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Nos Lecteurs ont la Parole

En éducation, il vaut mieux encourager que réprimander

Un professeur de dessin ne cessait d’accabler ses élèves de reproches parce qu’ils n’exécutaient pas chez eux le travail demandé. Las de ces réprimandes, l’un d’eux eut un jour l’idée de lui suggérer gentiment de féliciter ceux qui remplissaient leur tâche au lieu d’être toujours sur le dos des autres. Le professeur enfin agit dans ce sens. Trois semaines plus tard, le nombre de cancres avait non seulement diminué de moitié, mais l’ensemble de la classe était beaucoup plus épanoui.

Essayons d’appliquer cet enseignement, dans notre vie quotidienne, par exemple, en cessant de gronder les enfants, ce qui, d’ailleurs, ne sert à rien, et alors opter de changer de tactique : chaque fois qu’un de leurs comportements est appréciable, les féliciter. Ainsi, ils deviennent non seulement beaucoup plus serviables, mais le calme revient à la maison.

Mais il faut essayer de synchroniser les réactions pour ne pas les dérouter. Des fois, les « je ne peux pas » pleurnichards indiquent que l’on a trop félicité l’enfant alors qu’il ne réussissait pas à atteindre son objectif.

D’autre part, la synchronisation est importante pour le renforcement négatif. Si des parents ou un professeur n’arrêtaient pas leurs réprimandes au moment où l’enfant atteint le résultat désiré, il n’y a ni renforcement ni information. Pour la théorie de la communication, ce n’est que du « bruit ».

Se remercier soi-même ? Encore une méthode qui donne ses fruits. Le renforcement continu n’est nécessaire que pendant les phases d’apprentissage. Une fois le comportement acquis, on n’utilise ce stimulus que de temps à autre.

C’est ce que les psychologues appellent un « programme de renforcement à proportion variable ». De fait un renforcement sporadique et imprévisible est de loin plus efficace que des encouragements constants et prévisibles. Si nous donnons du poisson à un dauphin chaque fois qu’il saute, il ne se donnera bientôt plus aucun mal ;

et si nous décidons alors de ne plus lui donner sa récompense, il ne bondira plus du tout. À l’inverse, si nous encourageons ses bonds au hasard, son comportement sera beaucoup plus soutenu. Ce qui lui permettra, à son tour, de « renforcer » de façon sélective ses sauts les plus vigoureux, et donc d’améliorer ses performances.

Pourtant, cette excellente méthode est rarement utilisée parce que l’on n’y pense pas, ou que l’on exige trop de soi. Résultat : on travaille souvent des jours et des jours, enchaînant une tâche après l’autre, sans songer à se remercier soi-même. Nous sommes convaincus qu’une telle privation de renforcement est un facteur d’énervement et de fatigue.

Chacun peut, et doit, se stimuler sainement et manifester son autosatisfaction d’une manière ou d’une autre — en s’accordant une heure de liberté, en se promenant ou en bavardant avec des amis. Un pédagogue libanais, Béchir Cordahi, a exprimé cette idée avec humour : « Un artiste a besoin de compliments. Quand il n’en a pas reçu depuis longtemps, il se les fait tout seul ; et c’est aussi bien, parce que là, au moins, il sait qu’ils sont sincères. »


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.


Un professeur de dessin ne cessait d’accabler ses élèves de reproches parce qu’ils n’exécutaient pas chez eux le travail demandé. Las de ces réprimandes, l’un d’eux eut un jour l’idée de lui suggérer gentiment de féliciter ceux qui remplissaient leur tâche au lieu d’être toujours sur le dos des autres. Le professeur enfin agit dans ce sens. Trois semaines plus tard, le...

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