrage entre les différentes communautés, ramener les déplacés syriens chez eux, penser à des perspectives de solution dans le conflit arabo-israélien et, dans ce cas, quel sort réserver aux réfugiés palestiniens au Liban ? Autant de questions qui sont pour le moment mises de côté sous prétexte qu’elles ne sont pas urgentes. Mais dans ce cas, faut-il pousser rapidement vers l’élection d’un nouveau président ou au contraire attendre que le rôle de ce pays pour les années à venir soit devenu plus clair ? Les sources diplomatiques précitées concluent cet exposé en disant : si les Libanais ne sont eux-mêmes pas pressés, pourquoi l’étranger le serait-il ?

Ceux qui avaient cru que les ententes qui se suivent dans la région, d’une part entre l’Arabie saoudite et l’Iran et d’autre part à travers le retour de la Syrie au sein de la Ligue arabe, allaient accélérer l’élection d’un président au Liban ont dû rapidement déchanter. Ni ces changements spectaculaires ni même la récente visite de Jean-Yves Le Drian à Beyrouth en tant qu’envoyé spécial du président français n’ont donné un coup de pouce à cette échéance. Au contraire. Après le départ du diplomate français, la plupart des milieux politiques libanais estiment qu’il n’y aura pas d’élection avant quelques mois. La date butoir qui avait été avancée, avant la fin du mois de juillet – sous prétexte que la fin du mandat du gouverneur de la banque centrale Riad Salamé le 31 juillet constitue un...
commentaires (2)

i les Libanais ne sont eux-mêmes pas pressés, pourquoi l’étranger le serait-il ? NON MADAME LES LIBANAIS SONT TOUS PRESSES MAIS HEZBOLLAH NE VEUT PAS D'ELECTION SAUF SI C'EST FRANGIE QUI EST ELU LA PREUVE LEUR DEPART APRES LE VOTE DE FRANGIE 51 ET AZOUR 60 ( tout le monde a vu clairement que quand le nom Azour a ete nomme , son chiffre n'a pas ete augmente ) et le refus de BERRY DE RECOMPTER EST CLAIR CESSEZ DONC DE TOUJOURS METTRE LA FAUTE A TOUS IL Y A UN BLOQUEUR D'ELECTION D'UN PRESIDENT AU LIBAN ET C'EST HEZBOLLAH . ETRE PRO HEZBOLLAH C'EST AVOIR LE DROIT A UN EOPINION MAIS DIRE QUE TOUS LE LIBANAIS NE VEULENT PAS DE PRESIDENT EST UN MENSONGE INDIGNE D'UNE PERSONNE QUI ECRIT REGULIEREMENT DANS L'ORIENT

LA VERITE

14 h 59, le 28 juin 2023

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Commentaires (2)

  • i les Libanais ne sont eux-mêmes pas pressés, pourquoi l’étranger le serait-il ? NON MADAME LES LIBANAIS SONT TOUS PRESSES MAIS HEZBOLLAH NE VEUT PAS D'ELECTION SAUF SI C'EST FRANGIE QUI EST ELU LA PREUVE LEUR DEPART APRES LE VOTE DE FRANGIE 51 ET AZOUR 60 ( tout le monde a vu clairement que quand le nom Azour a ete nomme , son chiffre n'a pas ete augmente ) et le refus de BERRY DE RECOMPTER EST CLAIR CESSEZ DONC DE TOUJOURS METTRE LA FAUTE A TOUS IL Y A UN BLOQUEUR D'ELECTION D'UN PRESIDENT AU LIBAN ET C'EST HEZBOLLAH . ETRE PRO HEZBOLLAH C'EST AVOIR LE DROIT A UN EOPINION MAIS DIRE QUE TOUS LE LIBANAIS NE VEULENT PAS DE PRESIDENT EST UN MENSONGE INDIGNE D'UNE PERSONNE QUI ECRIT REGULIEREMENT DANS L'ORIENT

    LA VERITE

    14 h 59, le 28 juin 2023

  • Que peut faire Le Drian avec cette bande de mafieux

    Eleni Caridopoulou

    00 h 33, le 27 juin 2023

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